Urgences : les annonces d’Agnès Buzyn pour mettre un terme à la crise
Création d’un numéro de téléphone unique, d’un circuit d’admission dédié aux personnes âgées, déblocage d’une enveloppe de 750 millions d’euros sur trois ans… Agnès Buzyn a annoncé une série de mesures pour mettre fin à une crise des urgences qui dure depuis presque 6 mois.

Urgences : les annonces d’Agnès Buzyn pour mettre un terme à la crise

Création d’un numéro de téléphone unique, d’un circuit d’admission dédié aux personnes âgées, déblocage d’une enveloppe de 750 millions d’euros sur trois ans… Agnès Buzyn a annoncé une série de mesures pour mettre fin à une crise des urgences qui dure depuis presque 6 mois.
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Urgences : les annonces d’Agnès Buzyn
14:40

« Moi, je pars en décembre. Je ne serais plus dans le milieu médical ». Contactée par publicsenat.fr ce matin, Anne-Claire, infirmière à l’hôpital Bicêtre depuis 8 ans et membre du collectif Inter-Urgences, a décidé de jeter l’éponge et de changer de voie. Un choix qui est une illustration de plus de l’épuisement qui touche le personnel urgentiste. Comme le rapporte le journal, Le Monde, en Ile-de-France, en 2018, 119 urgentistes ont démissionné, contre 43 en 2015.

249 services d’urgences en grève

Sur les 719 que compte le réseau hospitalier français, ils étaient 249 services d’urgences à être en grève ce lundi (tout en continuant d’assurer les soins). En juillet, la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn avait pourtant consenti à débloquer 70 millions d’euros pour financer des « premières mesures de soutien », notamment pour recruter des renforts estivaux et financer une prime mensuelle de 100 euros pour les personnels (hors médecins). « Cette prime c’est une miette au regard de la tâche du métier. Il faut augmenter le nombre de lits, recruter des personnels aux urgences mais aussi dans les services psychiatriques, dans les EHPAD… » appelait de ses vœux Anne-Claire, ce matin.

Quelques heures plus tard, devant les syndicats de médecins libéraux et le collectif Inter-Urgences, Agnès Buzyn a donc présenté 12 propositions et « un budget dédié » de 750 millions d’euros de son « pacte de refondation » des urgences.

Création du SAS d’ici l’été prochain

Ces 750 millions ne s’ajouteront pas au budget déjà prévu pour les dépenses de santé mais seront puisés dans des crédits existants. Parmi les principales annonces visant à désengorger les urgences en s'appuyant davantage sur la médecine de ville et en accélérant les prises en charge, la ministre a annoncé la mise en place, à l’été prochain, du SAS (service d’accès aux soins) en amont des urgences. « Ce service sera accessible par téléphone et en ligne. Il permettra aux patients d’accéder à toute heure et à distance à un professionnel de santé qui lui fournira un conseil, une téléconsultation ou une orientation vers une structure qu’elle soit hospitalière ou libérale » a développé la ministre.

Un circuit d’admission direct, dédié aux personnes âgées aux urgences

Toujours dans l’objectif de désengorger les urgences, le gouvernement compte mettre en place dans tous les établissements « un circuit d’admission directe, dédié aux personnes âgées ». « Nous savons que l’hospitalisation par les urgences est souvent un moment de dégradation et d’anxiété pour les personnes âgées » a expliqué Agnès Buzyn.

Dans les territoires ou les services d’urgences sont saturés, 50 nouvelles maisons médicales de garde, assurées par des médecins libéraux, seront créées.

Le travail des urgentistes devrait être « optimisé » par la formation d’infirmiers de pratique avancée (IPA), et une réduction des intérims médicales, « trop gourmand sur le plan financier ». « Les professionnels qui font de l’intérim médical devront tous avoir une assurance de responsabilité civile et une attestation de non-cumul avec leur activité hospitalière » a-t-elle indiqué.

Fin de la tarification à l’acte

La ministre des Solidarité et de la Santé a annoncé la fin de la tarification à l’acte. « Cette modification de la tarification à l’activité des services d’urgence figurera dans le PLFSS » (projet de loi de financement de la Sécurité Sociale). Mise en place dans le cadre du plan hôpital en 2007, la tarification à l’acte, est un mode de financement basé l’activité effective des établissements de santé.« La fin de la tarification à l’acte, c’est une bonne chose. Mais en parallèle, il faudra augmenter le budget des hôpitaux. L’augmentation de 2,5% l’année dernière n’était pas suffisante » relève Daniel Chasseing, vice-président (Indépendant-République et Territoires) de la commission des affaires sociales du Sénat.

Si Agnès Buzyn a assuré au 80% du budget du « pacte de refondation » était dédié au recrutement des personnels, ses mesures n’ont pas rassurés les membres du collectif Inter-Urgences. La ministre « se refuse complètement à revaloriser les métiers soignants, il y a un tel déni des professions paramédicales, c'est assez fou », a regretté auprès de l'AFP Hugo Huon, le président du collectif qui a également déploré l’absence d’annonce « sur les lits » et « sur les postes ».

Le collectif Inter-Urgences et la CGT ont maintenu leur appel à la manifestation parisienne prévue mercredi à 13 heures.

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