Une proposition de loi pour revaloriser les retraites des conjoints d’agriculteurs et lutter contre « une véritable injustice »
La sénatrice (Union centriste) de la Nièvre Nadia Sollogoub vient de déposer une proposition de loi pour que les conjoints de chefs d’exploitation agricole touchent la même pension de retraite que ces derniers. A savoir, une rémunération égale à 85 % du SMIC.

Une proposition de loi pour revaloriser les retraites des conjoints d’agriculteurs et lutter contre « une véritable injustice »

La sénatrice (Union centriste) de la Nièvre Nadia Sollogoub vient de déposer une proposition de loi pour que les conjoints de chefs d’exploitation agricole touchent la même pension de retraite que ces derniers. A savoir, une rémunération égale à 85 % du SMIC.
Public Sénat

Par Antoine Comte

Temps de lecture :

3 min

Publié le

800 millions d’euros. C’est le montant du « plan de relance » que la sénatrice Nadia Sollogoub souhaite voir débloqué par le gouvernement pour étendre le bénéfice d’un complément de points de retraite complémentaire obligatoire aux non-salariés agricoles conjoints collaborateurs ou aux aides familiaux.

« Au 1er janvier 2022, voire peut-être dès septembre prochain, la retraite des agriculteurs français augmentera à 85 % de SMIC. Une bonne nouvelle qui concerne les chefs d’exploitation, mais pas encore pour le moment leurs conjoints, ou plutôt devrais-je dire leurs conjointes puisque ce sont très majoritairement des femmes qui touchent des micro-retraites d’à peine 600 euros par mois en moyenne », explique à Public Sénat l’élue de la Nièvre qui porte ce texte au Sénat.

Trois parlementaires sur le sujet

« Un combat contre une véritable injustice », dixit la sénatrice, dont deux de ses collègues députés se sont également saisis. « L’augmentation des rémunérations des chefs d’exploitation à 85 % du SMIC qui sera mise en place prochainement doit beaucoup au travail du député André Chassaigne. Mais sur le sujet de la revalorisation de la retraite des conjointes, mon collègue souhaite procéder par étapes, et une autre députée de la majorité présidentielle qui porte aussi un texte à l’Assemblée s’y est montrée favorable mais avec la volonté de ne pas le crier sur les toits pour ne pas que d’autres viennent à réclamer les mêmes aides », regrette Nadia Sollogoub.

La sénatrice de la Nièvre souhaite à l’inverse ne pas attendre pour que cette revalorisation soit effective et presse le gouvernement de « dire haut et fort » qu’il va débloquer ce plan de relance pour toutes ces agricultrices en difficulté.

Délai de carence unique

A noter une autre disposition importante dans la proposition de loi portée par Nadia Sollogoub : l’article 2 qui supprime la distinction faite dans la loi entre le délai de carence applicable en cas d’hospitalisation et celui prévu en cas de maladie ou d’accident de la vie privée ne donnant pas lieu à une hospitalisation, au profit d’un délai de carence unique. « Pour toutes les professions indépendantes, c’est 3 jours et pour les agriculteurs, c’est encore 7 jours. Le but est donc de les aligner sur tout le monde », résume la sénatrice, qui compte prochainement discuter de sa proposition de loi avec le président du Sénat, Gérard Larcher.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le