Union européenne : les élites sont « autistes » pour Philippe Lamberts
Entre « la vague de rejet de l’UE » qui monte chez les citoyens et l’« autisme » des élites, les eurodéputés Pervenche Berès, Philippe Lambert et Frank Engel, invités de l’émission Europe Hebdo, brossent le portrait inquiétant d’une Union européenne à l’avenir incertain.

Union européenne : les élites sont « autistes » pour Philippe Lamberts

Entre « la vague de rejet de l’UE » qui monte chez les citoyens et l’« autisme » des élites, les eurodéputés Pervenche Berès, Philippe Lambert et Frank Engel, invités de l’émission Europe Hebdo, brossent le portrait inquiétant d’une Union européenne à l’avenir incertain.
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Dimanche 12 février, Jean-Claude Junker annonce qu’il ne briguera pas de second mandat. Il cède la présidence de la Commission européenne et ne sera donc pas candidat à sa propre succession dans deux ans. Pervenche Bérès, eurodéputée socialiste, y voit une opportunité : « Ça veut dire qu’il se donne d’une certaine manière carte blanche pour faire quelque chose de ces deux ans et demi qu’il lui reste, alors qu’il a dit que c’était la Commission de la dernière chance. » Comme un appel à agir lancé au président de la Commission…

Un optimisme qui tranche avec l’avis pas vraiment tendre de l’eurodéputé vert Philippe Lamberts sur le président de la Commission européenne : « J’ai vu après le referendum britannique un Jean-Claude Juncker venir en plénière [devant le Parlement] sans direction. On voyait qu’il avait perdu la boussole. Il nous a tenu un discours de 40 minutes assez décousu. […] Jean-Claude Juncker ne comprend pas ce qui est en train de se passer. » Et ce qui est en train de se passer, c’est une Europe bloquée qui cherche une voie de salut. Or, pour Frank Engel, eurodéputé luxembourgeois et membre du groupe de droite PPE, le temps de la révolution n’a pas encore sonné et l’équilibre institutionnel n’est pas prêt d’être bouleversé :

« Vous pouvez avoir la Commission la plus déterminée du monde […] avec le meilleur président et, en face un Conseil européen dont la substance politique est réactionnaire au plus haut point, ça n’avance dans aucune direction. »

Pour Frank Egel, la mutation s’inscrit d’abord dans l’abolition du Conseil européen qu’il perçoit comme « l’institution la plus contre-productive qui n’ait jamais existé sur le sol européen ».

Mais qu’en est-il des préoccupations des citoyens concernant l’avenir de l’UE, souvent blâmée et condamnée ? En effet, s’ajoutent aux des égoïsmes nationaux, une désillusion croissante à l’égard des institutions européennes. Philippe Lamberts, eurodéputé belge, atteste ce désenchantement rencontré chez ses concitoyens. Ainsi, Il sent  monter, notamment  dans son électorat « une vague de rejet de l’Union européenne ».

« On commence à se dire que si c’est pour avoir une Union européenne du pouvoir des multinationales qui refusent d’interdire les perturbateurs endocriniens, qui fait des traités de libre-échange favorables aux multinationales  bref, qui pousse l’agenda néo libéral, franchement on n’en veut pas! » 

Pour autant, les élites semblent immunisées contre le tourment populaire et se perdent dans un « somnambulisme » inacceptable. « C’est de l’autisme ! » tonne Philippe Lamberts, qui met en garde : « La colère monte. »

Pour l’anniversaire du Traité de Romme, souhaitons que l’Union se réconcilie avec les citoyens. L’injonction du dialogue est pour cela primordial pour Pervenche Berès qui aspire à « des responsables politiques qui soient capables de dépasser leur intérêt national et donc de faire conjuguer l’intérêt de leur pays avec une vision plus généreuse qui les dépasse et qui serait une vison européenne ». De ce chaos peut naître une Europe plus inclusive et vigilante.

 

 

Retrouvez Europe Hebdo ce jeudi 16 février à 18h30 et vendredi 17 février à 7h.

 

 

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