Un sénateur veut sanctionner la diffusion de l’image des forces de l’ordre de 15 000 euros d’amende
Dans le cadre de l’examen de la proposition de loi visant à lutter contre les contenus haineux sur internet, déjà adoptée à l’Assemblée nationale, le sénateur Jean-Pierre Grand souhaite punir d’une amende de 15 000 euros la diffusion de l’image des forces de l’ordre.

Un sénateur veut sanctionner la diffusion de l’image des forces de l’ordre de 15 000 euros d’amende

Dans le cadre de l’examen de la proposition de loi visant à lutter contre les contenus haineux sur internet, déjà adoptée à l’Assemblée nationale, le sénateur Jean-Pierre Grand souhaite punir d’une amende de 15 000 euros la diffusion de l’image des forces de l’ordre.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que la proposition de loi visant à lutter contre les contenus haineux sur internet arrive au Sénat, un amendement déposé en Commission des lois le 3 décembre fait polémique. L’auteur de cet amendement, le sénateur Jean-Pierre Grand, entend interdire la diffusion de l’image des forces de l’ordre sous peine d’une amende de 15 000 euros. (Précision : après de 50 ans chez Les Républicains, le sénateur a claqué la porte du parti en octobre dernier, dénonçant la droitisation des LR.)

Pour le sénateur de droite, sanctionner la diffusion de ces images se justifie au nom de la protection des forces de l'ordre. « À l'occasion de mouvements sociaux comme celui des gilets jaunes, les forces de l'ordre ont été régulièrement filmées par des manifestants (…) Ainsi de nombreuses images de policiers ont été diffusées sur les réseaux sociaux, les rendant facilement identifiables et donc potentiellement des cibles avec leur famille (conjoint et enfants) », justifie le sénateur.

Modifiant la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, cet amendement prévoit donc que « lorsqu'elle est réalisée sans l'accord de l'intéressé, la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, de l'image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires ou d'agents des douanes est punie de 15 000 euros d'amende ». Un amendement qui n’a que de très peu de chance d’être conservé à l’Assemblée nationale.

Comme le note lui-même Jean-Pierre Grand, actuellement « la liberté de l'information, qu'elle soit le fait de la presse ou d'un simple particulier, prime sur le droit au respect de l'image ou de la vie privée dès lors que cette liberté n'est pas dévoyée par une atteinte à la dignité de la personne ou au secret de l'enquête ou de l'instruction. » Les fonctionnaires de la police nationale ne peuvent donc pas s’opposer à l’enregistrement de leur image ni à sa diffusion, sauf circonstances particulières. Dans un autre amendement, Jean-Pierre Grand propose d'étendre la protection de l'identité, qui concerne par exemple les agents du RAID ou du GIGN, à tous les agents sans distinction d'unités ou de services. 

La Quadrature du net, qui a été auditionnée par le Sénat dans le cadre de l’examen de cette PPL, s’est inquiétée de cet amendement sur Twitter. Une inquiétude partagée notamment par l’avocat Arié Alimi qui interpelle les journalistes, leurs syndicats et les associations des droits humains sous le hashtag « fin de l’État de droit ».  

La proposition de loi dite « Lutte contre la haine sur internet » sera discutée en séance publique au Sénat le 17 décembre prochain.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le