Vaccination obligatoire : « Il faut protéger les Français, y compris malgré eux », estime Hervé Marseille
Les sénateurs ont jusqu’à mardi 6 juillet pour transmettre au Premier ministre leurs positions sur la vaccination obligatoire des soignants. Cette consultation des parlementaires fait suite à l’accélération de la diffusion du variant indien Delta et de la crainte d’un rebond épidémique à la rentrée. Au Sénat, les discussions commencent dans les différents groupes politiques. Certains présidents nous livrent leurs positions.

Vaccination obligatoire : « Il faut protéger les Français, y compris malgré eux », estime Hervé Marseille

Les sénateurs ont jusqu’à mardi 6 juillet pour transmettre au Premier ministre leurs positions sur la vaccination obligatoire des soignants. Cette consultation des parlementaires fait suite à l’accélération de la diffusion du variant indien Delta et de la crainte d’un rebond épidémique à la rentrée. Au Sénat, les discussions commencent dans les différents groupes politiques. Certains présidents nous livrent leurs positions.
Public Sénat

Par Marion Vigreux

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Au groupe Union Centriste, on apprécie tout d’abord la méthode. « Enfin le gouvernement consulte », note le président Hervé Marseille. « On ne va pas s’en plaindre et de toute façon, il ne peut pas passer son temps à prendre des décisions unilatérales, surtout sur un sujet qui concerne autant les Français. »

Les sénateurs centristes ont reçu un questionnaire qu’ils doivent retourner en début de semaine prochaine pour préciser leurs positions sur l’obligation vaccinale des soignants.
S’il n’y a pas d’avis global qui se dessine pour le moment, Hervé Marseille y est lui, à titre personnel, favorable.

« Le covid-19 ne peut pas devenir une maladie nosocomiale supplémentaire, explique-t-il. C’est le monde à l’envers quand on voit des soignants infecter les patients. A partir du moment où vous avez un problème de santé publique grave, il faut protéger les Français, y compris malgré eux. »

Le sénateur des Hauts-de-Seine de préciser que c’est justement en imposant des vaccins que certaines maladies graves, telles que le tétanos ou la tuberculose, ont pu être éradiquées.

Hervé Marseille approuve également la position de la mission d’information du Sénat qui recommande l’élargissement de l’obligation vaccinale aux 24-59 ans. Et pour lui, le pass sanitaire est un outil sur lequel il faut s’appuyer. « Nous devons faciliter la reprise économique, sociale et culturelle de ceux qui ont accepté de se faire vacciner, commente-t-il. D’autant que ce pass permet aussi de faciliter les échanges avec l’Europe. La France ne peut pas rester à la marge sur ce point ».

Les soignants ont déjà des vaccins obligatoires

Du côté des Républicains, le groupe est encore en discussion. Mais son président, Bruno Retailleau, milite depuis le mois de décembre et l’arrivée des premiers vaccins, pour les rendre obligatoires chez les soignants. Devant son groupe, il défendra cette position. Il estime qu’il faut protéger les plus faibles et qu’il n’est pas acceptable que des pensionnaires d’Ehpad soient infectés par des soignants. D’autant que les personnels de santé doivent déjà se soumettre à des vaccins obligatoires, alors pourquoi en serait-il autrement pour le covid-19.
 

Au cabinet de Gérard Larcher, les échanges avec les différents groupes vont bon train et une quasi-unanimité se dessine autour de l’obligation vaccinale des soignants. Comme le confie un proche du président, « Gérard Larcher a toujours dit que la vaccination devrait s’imposer, si nécessaire, si la situation devenait critique. Et il semble que nous nous approchons de ce point critique. Les échanges vont se poursuivre ce week-end car le président veut faire en sorte que la majorité parle d’une seule voix ». Les sénateurs vont d’ailleurs s’appuyer sur les conclusions de la mission d’information pour dégager une position commune.
 

En revanche, sur l’élargissement du pass sanitaire, selon le cabinet du président, il n’y a pas d’avis arrêté. La chambre haute pourrait même laisser le gouvernement face à ses responsabilités en rappelant les limites de la démarche.

J’ai peur que cela crée des tensions supplémentaires

Pour Guillaume Gontard, président du groupe écologiste, cette consultation est beaucoup trop rapide. « On a à peine une semaine pour se décider alors que c’est un sujet sensible qui mériterait un vrai débat ». Le sénateur de l’Isère n’est, pour sa part, pas convaincu de l’intérêt d’une obligation vaccinale, que ce soit pour les soignants ou le grand public. « J’ai peur que cela crée des tensions supplémentaires et des divisions dans le pays. Et puis dans la pratique, comment mettez-vous cela en place ? J’ai de vrais doutes sur l’effet inverse que cela pourrait engendrer ».
 

Guillaume Gontard préférerait que l’exécutif fasse le choix de la pédagogie plutôt que de la contrainte. « 50 % de la population est aujourd’hui vaccinée d’une première dose. Et cela s’est fait sans obligation. Si on explique aux gens l’intérêt pour la nation, le risque du variant Indien, les choses se feront simplement. Il faut juste que le gouvernement ait un message clair, qui ne soit pas parasité par des avis contraires. »

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Vaccination obligatoire : « Il faut protéger les Français, y compris malgré eux », estime Hervé Marseille
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le