Vaccins obligatoires: feu vert des députés en commission
Les députés ont voté mercredi en commission l'extension des obligations vaccinales pour les jeunes enfants, après un vif débat,...

Vaccins obligatoires: feu vert des députés en commission

Les députés ont voté mercredi en commission l'extension des obligations vaccinales pour les jeunes enfants, après un vif débat,...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les députés ont voté mercredi en commission l'extension des obligations vaccinales pour les jeunes enfants, après un vif débat, certains élus, dont la LREM Blandine Brocard, mettant en avant le risque de renforcer la "défiance" des Français.

La mesure, prévue dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2018, prévoit de porter à onze le nombre de vaccins obligatoires à partir du 1er janvier, contre trois actuellement. Elle devra être revotée dans l'hémicycle, comme c'est d'usage pour les budgets.

Le sujet a suscité nombre d'interventions en commission des Affaires sociales, où la majorité des députés est intervenue en défense, comme Marie Tamarelle-Verhaeghe (LREM), médecin de profession, qui a pointé "un enjeu majeur de santé publique".

Mais sa collègue LREM Blandine Brocard (Rhône) a notamment défendu mordicus, en vain, un amendement de suppression. Tout en assurant être "pro-vaccination", elle a jugé que "le calendrier ne permet pas effectivement de poser un débat serein" compte tenu d'une "véritable défiance des Français", évoquant des études sur "une possibilité de liens entre la vaccination et des pathologies".

Cette juriste avait, début octobre, demandé publiquement un "moratoire" sur la mesure, lors d'une initiative avec des élus d'autres groupes. Cela lui avait valu un ferme rappel aux règles de prise de parole par le président de son groupe Richard Ferrand.

Le communiste Pierre Dharréville, pas non plus "anti-vaccins", a aussi défendu un amendement de suppression, s'interrogeant sur "la maîtrise de la puissance publique sur la distribution des vaccins face aux laboratoires pharmaceutiques", et jugeant qu'il n'y avait "pas de réponse satisfaisante sur les adjuvants aluminiques".

Le rapporteur, Olivier Véran (LREM), a répondu que "le temps de la concertation" avait eu lieu, et défendu "une mesure de prévention de santé publique" alors que la couverture vaccinale s'est "amoindrie" en France.

"Donnons-nous plus de temps (...) et comptons les personnes qui tombent des suites de maladies infectieuses", a grincé ce neurologue hospitalier, appelant aussi à "sortir du mythe des puissants lobbies qui nous guideraient".

"Stop à la désinformation", a martelé le chef de file LREM Thomas Mesnier, urgentiste, jugeant "malheureux de devoir rappeler" qu'en juin, une fille de 16 ans est morte de la rougeole, "ce qui est impensable en France en 2017".

Sur ce "sujet très conflictuel", Jean-Pierre Door (LR) a estimé que "plus on alimente le débat, plus on alimente le déni de la vaccination".

Sébastien Chenu (FN) a par ailleurs suscité de vives protestations en s'interrogeant sur la réapparition de certaines maladies, notamment dans les banlieues, et en faisant un lien avec la politique migratoire. Olivier Véran l'a accusé de vouloir "faire le buzz avec des +fake news+" et d'être "un vaccin non atténué contre l'extrême droite".

Les députés avaient auparavant voté sans modification l'alignement des conditions de ressources et montants de la Prestation d'accueil du jeune enfant (Paje) sur ceux plus bas du Complément familial, ou la revalorisation -prévue par décret- de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa).

Dans la soirée, ils ont achevé l'examen du texte, après avoir notamment adopté les mesures visant à développer la télémédecine.

Ils ont aussi prévu un rapport sur l'accès aux soins des personnes en situation de handicap et de précarité, à l'initiative d'élus de divers bords. Via un amendement porté par les socialistes de Nouvelle Gauche, un autre rapport a été demandé sur l'intégration de l'aide médicale d'Etat (AME) dans l'assurance maladie, mesure pour laquelle plaidait aussi Thomas Mesnier.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le