Une cinquantaine de parlementaires refuse de se rendre au Congrès
Une cinquantaine de parlementaires, dont une grande majorité de gauche, ne participeront pas au Congrès organisé par le président de la République. Ils dénoncent un déséquilibre des institutions et des raisons de coûts.

Une cinquantaine de parlementaires refuse de se rendre au Congrès

Une cinquantaine de parlementaires, dont une grande majorité de gauche, ne participeront pas au Congrès organisé par le président de la République. Ils dénoncent un déséquilibre des institutions et des raisons de coûts.
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Emmanuel Macron ne s’exprimera pas devant la totalité du Parlement réuni en Congrès. Au moins 52 députés et sénateurs (sur 924), pour l’essentiel de gauche, boycottent le rendez-vous de Versailles.

Jean-Christophe Lagarde a été le premier à faire savoir qu’il boycotterait le Congrès. Moins d’une heure après l’annonce de sa réunion par Gérard Larcher, le député de Seine-Saint-Denis a avancé trois raisons sur Twitter. L’exercice est « inutile » et « coûte cher », estime le président de l’UDI, qui ajoute que le premier Congrès du quinquennat « rabaisse le gouvernement ».

« Il voulait restaurer la fonction présidentielle et laisser le gouvernement gouverner. Or, il fait le contraire et je ne veux pas le cautionner. C’est sa première erreur après un bon début de quinquennat », indique-t-il ce lundi dans une interview donnée aux quotidiens du groupe Ebra.

Son collègue Philippe Vigier, député d’Eure-et-Loire, lui a emboîté le pas. L’ancien président de l’ex-groupe UDI à l’Assemblée nationale trouve « surprenant de voir le président de la République griller la politesse au Premier ministre ». Philippe Vigier estime en outre qu’il y a « des sujets plus brûlants » qu’une réforme institutionnelle.

« Argent dilapidé », « discours du roi »

À droite, on compte deux parlementaires qui ont manifesté leur intention de ne pas se rendre à Versailles. Il s’agit du député-maire LR d’Étampes (Essonne) Franck Marlin. Réélu pour un sixième mandat en juin, il refuser d’aller « écouter le discours du roi », rapporte le Parisien. Il dénonce également le coût de l’organisation du Congrès et surtout, une « dérive grave qui va à l’encontre des institutions ». « Nous sommes en marche vers une monarchie constitutionnelle que je cautionne pas», déplore-t-il.

Un autre député, apparenté LR, Pierre Cordier, sera lui aussi absent. Le nouveau député, retenu par « des engagements dans les Ardennes », pointe « un coup politique » mais aussi le « coût pour les contribuables » d’un Congrès « inutile ».

Dans les rangs de la gauche, la sénatrice Esther Benbassa a été la première à afficher son opposition au Congrès. « Cet argent dilapidé pour un Congrès inutile, qu’il aille aux réfugiés », a tweeté l’élue écologiste. Refusant « d’acclamer un monarque bavard », elle restera « auprès de tous ces gens qui ne sont rien et à qui Emmanuel Macron n’a au fond rien à dire », a-telle ajouté dimanche, dans une référence aux propos polémiques du président lors de l’inauguration de l’incubateur de startups Station F.

Député socialiste, Régis Juanico ne sera pas non plus présent dans l’aile du Midi ce lundi. L’ancien trésorier de la campagne de Benoît Hamon juge que le Congrès « symbolise le retour du pouvoir personnel » et une « vassalisation de tous les corps intermédiaires ». « Effacé le Premier ministre qui se voit condamné à jouer les répétiteurs. Escamoté le vote de confiance puisque le discours présidentiel ne peut faire l’objet d’aucun débat en sa présence », énumère-t-il dans un communiqué.

 « Je ne veux pas aller écouter le roi Soleil »

Le plus gros contingent des absents vient de l’aile gauche du Parlement. Jeudi, les 17 députés de la France insoumise ont annoncé qu’ils refusaient de se rendre au Congrès. Dénonçant un « franchissement de seuil dans la dimension pharaonique de la monarchie présidentielle », leur président Jean-Luc Mélenchon a critiqué une « réunion qui n’aucun objectif autre que d’entendre le président », qui lui, « n’écoutera personne ». Autre figure du groupe, François Ruffin ne veut pas aller « écouter le roi Soleil ».

Les élus communistes des groupes des deux chambres adopteront la même attitude. Les 18 membres du groupe communiste, républicain et citoyens (CRC) du Sénat ne seront pas présents au château de Versailles, de même que leurs 11 collègues de l’Assemblée nationale, emmenés André Chassaigne. « Ce n’est pas la République qui est marche, mais le Parlement qui est mis au pas, au mépris de l’équilibre des pouvoirs », dénoncent-t-ils dans un communiqué commun, en rappelant le recours aux ordonnances pour la réforme du Code du travail. « Nous n’irons pas à Versailles adouber le monarque présidentiel ».

Les parlementaires communistes se mobilisent à 14h, contre la « monarchie présidentielle ». Ils organisent un rassemblement devant l’hôtel de Ville de Versailles. Les députés de la France insoumise se donnent, eux, rendez-vous place de la République à 18h.

Les élus du Front national, seront en revanche présents. « C’est une première, les députés FN veulent voir ce qu’il va dire tout en étant bien conscients des limites fortes de l’exercice », a indiqué sur notre antenne Florian Philippot, le vice-président du parti. « Je trouve dommage que certains députés n'aillent pas au Congrès, ça relève davantage de la posture », a ajouté Emmanuelle Ménard (apparentée FN).

« Affaiblissement du pouvoir législatif »

De nombreux députés de l’opposition écouteront Emmanuel Macron cet après-midi, tout en critiquant la méthode. « La décision du président de la République de s'exprimer devant le Congrès symbolise le retour du pouvoir personnel », considère Olivier Faure, le patron des socialistes réunis au sein du groupe Nouvelle gauche. Le député de Seine-et-Marne juge que « se mettent en place les pièces d'un puzzle qui conduit à un affaiblissement du pouvoir législatif ».

Chez les Républicains (canal historique), Christian Jacob motive sa venue en tant que « républicain » mais se dit « surpris par la forme ». « L’intervention du président de la République va venir écraser celle du Premier ministre », remarque-t-il.

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