"Fin de campagne sous la menace": l'arrestation de deux hommes soupçonnés de préparer un attentat jihadiste "imminent" en France faisait bien...
Une tentative d’attentat déjouée à quelques jours de la présidentielle
"Fin de campagne sous la menace": l'arrestation de deux hommes soupçonnés de préparer un attentat jihadiste "imminent" en France faisait bien...
Par Marie WOLFROM
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
"Fin de campagne sous la menace": l'arrestation de deux hommes soupçonnés de préparer un attentat jihadiste "imminent" en France faisait bien sûr la Une de la presse française mercredi, à quelques jours du premier tour d'une élection présidentielle totalement imprévisible.
Alors que le président François Hollande a salué "une prise remarquable", le terrorisme s'est donc invité dans la dernière ligne droite de la campagne pour l'élection de son successeur, comme l'explique le titre du quotidien Libération (gauche).
Les deux suspects, de nationalité française, Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, avaient déjà été incarcérés pour des faits sans caractère terroriste, a indiqué une source proche du dossier.
Le procureur de Paris François Molins dnne des détails sur le projet d'attentat lors d'une conférence de presse à Paris le 18 avril 2017
AFP
Les policiers ont saisi dans l'appartement occupé par les deux hommes à Marseille (sud) trois kilos de TATP, un explosif artisanal prisé des jihadistes, une grenade artisanale, plusieurs armes à feu dont un pistolet-mitrailleur, des sacs de munitions et un drapeau du groupe État islamique (EI), a indiqué le procureur de la République de Paris, chargé des affaires de terrorisme, François Molins.
Combinaison de deux photos diffusées par la police montrant deux suspects Clément Baur (G) et Mahiedine Merabet arrêtés le 18 avril 2017 à Marseille
FRENCH POLICE/AFP
Ces "deux individus aussi méfiants que déterminés", selon lui, se préparaient à "une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu'on puisse déterminer avec précision le jour, la ou les cibles visé(es)".
- Risque "plus élevé que jamais" -
Pour le quotidien Le Figaro (droite), ce serait cependant François Fillon, le candidat du parti Les Républicains (droite), qui serait "le plus haï par les djihadistes".
Mahiedine Merabet cherchait à entrer en contact avec l'EI, notamment pour transmettre "une vidéo d'allégeance ou de revendication", a révélé le procureur.
Des membres du RAID le 18 avril 2017 à Marseille
AFP
Il a précisé qu'une "vidéo interceptée le 12 avril dernier" montrait "une table sur laquelle est posée un fusil mitrailleur de type UZI", "le drapeau noir de l'État islamique", "des dizaines de munitions disposées afin d'écrire +la loi du talion+" et "la Une d'un quotidien" Le Monde datée du 16 mars 2017 "avec en couverture un candidat à l'élection présidentielle", en l'occurrence François Fillon.
Les responsables de la sécurité de plusieurs candidats avaient d'ailleurs été prévenus la semaine dernière de la dangerosité des deux hommes, dont des photos avaient été distribuées.
TATP : un explosif prisé des jihadistes
AFP
Dans l'entourage de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, on soulignait que "le fait que les deux individus aient été interpellés à Marseille alors que Marine Le Pen y tient un meeting mercredi n'est peut-être pas un hasard".
"Le risque terroriste est plus élevé que jamais", a déclaré le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl après l'arrestation de deux hommes. "Tout est mis en oeuvre pour assurer la sécurité de ce rendez-vous majeur" qu'est l'élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, a-t-il assuré.
La France a été frappée depuis 2015 par une série d'attentats jihadistes qui ont fait 238 morts et une vingtaine de tentatives d'attentats ont été déjouées depuis début 2016, selon le gouvernement.
- "Du jamais vu" -
Plus de 50.000 policiers et soldats seront mobilisés pour assurer la sécurité du scrutin, dont le premier tour s'annonce serré entre quatre candidats.
Les accusations d'emplois fictifs à l'encontre de François Fillon mais aussi de Marine Le Pen, l'irruption du jeune "progressiste ni de droite, ni de gauche" Emmanuel Macron et le charisme du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon ont créé le trouble chez les électeurs dont près de 30% se disent encore incapables de choisir.
"Lors de pratiquement toutes les présidentielles, l'affiche du deuxième tour était connue dès février, mars. Là il y a une vraie incertitude", souligne Frédéric Dabi, de l'institut de sondage Ifop.
"Un match à quatre, avec un resserrement très fort des quatre candidats entre 19 et 23%, c'est du jamais vu", insiste-t-il.
Dans ce contexte, les candidats redoublent d'efforts pour convaincre les indécis et ceux qui seraient tentés de s'abstenir.
"Le fait majeur, c'est le comportement des abstentionnistes", beaucoup plus nombreux que lors des scrutins précédents, note Frédéric Dabi. "On était à 20% en 2012, 18% en 2007, là on serait autour de 30%".
Mercredi, Marine Le Pen sera donc en meeting à Marseille, le centriste Emmanuel Macron se déplacera à Nantes (ouest) et l'ancien Premier ministre François Fillon s'affichera à Paris, au côté de son ancien rival Alain Juppé, lui aussi ancien chef du gouvernement.
Équité du temps de parole, pluralisme : à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les règles encadrant la couverture de la campagne par les médias audiovisuels se renforcent. Depuis ce lundi 2 février, les chaînes de télévision, les radios et certaines plateformes numériques sont entrées dans une période de vigilance accrue.
Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.
La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).
A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.