Une marche vers l’Elysée : « Instaurer un rapport de force direct avec le président », selon Sandrine Rousseau
Alors que les syndicats vont être reçus la semaine prochaine à Matignon, LFI et le PCF veulent organiser une marche de parlementaires vers l’Elysée. Invitée ce vendredi de l’émission « Parlement Hebdo », sur LCP et Public Sénat, Sandrine Rousseau (EELV) fait valoir la volonté de mettre le président de la République face à « ses responsabilités ».

Une marche vers l’Elysée : « Instaurer un rapport de force direct avec le président », selon Sandrine Rousseau

Alors que les syndicats vont être reçus la semaine prochaine à Matignon, LFI et le PCF veulent organiser une marche de parlementaires vers l’Elysée. Invitée ce vendredi de l’émission « Parlement Hebdo », sur LCP et Public Sénat, Sandrine Rousseau (EELV) fait valoir la volonté de mettre le président de la République face à « ses responsabilités ».
Romain David

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Des élus de gauche entendent rejouer, à leur manière, les journées des 5 et 6 octobre 1789, lorsqu’un cortège de Parisiens et de Parisiennes affamés s’est rendu à Versailles, pour réclamer des comptes à Louis XVI. La France insoumise et le Parti communiste ont prévu d’organiser une marche mardi matin, de l’Assemblée nationale jusqu’au Palais de l’Elysée, pour demander l’annulation de la réforme des retraites. La veille, Élisabeth Borne, la Première ministre, doit entamer un cycle de rencontres avec les représentants de l’intersyndicale. « Nous irons en cortège exiger le retrait du texte de loi sur les retraites », a tweeté le député Manuel Bompard, coordinateur de LFI. Un rassemblement auquel compte se joindre la députée EELV de Paris, Sandrine Rousseau : « Emmanuel Macron est le grand ordonnateur de cette séquence, et il ne va pas se défausser de ses responsabilités », a-t-elle martelé ce vendredi 31 mars sur le plateau de l’émission « Parlement Hebdo », sur LCP et Public Sénat.

« Il a fait de la réforme des retraites une affaire presque personnelle, identitaire de son second mandat », estime notre invitée. « Il est important de se positionner vis-à-vis de lui, en lui disant : ‘Nous ne sommes pas dupes et nous serons là ! Nous savons que c’est vous qui soufflez sur les braises d’une France qui va mal !’ » Interrogée pour savoir si des citoyens pourront se joindre aux cortèges de parlementaires, Sandrine Rousseau répond : « Peut-être, pourquoi pas ? » Elle ajoute : « Il y a un rapport de force direct à instaurer avec le président de la République »

Les syndicats, trop longtemps mis de côté

Pour l’heure, les partis d’opposition ne se joindront pas aux discussions que Matignon veut entamer avec les syndicats. « Nous laissons les syndicats y aller en premier. C’est respectueux du combat incroyable qu’ils ont mené ces dernières semaines. […] Mais moi j’aurais vraiment aimé rentrer dans Matignon et demander à Élisabeth Borne de démissionner avec son gouvernement ! », lance Sandrine Rousseau. « On a eu des semaines de manifestations sans la moindre invitation. Quelle est cette Première ministre qui ne reconnaît pas les syndicats alors que, je le rappelle, pour être représentatifs les syndicats sont élus. Ils ont une légitimité à porter la contestation sociale », tacle l’écologiste.

Les « Avengers » du Conseil constitutionnel

Alors que les regards se tournent désormais vers le Conseil constitutionnel, qui rendra le 14 avril ses décisions sur les recours déposés autour de la réforme des retraites, l’élue admet « ne rien attendre » des Sages de la rue Montpensier. « Je ne pense pas qu’Alain Juppé soit sur une position qui rejoigne les manifestants et la Nupes », soupire-t-elle. « Je ne pense pas que les Avengers du Conseil constitutionnel, qui ont une moyenne d’âge qui fait qu’ils sont peu concernés par le recul de l’âge légal de départ à la retraite, vont nous sauver de cette crise sociale », raille encore Sandrine Rousseau.

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