Auditionnée par la commission des Lois du Sénat, la Défenseure des droits a été interpellée par les sénateurs sur son silence quant aux réunions en non-mixité de l’Unef. La droite l’a aussi rappelée à ses déclarations sur les « zones sans contrôle d’identité », qu’elle avait évoquées en février.
Unef : « On ne peut pas utiliser un critère discriminatoire pour une réunion », affirme la Défenseure des droits
Auditionnée par la commission des Lois du Sénat, la Défenseure des droits a été interpellée par les sénateurs sur son silence quant aux réunions en non-mixité de l’Unef. La droite l’a aussi rappelée à ses déclarations sur les « zones sans contrôle d’identité », qu’elle avait évoquées en février.
Par Héléna Berkaoui
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Claire Hédon était venue pour présenter le rapport annuel du défenseur des droits, elle s’est retrouvée cernée par de tout autres questions. Auditionnée par la commission des Lois du Sénat ce mercredi, la Défenseure des droits a été interrogée sur ses déclarations quant à la création de « zones sans contrôle d’identité », mais aussi sur les réunions réservées aux personnes non blanches de l’Unef.
Sur le premier sujet, Claire Hédon a affirmé : « Les propos que j’ai tenus sur les contrôles d’identité ont pu être déformés, même si je reconnais quelques imprécisions, je n’ai jamais souhaité mettre fin aux contrôles d’identité ». La sortie de la Défenseur des droits avait beaucoup ému au Sénat où la droite sénatoriale l’avait accusée de vouloir créer des zones de non-droit (lire ici).
Si « la protection des policiers et des gendarmes est un objectif plus que légitime », la Défenseure des droits a dû souligner que la question des contrôles au faciès ne pouvait rester sans réponse. « L’arrêt de la Cour de cassation de 2016 a acté l’existence de contrôles discriminatoires, le contrôle d’identité doit être motivé mais nous n’avons pas de traçabilité donc il est impossible de savoir si ces contrôles sont motivés. Aujourd’hui nous ne savons pas combien de contrôles sont effectués, pour quels motifs et pour quels résultats », a indiqué Claire Hédon. C’est donc sur l’expérimentation de la traçabilité des contrôles que veut agir la Défenseure des droits.
Claire Hédon a aussi été vivement interpellée sur les réunions réservées aux personnes non blanches à l’Unef. Là aussi, le sujet a beaucoup agité le Sénat, certains parlementaires de droite ont même saisi le procureur de la République (lire ici). Organisées de façon ponctuelle, ces réunions en non-mixité sont mises en place dans le monde militant pour permettre l’émergence de la parole des personnes victimes de discriminations de genre ou de race. A droite mais aussi à gauche, ces réunions sont vues comme une remise en cause de « l’universalisme républicain », voire comme une forme de « racisme ».
« Il est évident, pour moi, que pour une réunion publique, on ne peut pas utiliser un critère discriminatoire », a déclaré la Défenseure des droits tout en précisant qu’elle ne souhaitait « pas entrer dans les polémiques ». Le sénateur LR, François Bonhomme, a regretté que son instance n’ait pas agi : « Je m’étonne de la sélectivité qui préside à votre autosaisine ». Valérie Boyer, sénatrice LR, a, elle déploré que la Défenseure des droits ne se soit pas exprimée sur le sujet plus tôt. Claire Hédon a donc dû expliquer que son instance ne s’autosaisissait que rarement, dans des cas graves comme « des décès en lien avec des violences de la police » (voir la vidéo ci-dessus).
La sénatrice LR, Valérie Boyer, a posé un certain nombre de questions sur les étrangers, notamment les mineurs. « Sur la question du droit des étrangers, ce que nous constatons ce sont des atteintes aux droits fondamentaux, des atteintes à la question de l’intérêt supérieur de l’enfant », a rapporté la Défenseure de droits. « Sur les MNA (mineurs non accompagnés), je ne suis pas en charge de la politique publique, je suis en charge de la défense des droits des enfants, donc moi je vous dis quelles sont les atteintes aux droits, mon rôle est de rappeler les droits », a-t-elle aussi insisté légèrement agacée devant l’insistance des questions.
Claire Hédon a finalement rappelé que sur les 97 000 saisines qu’ils ont connues cette année, « près des deux tiers concernent les relations avec les services publics ». Ces difficultés que les usagers rencontrent dans l’accès aux services publics se sont par ailleurs renforcées avec la crise sanitaire mais il en aura été très peu question lors de cette audition.
Le parquet de Lyon fera lundi le point sur l'enquête en cours sur l'agression mortelle du jeune Quentin, que le ministre de la Justice Gérald Darmanin a pour sa part attribuée de manière « incontestable » à « l'ultragauche ».
Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.
Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.
En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.