Une sénatrice demande d’expérimenter la gratuité des protections hygiéniques
La sénatrice LREM Patricia Schillinger a recommandé jeudi d'expérimenter la gratuité des protections périodiques pour lutter...

Une sénatrice demande d’expérimenter la gratuité des protections hygiéniques

La sénatrice LREM Patricia Schillinger a recommandé jeudi d'expérimenter la gratuité des protections périodiques pour lutter...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La sénatrice LREM Patricia Schillinger a recommandé jeudi d'expérimenter la gratuité des protections périodiques pour lutter contre le "fléau" de la précarité menstruelle qui touche les femmes précaires, incarcérées et de nombreuses collégiennes et étudiantes.

"Travailleuses pauvres, femmes sans-abri, écrouées, habitantes de bidonvilles, étudiantes: beaucoup de femmes sont touchées par la précarité menstruelle", a-t-elle déclaré en remettant à la secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité, Marlène Schiappa, les conclusions de la mission qui lui avait été confiée en mai, à l'occasion de la "Journée mondiale de l'hygiène menstruelle".

"La gestion de l'hygiène féminine et l'accès à des protections périodiques relèvent des droits humains: de la dignité, de l'égalité entre les femmes et les hommes, de l'accès à l'éducation, de la santé des femmes", a-t-elle estimé.

Au cours de sa vie, une femme utilise 10.000 protections périodiques. Selon une étude Ifop commandée en 2019 par Dons solidaires, citée dans le rapport, une sur dix renonce à changer de protection périodique aussi souvent que nécessaire par manque d'argent.

Dans son rapport, consulté par l'AFP, Mme Schillinger préconise ainsi d'expérimenter pendant un an la mise à disposition gratuite de protections menstruelles dans les lieux fréquentés par les personnes précaires et accompagnées (centres d'accueil de jour, hôtels sociaux, centres communaux d'actions sociales), dans les prisons et les établissements d'enseignement (collèges, lycées, universités).

Dans ces derniers, différents moyens pourraient être testés: près de l'infirmerie, dans les toilettes des filles ou dans les locaux de la vie scolaire.

Le budget, "difficilement calculable" selon la sénatrice, est estimé à 320.000 euros par département pour les femmes précaires, 79.000 euros pour les femmes écrouées (2.521 au 1er avril), et environ 20 euros par an par étudiante.

Villes, intercommunalités, départements, régions, Education nationale: la sénatrice en a appelé à "tous les acteurs" pour "participer à l'expérimentation sur la base du volontariat", à l'instar d'initiatives prises à l'université de Lille, à l'université de Rennes 2, ou encore des "kits d'hygiène" distribués aux femmes les plus précaires par des associations.

"La libre distribution, sans demande préalable et sans contrôle, est la clé du succès", a insisté Mme Schillinger, espérant que "dans quelques années on trouve cela aussi naturel qu'avoir du papier et du savon" dans les toilettes.

"Il y a encore énormément de travail à faire sur ce sujet", a reconnu la secrétaire d'Etat, Marlène Schiappa. Elle a relevé "des pistes d'actions très concrètes" dans ce rapport, sans pour autant s'engager sur l'une d'elles pour le moment.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le