Union de la gauche dans les Hauts-de-France : « Nous allons renverser la table », affirme la tête de liste Karima Delli
EELV, PS, PCF et LFI sont parvenus à un accord sur une liste d’union de la gauche pour les régionales dans les Hauts-de-France. « Les habitants ne peuvent pas tolérer cinq ans de plus dans un face-à-face mortifère entre Xavier Bertrand et l’extrême droite », affirme la tête de liste à publicsenat.fr. Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, ne sera pas sur la liste.

Union de la gauche dans les Hauts-de-France : « Nous allons renverser la table », affirme la tête de liste Karima Delli

EELV, PS, PCF et LFI sont parvenus à un accord sur une liste d’union de la gauche pour les régionales dans les Hauts-de-France. « Les habitants ne peuvent pas tolérer cinq ans de plus dans un face-à-face mortifère entre Xavier Bertrand et l’extrême droite », affirme la tête de liste à publicsenat.fr. Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, ne sera pas sur la liste.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Fumée verte. La gauche a réussi à trouver la voie d’un accord pour les élections régionales dans les Hauts-de-France. EELV, PS, PCF et même La France Insoumise se sont mis d’accord pour partir unis face à Xavier Bertrand, le président sortant, pour le scrutin de juin prochain. On n’est pas loin du miracle, quand on voit les divergences qui existent sur la scène nationale entre le PS et LFI.

C’est la députée européenne EELV, Karima Delli, qui mènera cette liste d’union, soutenue par Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, Fabien Roussel, numéro 1 du PCF et le député du Nord de LFI, Ugo Bernalicis. Le socialiste et le communiste affichaient leur volonté de briguer la tête de liste. Ils ont finalement accepté de laisser la place. « C’est fait », ont annoncé tous en chœur les chefs de file dans un communiqué commun, ce jeudi. Un peu plus tôt, le patron du PS, Olivier Faure, avait vendu la mèche sur BFM TV.

« Maintenant, il faut gagner ! »

« Maintenant, il faut gagner ! » réagit auprès de publicsenat.fr Karima Delli. « Nous allons tout faire pour changer la vie des gens et montrer à quel point la bataille du climat, c’est la bataille de l’emploi. Nous allons montrer que l’urgence sociale et environnementale sont très importants dans les Haut-de-France. Et nous ne laisserons pas les habitants et habitantes des Hauts-de-France sans une nouvelle volonté de changer les choses », affirme la tête de liste. Elle ajoute :

Les habitants ne peuvent pas tolérer cinq ans de plus dans un face-à-face mortifère entre Xavier Bertrand et l’extrême droite. Nous allons renverser la table et en finir avec les egos démesurés.

« Nous sommes unis et nous allons tout faire pour avancer des propositions concrètes. Et surtout faire gagner le climat, l’emploi et l’urgence climatique et sociale », insiste Karima Delli. Comment EELV a-t-il réussi à rallier tout le monde derrière son panache vert ? « Je suis présidente de la commission transports au Parlement européen, et la méthode européenne, c’est de dégager des majorités malgré des oppositions, parfois antagonistes. Notre objectif, c’est de s’unir pour changer la vie des gens », répond l’écolo. Pour Karima Delli, il faut « respecter les valeurs de l’ensemble des partenaires. Car maintenant c’est une équipe ».

« Un accord gagnant-gagnant » salue Patrick Kanner, qui ne sera « pas sur la liste »

Ce n’était pourtant pas gagné. Dès septembre, un appel à l’union avait été lancé à gauche. Mais les choses se sont tendues pendant l’hiver, où chacun a avancé ses pions. « Les Verts se comptent partout », regrettait Patrick Kanner. C’est d’abord l’hypothèse d’une tête de liste avec Fabien Roussel qui était dans les tuyaux. Elle circulait dès janvier. La semaine dernière, une union PCF-PS-LFI devait même être entérinée au bureau national du PS, EELV faisant bande à part. Mais coup de Jarnac à la dernière minute, EELV et LFI topent finalement pour une liste commune. Tout le monde y a vu une manœuvre de Jean-Luc Mélenchon, qui apprécie peu les velléités de candidature à la présidentielle de Fabien Roussel. Ce dernier aurait pu profiter de la dynamique que lui aurait apporté une liste d’union de la gauche aux régionales. « Le coup de théâtre de mardi dernier, c’est Mélenchon qui lâche Roussel. Il a provoqué une prise de conscience de principe de réalité pour tous et toutes. Et en une semaine, on a trouvé les voies et moyens pour un accord à quatre », confie à publicsenat.fr Patrick Kanner. Et à la fin, c’est les écologistes qui tirent leurs marrons du feu.

« On a trouvé un bon accord. Un accord gagnant-gagnant », réagit Patrick Kanner. Faute d’avoir obtenu la tête de liste, l’ancien ministre et sénateur PS du Nord préfère en revanche laisser la place. Ce qui arrange au passage LFI qui ne voulait pas partager la liste avec un ancien ministre de François Hollande. « Je ne serai pas sur la liste. Mais je favorise une nouvelle génération d’élus PS, des trentenaires et quadras, pour porter une voix nouvelle » annonce Patrick Kanner. « J’aurais aimé être tête de liste » reconnaît-il, « mais c’est Karima Delli qui va la porter et je vais l’aider ». « J’ai été président de conseil général, ministre, je suis président de groupe, mon souci était surtout de permettre cette alliance », ajoute le sénateur. Autrement dit, il ne se voyait pas occuper une place autre que la première sur la liste.

« Les jeux sont ouverts. On a trois mois pour grignoter 1 % chaque mois »

Cette union ouvre quelques perspectives à la gauche dans la région de Xavier Bertrand. « Ça va nous permettre de partir unis et de faire une campagne de trois mois ensemble, et non de quelques jours entre le premier et le second tour. Si on partait tous dans notre coin, on pouvait tous se retrouver à moins de 10 %. L’union pourrait nous permettre d’atteindre au moins 20 % ! », espère Patrick Kanner, qui voit quelques éléments qui donnent espoir : « Les discussions entre Laurent Pietraszewski (tête de liste LREM, ndlr) et Xavier Bertrand sur les voix centristes du Modem, et la campagne d’extrême droite portée par Sébastien Chenu, qui est inqualifiable sur ses thèses. Tout cela me fait dire que les jeux sont ouverts. On a trois mois pour grignoter 1 % chaque mois ». Pour ce qui est des autres régions, avant de parler partout d’union de la gauche, il faudra en revanche voir au cas par cas l’ensemble des accords… ou des désaccords.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le