« Vacances apprenantes », les sénateurs pressent le gouvernement d’aller vite
Auditionné au Sénat, Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation, est revenu sur les « vacances apprenantes » avec des écoles ouvertes l’été. Pour les sénateurs, ce dispositif pose beaucoup de questions.

« Vacances apprenantes », les sénateurs pressent le gouvernement d’aller vite

Auditionné au Sénat, Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation, est revenu sur les « vacances apprenantes » avec des écoles ouvertes l’été. Pour les sénateurs, ce dispositif pose beaucoup de questions.
Public Sénat

Par Sandra Cerqueira

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Cela devient urgent de définir le rôle des intervenants dans ces colonies de vacances éducatives. On ne peut pas leur demander d’être d’un seul coup des lieux où on fait de l’apprentissage scolaire. Quel sera le rôle de l’Éducation Nationale dans ces colonies ? s’inquiète la sénatrice Colette Mélot.

Sur la base du volontariat

Le secrétaire d’État a assuré que des réunions ont lieu toutes les semaines au ministère à ce sujet. L’objectif est de mettre en place « un cahier des charges » avec les acteurs concernés. En pratique, il s'agira donc d'ouvrir les établissements scolaires l'été, en créant des « colonies de vacances éducatives qui renforceront parfois ce qui existe déjà, c’est-à-dire une dimension éducative de la colonie de vacances, puis parfois iront un peu plus loin pour qu’il y ait du soutien scolaire intégré » a expliqué Gabriel Attal. 

«  Nous pourrons mettre en place des modules nouveaux et ludiques portés par les organisateurs qui permettent d’atteindre les objectifs fixés par l’Éducation Nationale. » Une certitude, la participation des enseignants et des enfants se fera sur la base du volontariat. À un mois de l’été, certains sénateurs pressent le gouvernement d’aller vite. « Il faudrait quand même pouvoir accélérer le processus. Les collectivités et les professionnels du secteur se tiennent prêts, ils sont dans l'attente de directives gouvernementales plus précises. »

Quels enfants concernés ?

Selon Gabriel Attal, l’objectif est de permettre aux élèves de rattraper les lacunes dues à l'enseignement à distance pendant le confinement pour empêcher certains de « décrocher »

Selon les chiffres du ministère de l'Éducation, 5% des élèves n’ont pas été joignables par leurs enseignants pendant le confinement. Les sénateurs se demandent comment réussir « à toucher ces familles de décrocheurs dont bon nombre de parents ne répondent pas. »  Aujourd’hui , au vu de la faible capacité d’accueil des écoles, « comment imaginer que la situation change pour répondre à ce dispositif ? » s’interrogent encore les membres de la commission de la culture.

La question du coût et des moyens alloués a également été soulevée. Gabriel Attal a affirmé que les « vacances apprenantes » seront présentes sur tout le territoire. « L’État ne décidera pas seul (…) Il y aura les investissements nécessaires » a-t-il garanti.

Des cours de soutien gratuits

En parallèle, dans certains cas, sera proposé « du soutien scolaire gratuit » pendant les vacances d'été, a enfin mentionné Gabriel Attal. Ces cours permettront à « beaucoup d'enfants qui ont pris du retard du fait du confinement » de « se consolider ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le