« Une provocation ! » : la droite sénatoriale tire à boulets rouges sur les « débauchages » de Sébastien Lecornu chez LR
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« Une provocation ! » : la droite sénatoriale tire à boulets rouges sur les « débauchages » de Sébastien Lecornu chez LR

Les sénateurs font bloc derrière leur président de parti, Bruno Retailleau, qui a annoncé le lancement d’une procédure d’exclusion à l’égard des ministres membres de LR, nommés ce soir dans le gouvernement Lecornu II.
Guillaume Jacquot

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Le communiqué des Républicains est tombé dans la foulée de celui de l’Elysée, et l’annonce de la composition officielle du gouvernement. Le parti présidé par Bruno Retailleau, a annoncé que ses membres qui ont accepté de rejoindre Sébastien Lecornu ne « peuvent plus se réclamer de LR », et qu’ils cessaient « immédiatement leurs fonctions » dans les instances dirigeantes du parti.

Un bureau politique sera convoqué dans les prochains jours pour « statuer de manière définitive ». LR tire ce soir les conséquences de la décision de son bureau, adoptée à une très large majorité, la veille, d’un « soutien », mais « sans participation » au gouvernement.

Six ministres membres de LR

Trois ministres, issus des gouvernements Lecornu 1 et Bayrou sont dans cette situation. Il y a d’abord la ministre de la Culture Rachida Dati, qui avait repris sa carte au printemps, et qui avait été désignée candidate aux municipales à Paris. On compte également Annie Genevard, ministre de l’agriculture, qui occupe une fonction importante au sein de LR, celle de présidente de la Commission nationale d’investiture. L’ancien sénateur LR Philippe Tabarot rempile lui aussi aux Transports.

Trois députés du groupe Droite républicaine, présidé par Laurent Wauquiez, mis en minorité sur la stratégie à adopter vis-à-vis du gouvernement, les ont rejoints : l’ancien maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) révélé durant les émeutes de l’été 2023 Vincent Jeanbrun (ministre de la Ville), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur).

Ce soir, les sénateurs LR que nous avons pu joindre se sont dit en phase avec la ligne majoritaire incarnée par Bruno Retailleau. « Je n’ai pas d’amis dans ce gouvernement. Ils sont exclus de fait », lâche le sénateur LR Max Brisson. « Les décisions ont été prises à une large majorité », rappelle également Frédérique Puissat, vice-présidente du groupe LR au Sénat. « Pour des raisons personnelles, ils font passer leur équation personnelle avant l’intérêt de la famille de pensée que l’on représente. Les LR ne sont pas solubles dans le macronisme, qui est en fin de règne », dénonce également Marc-Philippe Daubresse.

« On nous fait de mauvaises manières. Ce gouvernement cherche à fracturer les Républicains »

Selon un membre du groupe, Philippe Tabarot, qui siégeait jusqu’en décembre au Sénat, a d’ailleurs écrit à ses anciens collègues, pour expliquer sa position. « C’est une trajectoire individuelle. Il a bien conscience qu’il n’était pas dans la lignée du parti », explique un membre du groupe.

Dans la lignée de réactions très vives depuis la semaine dernière de Bruno Retailleau ou encore d’Hervé Marseille, président de l’UDI et du groupe Union centriste, les alliés des LR au Sénat, Max Brisson ne décolère pas vis-à-vis de l’exécutif. « Ce gouvernement est mal bâti, il cherche à fracturer les Républicains. C’est une provocation. Ces débauchages, c’est l’utilisation du péché originel de la macronie, qui n’a pas tenu compte des décisions des partis politiques », s’exclame le sénateur des Pyrénées-Atlantiques. « Il faudra que M. Lecornu vienne s’expliquer avec nous, en particulier au Sénat. Ce genre de pratiques laisse des traces, et n’a qu’un seul but : vouloir déstabiliser M. Retailleau. On nous fait de mauvaises manières, on en fera à notre tour », prévient-t-il, à l’aube d’une semaine à hauts risques pour Sébastien Lecornu.

Le cas particulier de Rachida Dati embarrasse LR

Reste le cas particulier de Rachida Dati, qui a obtenu cet été l’investiture du parti. La candidate de l’ex-socle commun dans la capitale risque d’être un casse-tête dans cette vague de sanctions, qui doit encore être avalisée par les instances compétentes. « Un jour à la fois », balaye Marc-Philippe Daubresse, d’abord curieux de connaître le sort de l’ampleur du redressement budgétaire et de la réforme des retraites dans la déclaration de politique générale à venir de Sébastien Lecornu. « Aux municipales, on fait des alliances qui sont beaucoup plus dictées par des considérations locales que nationales », rappelle-t-il toutefois.

« Rachida Dati ? On verra bien. Elle a manqué une belle occasion de quitter le gouvernement pour se préparer aux municipales, et de rester à côté de ce bourbier dans lequel tous les membres de ce gouvernement vont s’enfoncer », se désole Max Brisson. « Elle a manqué de sens politique. Elle aurait quitté le gouvernement ce soir, ça n’aurait pas changé grand-chose à son CV. Les problèmes sont devant elle. » 

« On fera les choses, avec recul, responsabilité et cohérence », prévient Frédérique Puissat. « Il est hors de question que l’on ait des positions isolées. On se soit de respecter, quand on est dans un parti, le cadre que l’on vient d’adopter », considère-t-elle.

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