« Une crise sanitaire à l’autre bout du monde, nous concerne tous » : il y a un an, l’irruption du covid-19 dans les travaux du Sénat
Un an après la détection des premiers cas de covid-19 sur le sol français, Public Sénat entame une rétrospective sur les premiers retentissements de la pandémie au Sénat. Fin janvier 2020, la première question est posée au gouvernement, en plein rapatriement des Français de Wuhan.

« Une crise sanitaire à l’autre bout du monde, nous concerne tous » : il y a un an, l’irruption du covid-19 dans les travaux du Sénat

Un an après la détection des premiers cas de covid-19 sur le sol français, Public Sénat entame une rétrospective sur les premiers retentissements de la pandémie au Sénat. Fin janvier 2020, la première question est posée au gouvernement, en plein rapatriement des Français de Wuhan.
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Il n’y a désormais plus un seul jour au Parlement sans que la situation sanitaire ne soit évoquée dans les débats aujourd’hui. Tous les travaux, ou presque, sont désormais irrigués par le coronavirus qui a chamboulé nos vies il y a un an. Comment le virus a-t-il commencé à faire parler de lui au Sénat, en janvier 2020 ? En cette rentrée, la Haute assemblée a surtout à l’esprit la réforme des retraites (un débat se tient le 7 janvier), au moment même où les autorités chinoises font le lien entre de mystérieux cas de pneumopathie et la découverte d’un nouveau coronavirus. Deux semaines après, le projet de loi bioéthique est débattu en séance, en première lecture. A l’autre bout du monde, le 23 janvier également, la Chine place en quarantaine les 11 millions d’habitants de Wuhan, et commence la construction accélérée d’un hôpital de campagne.

Un virus « qui rappelle le Sras »

C’est aussi le 23 janvier que le nouveau virus apparaît pour la première fois dans le Journal officiel du Sénat. La sénatrice LR des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, dépose une question écrite sur les relations bilatérales de la France et de Taïwan. Elle s’interroge notamment sur l’absence de représentation de ce pays dans les instances de l’ONU, comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « à l’heure de l’apparition en Chine de virus rappelant le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003 ». A cette époque, on ne parle pas encore de SARS-CoV-2, ni de maladie covid-19 mais simplement du « nouveau coronavirus » (2019-nCoV). Le lendemain, trois cas sont confirmés en France.

En commission des affaires sociales, la situation de l’épidémie en Chine est évoquée le 29 janvier, au détour de l’examen d’une proposition relative à la sécurité sanitaire. Le texte, rédigé par le sénateur LREM Michel Amiel, médecin, propose notamment des mesures d’éviction pour les cas dits contacts, et des isolements contraints, dans le cas de maladies « hautement contagieuses ». Préparé depuis des mois, le texte résonne de façon singulière avec les évènements de la province chinoise du Hubei, et les premiers rapatriements des Français. Le sénateur des Bouches-du-Rhône saisit, pour défendre son texte, cette actualité, perçue comme étant encore lointaine. « Le périmètre de l’épidémie de coronavirus est potentiellement national », estime-t-il alors.

Les informations « parcellaires » du ministère des Affaires étrangères

Le même jour, le coronavirus fait l’objet d’une intervention à part entière dans l’hémicycle cette fois, lors des questions au gouvernement. « Le coronavirus nous donne aujourd’hui un nouvel exemple de la globalisation de notre planète, qui fait qu’une crise sanitaire à l’autre bout du monde nous concerne tous » : ce sont les premiers mots de la socialiste Hélène Conway-Mouret. La sénatrice des Français établis hors de France souhaite obtenir des précisions de la part du ministre des Affaires étrangères sur les évacuations des ressortissants. Le matin, un avion a décollé de Paris pour la Chine. Elle s’interroge surtout sur le « suivi » du « respect » de la quatorzaine à laquelle devront se soumettent les personnes rapatriées. L’ancienne ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, de 2012 à 2014, juge qu’en l’état actuel des choses, les informations fournies par le Quai d’Orsay apparaissent aux yeux de certains comme étant « trop parcellaires ».

La réponse est apportée par la secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé. « Notre objectif est que tous nos compatriotes qui le souhaitent soient assurés de leur retour », témoigne Christelle Dubos. Mais, le nombre et la nature des vols « dépendront de la situation et des impératifs de santé publique ». « Elles n’ont pas vocation à être communiquées à ce jour », ajoute-t-elle, indiquant seulement que « des contrôles médicaux de pré-embarquement » seront organisés pour les passagers rapatriés. La secrétaire d’Etat tient à assurer de la bonne information du gouvernement auprès de la population comme du Parlement. « Nous faisons le choix de la transparence depuis le début », affirme-t-elle.

Ce 30 janvier, date où l’OMS érige le coronavirus en « urgence de santé publique de portée internationale », on recense 170 décès dans le monde, 7 700 cas en Chine, et près d’une centaine dans 18 autres Etats. La France en compte quatre.

Au Sénat, la question du coronavirus va progressivement monter en puissance dans les semaines suivantes, au fur et à mesure que le nombre de cas détectés en France augmente, notamment l’apparition de foyers de contamination dans l’Oise ou en Haute-Savoie.

 

Les débuts de la crise du covid-19, vus depuis le Sénat - tous les épisodes :

  1. « Une crise sanitaire à l’autre bout du monde, nous concerne tous » : il y a un an, l’irruption du covid-19 dans les travaux du Sénat
  2. « Vous allez voir, tout va bien se passer » : février 2020, Olivier Véran remplace Agnès Buzyn au ministère de la Santé
  3. Covid-19 : quand, en février 2020, le confinement de Wuhan faisait craindre le pire sur l’approvisionnement en médicaments
  4. Covid-19 : février 2020, Jérôme Salomon dément toute pénurie de masques chirurgicaux
  5. Covid-19 : fin février 2020, l’heure est encore à l’union sacrée entre l’opposition et le gouvernement

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