Vaccin, relance, jeunesse, dette : l’essentiel du discours d’Emmanuel Macron
Dans ses vœux aux Français pour 2021, jeudi soir, Emmanuel Macron a tenté d’allier optimisme et empathie, en remerciant les « milliers d’anonymes » et en promettant un « nouveau matin français ».

Vaccin, relance, jeunesse, dette : l’essentiel du discours d’Emmanuel Macron

Dans ses vœux aux Français pour 2021, jeudi soir, Emmanuel Macron a tenté d’allier optimisme et empathie, en remerciant les « milliers d’anonymes » et en promettant un « nouveau matin français ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Assis dans un fauteuil au coin d’un feu de cheminée : difficile de ne pas penser aux vœux de Valéry Giscard d'Estaing, même si Emmanuel Macron est apparu seul et non accompagné de sa femme. Son allocution du 31 décembre a duré à peine quinze minutes. Le registre n’était pas offensif : contrairement à 2019, pas un mot sur les réformes. Le Président français s’est voulu rassurant, protecteur, mêlant optimisme et empathie.

Il a salué les « milliers d’anonymes qui, engagés et solidaires, ont tenu notre pays dans l’épreuve », et égrené plusieurs exemples, parmi lesquels un éboueur, une infirmière, un entrepreneur et une libraire. « Soyons fiers. Fiers d’être nous, les Français, la France. », a-t-il déclaré. Il a d’ailleurs remercié le « civisme » des Français, et rendu hommage aux trois gendarmes tués dans le Puy de Dôme et aux trois militaires tombés au Mali.

Une réponse aux critiques sur la campagne de vaccination

Emmanuel Macron a évité cette fois de prodiguer des conseils sanitaires. En revanche, il a promis qu’il ne laisserait pas « une lenteur injustifiée s’installer » dans la campagne de vaccination contre le Covid-19. Il répond ainsi aux critiques, notamment des sénateurs, envers une campagne débutée le 27 décembre et considérée comme pas assez massive par beaucoup d’élus.

Il a ainsi promis qu’il ne laisserait « personne jouer avec la sûreté et les bonnes conditions, encadrées par nos scientifiques et nos médecins, dans lesquelles la vaccination doit se faire ».

Une promesse de relance écologique

Le chef de l’État a exprimé son « espoir » pour 2021 avec le vaccin mais aussi avec la relance qui « va nous permettre, dès le printemps, d’inventer une économie plus forte ». « L’espoir est là et frémi tous les jours » grâce à une « relance, tout à la fois créatrice d’emplois, plus innovante plus respectueuse du climat et respectueuse de la biodiversité », a-t-il promis.

Il a cependant préféré rester prudent et prévenir que la crise « pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays » au moins jusqu’au printemps. « Notre nation a traversé cette année avec une telle unité, et une telle résilience, rien ne peut lui résister […]. Tout lui est possible en 2021 » s’est-il enflammé.

Emmanuel Macron a par ailleurs rappelé les combats qu’il compte poursuivre, dont la « lutte pour la République et pour nos valeurs, la laïcité, la fraternité » et la « poursuite de notre engagement pour le mérite, le travail, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les inégalités et contre les discriminations ».

La dette ne devra pas être un « fardeau »

Le président a aussi évoqué la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ce 31 décembre à minuit. Malgré le Brexit, Le Royaume-Uni reste « notre ami et notre allié », a-t-il assuré, en expliquant que « ce choix de quitter l’Europe, ce Brexit, a été l’enfant du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses ».

Il n'a pas oublié les finances publiques et la dette, que certains économistes appellent à annuler : « Il nous faudra bâtir ensemble les réponses qui permettront de ne pas en faire un fardeau pour les générations futures ».

Candidat en 2022 ?

Une jeunesse qui a de fait été au cœur de son allocution : « Nous lui avons tant demandé pour sauver des vies, en particulier les vies des plus fragiles de nos aînés. Nous sommes donc ses débiteurs pour nos choix à venir ».

Alors que beaucoup spéculent déjà sur sa candidature à un nouveau mandat, il a fixé le cap de 2030 pour construire « une société plus forte, fraternelle et durable. […] Tel est notre cap ». En abordant les thèmes qui feront très probablement la campagne de 2021 - écologie, emploi, jeunesse, valeurs, dette… -, Emmanuel Macron a-t-il esquissé son futur programme ?

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le