Vaccination : « On ne comprend pas sur quoi le gouvernement fonde ses décisions », critique Boris Vallaud
Le porte-parole du Parti socialiste (PS) était l’invité de la matinale de Public Sénat. Evoquant la campagne vaccinale, il regrette les retards qui sont pris et demande au gouvernement d’être plus transparent sur la gestion de cette opération.

Vaccination : « On ne comprend pas sur quoi le gouvernement fonde ses décisions », critique Boris Vallaud

Le porte-parole du Parti socialiste (PS) était l’invité de la matinale de Public Sénat. Evoquant la campagne vaccinale, il regrette les retards qui sont pris et demande au gouvernement d’être plus transparent sur la gestion de cette opération.
Public Sénat

Par Joseph Stein

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Nous sommes en retard, dans une Europe qui elle-même est à la peine face au Royaume-Uni, à Israël ou aux Etats-Unis », dénonce Boris Vallaud. Le député socialiste des Landes fait un constat sévère sur la manière dont se déroule la campagne vaccinale en France.

L’élu de gauche considère qu’elle avance par à-coups, alors qu’elle devrait être menée avec « constance » : « Je vois qu’il y a eu une grande campagne ce week-end mais cette semaine, les médecins généralistes ne peuvent pas commander de doses et ils ne pourront reprendre la vaccination que le 15 mars. » Cette semaine en effet, les doses sont réservées aux pharmaciens, auxquels on permet désormais d’administrer les vaccins contre la covid-19.

En décembre, le gouvernement avait annoncé que 14 millions de personnes seraient vaccinées d’ici le printemps. Pour l’instant, ce sont près de 3,8 millions de Français qui ont reçu leur première injection. Pour le porte-parole du PS, ce retard ne s’explique pas par les réticences du corps médical. « C’est important qu’il donne l’exemple », explique Boris Vallaud, « mais il ne faut pas l’obliger. Les soignants ne représentent pas l’essentiel du retard. »

Vaccination : « On ne comprend pas toujours sur quoi le gouvernement fonde ses décisions »
01:15

Pas d’explication concernant les différences entre départements

Le député des Landes s’interroge davantage sur les écarts de vaccination constatés entre départements : « D’un département à l’autre, il y a des différences dans le nombre de personnes vaccinées, qui ne s’expliquent pas par l’incidence de la maladie, ni par la part des plus de 75 ans. »

L’élu socialiste déclare qu’aucune explication n’a été donnée à ce sujet, suite à la lettre envoyée au Premier ministre par la députée PS Valérie Rabault la semaine dernière. Boris Vallaud entend interpeller à nouveau le gouvernement lors d’un débat sur la campagne vaccinale à l’Assemblée nationale : « Une bonne compréhension des mesures prises est nécessaire à l’adhésion du public et c’est vrai qu’on ne comprend pas toujours sur quoi le gouvernement fonde ses décisions. »

Le député PS invite également à se questionner au sujet du pass vaccinal. Il différencie son usage pour les voyages à l’étranger, qu’il considère justifié dans la mesure où « beaucoup de nos partenaires le mettent en place », de son recours pour accéder aux restaurants et autres lieux publics en France. « Là, c’est autre chose, parce qu’il faudrait que chacun ait pu être vacciné », met-il en garde.

Vaccination : Boris Vallaud plaide pour une « régionalisation des réponses »
01:14


« Donner des perspectives »

Par ailleurs, le porte-parole du PS indique que son parti plaide pour « différencier les réponses en fonction de la situation sanitaire des régions, en prévoyant des allègements quand c’est possible ».

Cependant, Boris Vallaud appelle avant tout le gouvernement, à l’exemple du Premier ministre britannique qui a fixé un calendrier de réouverture des lieux publics, à « donner des perspectives » aux Français. En France, le gouvernement « annonce souvent des dates, puis il dit qu’on croise les doigts. On ne peut pas fonder une politique sur le fait de croiser les doigts », fustige le député des Landes. La semaine dernière, le porte-parole du gouvernement a annoncé un possible retour « à la vie normale » à la mi-avril.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Conseil des Ministres Elysee
3min

Politique

Sondage : la présidentielle a déjà commencé pour une majorité de Français, qui approuvent l’organisation de primaires pour désigner les candidats

70% des Français estiment que la campagne en vue de la présidentielle 2027 est déjà lancée, d’après le baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat. Une large majorité, tous bords politiques confondus, juge aussi positivement l’organisation de primaires pour départager les concurrents d’un même camp, tandis que leur choix se fera en « priorité » sur la base du programme et de la personnalité des candidats.

Le

FRA – RN – LEGISLATIVES – CONF DE PRESSE BARDELLA
4min

Politique

Popularité : Jordan Bardella en baisse, mais toujours en tête, Bally Bagayoko fait jeu égal avec Jean-Luc Mélenchon, selon notre sondage Odoxa

La patron du Rassemblement national perd trois points dans le dernier baromètre d’Odoxa pour Public Sénat, mais domine toujours le classement de popularité des personnalités politiques devant Marine le Pen. Un palmarès au sein duquel le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko fait une entrée remarquée, à égalité avec Jean-Luc Mélenchon. De leur côté, Gabriel Attal et Bruno Retailleau enregistrent la meilleure percée du mois d’avril et se rapprochent d’Édouard Philippe.

Le

Prix du carburant jusqu a 2,74 euros sur l autoroute entre Nice et Cannes
8min

Politique

Carburants : la France se dirige-t-elle vers une « ère de pénurie énergétique » ?

Ce week-end, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a estimé que la France allait entrer « dans une ère de pénurie énergétique » si le blocage du détroit d’Ormuz se prolongeait encore deux mois. Un diagnostic que le chef de l’Etat a fermement contesté. Pour les experts, le risque de pénurie n’est pourtant pas à écarter et pourrait surtout se traduire par une hausse des prix.

Le