Vaccins : Cédric O estime qu’il y a « un problème avec le principe de précaution »
Invité d’Audition publique ce 7 juin 2021, le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, a estimé que le principe de précaution avait été « dévoyé » en France et qu’il avait constitué un frein pour le développement d’un vaccin contre le covid-19.

Vaccins : Cédric O estime qu’il y a « un problème avec le principe de précaution »

Invité d’Audition publique ce 7 juin 2021, le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, a estimé que le principe de précaution avait été « dévoyé » en France et qu’il avait constitué un frein pour le développement d’un vaccin contre le covid-19.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Initialement, Cédric O était interrogé par la sénatrice LR Christine Lavarde sur l’opportunité de développer un « Crisis Data Hub ». Cette plateforme de données, dont le croisement serait activable en cas de crise, aurait l’avantage de permettre des réponses très localisées en cas d’évènement majeur. C’est la conclusion d’un rapport de la délégation du Sénat à la prospective. Alors qu’il répondait sur « l’équilibre » trouvé par la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) sur les outils numériques développés pendant la crise du covid-19, le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique a progressivement débordé sur le développement des vaccins.

« L’approche qui est systématiquement prise par le risque dans la société française est un problème. Par exemple sur la question des vaccins […] je pense qu’il y a un problème avec le principe de précaution. On a dévoyé le principe de précaution en un principe d’inaction », a expliqué le secrétaire d’Etat, sur le plateau d’Audition publique (Public Sénat, LCP-Assemblée nationale, Le Figaro Live) ce 7 juin 2021. Et d’ajouter : « Le fait qu’il n’y ait pas de vaccin en France, il faut aussi se poser la question sur notre peur d’avoir des accidents, les surcontrôles qu’on met sur le processus de développement des biotechnologiques, etc. »

« Le cadre avec l’HAS et l’ANSM des essais cliniques est beaucoup trop contraignant »

Faisant le lien entre des « opportunités manquées » et une « application dogmatique » de ce principe de précaution, Cédric O a estimé que le cadre était plus rigide en France que chez d’autres partenaires. « Le cadre d’encadrement avec l’HAS [Haute Autorité de santé] et l’ANSM [Agence nationale de sécurité du médicament] des essais cliniques est beaucoup trop contraignant aujourd’hui par rapport à ce que fait la FDA aux Etats-Unis [le gendarme de la santé américain, ndlr], l’autorité anglaise, l’autorité belge ou allemande. »

Le secrétaire d’Etat a notamment affirmé relayer le constat des start-up de biotechnologique. « Pourquoi l’ensemble du secteur des biotechnologies considère qu’il est extrêmement compliqué de faire ces essais cliniques en France ? Pour une surapplication du principe de précaution. Ils le disent tous. » Le départ pour les Etats-Unis de Stéphane Bancel, PDG de Moderna, ou encore du prix Nobel de Chimie 2020, la Française Emmanuelle Charpentier, ne seraient pas étrangers à ce problème, selon lui. « C’est aussi lié au contexte autour du principe de précaution et de la minimisation systématique des risques qu’il y a dans la société française. Et c’est une des raisons majeures qui fait qu’aujourd’hui nous n’avons pas ce vaccin. »

Autre parlementaire face à Cédric O, le député socialiste Gérard Leseul, n’a pas du tout souscrit à cette analyse. « Ce principe de précaution est un bon principe », a expliqué l’élu de Seine-Maritime, cosignataire d’un rapport sur la stratégie vaccinale, né dans le cadre de l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques). Surpris par les déclarations du ministre, le député a rappelé que l’enthousiasme n’avait pas toujours été de mise avec les vaccins à ARN messager, aujourd’hui plébiscités. « Au mois de novembre, le gouvernement n’était pas extrêmement volontariste à développer ce type de vaccin. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Vaccins : Cédric O estime qu’il y a « un problème avec le principe de précaution »
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le