Le groupe LR a fait son choix. Dans le cadre du « droit de tirage » annuel, Les Républicains du Sénat ont choisi de mettre en place une commission d’enquête sur « la capacité des universités françaises à garantir l’excellence académique de l’enseignement supérieur ». La commission d’enquête sera officiellement constituée après une validation de la demande en Conférence des présidents, prévue le 11 février. Ses travaux qui auront une durée de 6 mois, maximum porteront notamment « sur les conditions de l’excellence académique française, dans un contexte de croissance constante du nombre d’étudiants », « la capacité des universités à proposer des formations professionnalisantes et l’adéquation entre les parcours universitaires et le marché du travail » ou encore « la gouvernance des universités et leur capacité à remplir pleinement les missions qui leur sont confiées par la loi », peut-on lire dans le communiqué.
Le sénateur LR, Max Brisson qui sera membre de cette commission d’enquête, ne souhaite pas « tirer de conclusions hâtives » sur l’orientation des travaux. « Ce qui est factuel c’est que l’orientation des étudiants de ce pays vers l’emploi, n’est pas de grande efficience. D’un côté, nous avons des employeurs qui cherchent des salariés et de l’autre des étudiants qui sortent de l‘université qui ne sont pas employables ». « Pourrons aussi être abordées les questions des libertés académiques, du pluralisme, de la neutralité des universitaires et parfois les menaces que certains activistes », énumère le sénateur.
« Il est hors de question de traiter d’islamogauchisme ou de wokisme. Sinon c’est sans moi »
Comme il est d’usage, la présidence d’une commission d’enquête revient à un groupe minoritaire ou d’opposition. « Il est hors de question de traiter d’islamogauchisme ou de wokisme. Sinon c’est sans moi », prévient un élu de gauche qui participera aussi à cette commission. « L’objectif c’est de préparer le programme présidentiel et de poursuivre les travaux de Laurence Garnier », relève-t-il.
L’année dernière, une mission d’information lancée par la commission de la culture et de l’éducation du Sénat sur la situation financière des universités et ses relations avec l’Etat. Laurence Garnier (LR), Pierre-Antoine Levi (UC) et David Ros (PS) avaient dépeint un secteur empreint de difficultés, qui souffre de modalités inadaptées de la tutelle exercée par le ministère.
La mission d’information avait aussi plaidé en faveur « d’une réflexion nationale » sur la régulation de l’entrée dans le premier cycle universitaire et les conditions d’un rehaussement national des droits d’inscription. Une ligne rouge pour le socialiste David Ros. Sur décision « unanime » du groupe PS, son nom avait été retiré du rapport.