Une quinzaine de médias se disent « interdits » de soirée électorale FN, d’autres boycottent
Une quinzaine de médias ont dénoncé dimanche une "interdiction" d'assister à la soirée électorale FN pour le second tour de la...

Une quinzaine de médias se disent « interdits » de soirée électorale FN, d’autres boycottent

Une quinzaine de médias ont dénoncé dimanche une "interdiction" d'assister à la soirée électorale FN pour le second tour de la...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une quinzaine de médias ont dénoncé dimanche une "interdiction" d'assister à la soirée électorale FN pour le second tour de la présidentielle, entraînant un "boycott" par "solidarité" de Libération, Le Monde, L'Humanité, Les Inrocks et L'Obs, tandis que le parti de Marine Le Pen a évoqué un "manque de place".

Sur Twitter ou à l'AFP, des journalistes des sites d'information en ligne Buzzfeed, Mediapart, Les Jours, Rue89, StreetPress, Politico, Bondy Blog, Explicite, Brut, Konbini, mais aussi de l'hebdomadaire Politis ou de l'émission Quotidien présentée sur TMC par Yann Barthès, ont indiqué s'être fait refuser l'accréditation par le parti d'extrême droite.

Un journaliste travaillant pour le mensuel américain The Atlantic a aussi dit s'être fait refuser l'accréditation, tout comme deux confrères de la télévision publique italienne Rai et un autre de la chaîne d'info britannique Sky News.

Lors du premier tour, Mediapart, Quotidien et un journaliste de Marianne, récent co-auteur d'un livre-enquête sur Marine Le Pen, s'étaient déjà vu refuser l'accès à la soirée électorale d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

"Par solidarité pour nos confrères, la rédaction de Libération, qui ne sait pas à l'heure où nous écrivons ces lignes si elle est touchée par cette mesure, a décidé de ne pas se rendre à la soirée organisée par le parti d'extrême droite. Ces mesures anti-démocratiques et contraires à la liberté d'informer doivent cesser, comme l'intimidation des journalistes dans les meetings", a annoncé dans un article Johan Hufnagel, directeur adjoint de Libération.

"Le Front national a choisi d'exclure des médias, français et internationaux, de la soirée électorale qu'il organise pour le second tour de l'élection présidentielle. Le Monde condamne vivement cette attitude qui ne permet pas d'assurer correctement la couverture d'un moment démocratique majeur et qui témoigne, après plusieurs autres incidents, d'une conception dégradée de la liberté de la presse. En solidarité avec les médias concernés, nous avons décidé de ne pas être présent à cette soirée électorale", affirme Luc Bronner, directeur de la rédaction du Monde, dans un billet.

Les hebdomadaires L'Obs et Les Inrocks, ainsi que l'agence Bloomberg et la RTBF (Belgique), ont annoncé une décision similaire. Le journaliste de L'Humanité qui couvre le FN a aussi indiqué à l'AFP qu'il boycottait la soirée. Deux journalistes travaillant pour le magazine Society et la radio Beur FM ont par ailleurs dit sur Twitter avoir été exclus "violemment" de cette soirée électorale, qui se déroule au Chalet du Lac, au Bois de Vincennes.

- une pétition dans l'entre-deux-tours -

"Nous comprenons et respectons le mouvement de solidarité avec nos confrères privés d'accès. Mais l'AFP se doit d'informer dans le monde entier par respect pour ses clients français et étrangers. C'est sa mission", a déclaré de son côté la directrice de l'information de l'AFP, Michèle Léridon.

Les sociétés de journalistes de près d'une quarantaine de médias, dont l'AFP, ont signé pendant l'entre-deux-tours une pétition protestant contre la décision du Front national de "choisir les médias autorisés à suivre Marine Le Pen" et dénonçant "une entrave à la liberté" d'informer.

"Pas de place, plein de monde" a expliqué à l'AFP Alex Frederiksen, l'un des responsables de la presse au FN, au sujet de la soirée de dimanche.

"Dans le cadre d'un nombre de places limité, et pour des raisons de sécurité, il est bien évident que sont privilégiés ceux qui ont le plus d'audience", a affirmé à l'AFP David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen.

"Ce sont ceux qui se sont inscrits les premiers" qui ont été accrédités, a-t-il ajouté.

D'après des témoignages recueillis par l'AFP, plusieurs des journalistes refusés avaient pourtant fait leur demande d'accréditation en début de semaine.

D'autres, au contraire, ont été accrédités malgré des demandes en fin de semaine.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le