« Valérie Pécresse n’a pas eu besoin de se droitiser » pour se rapprocher d’Éric Ciotti, assure Patrick Stefanini
Invité vendredi de Public Sénat, Patrick Stefanini, le directeur de campagne de Valérie Pécresse, fraîchement investie par LR pour la présidentielle, a fait valoir le positionnement très à droite de la candidate sur les questions régaliennes. Par ailleurs, il estime que rien ne l'oblige à former un « ticket » avec Éric Ciotti, arrivé second lors du vote des adhérents.

« Valérie Pécresse n’a pas eu besoin de se droitiser » pour se rapprocher d’Éric Ciotti, assure Patrick Stefanini

Invité vendredi de Public Sénat, Patrick Stefanini, le directeur de campagne de Valérie Pécresse, fraîchement investie par LR pour la présidentielle, a fait valoir le positionnement très à droite de la candidate sur les questions régaliennes. Par ailleurs, il estime que rien ne l'oblige à former un « ticket » avec Éric Ciotti, arrivé second lors du vote des adhérents.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La barre à tribord toute ? Gagnante surprise du congrès LR pour l’investiture à la présidentielle, Valérie Pécresse a pu surprendre par certaines des propositions très à droite qu’elle a défendues durant la campagne, notamment sur l’immigration (instauration de quotas), la sécurité (armement des polices municipales) ou encore la justice (territorialisation des peines). Un cran néanmoins en dessous de la ligne identitaire défendue par Éric Ciotti, arrivé en seconde position lors de ce vote interne, et avec qui, désormais, la candidate doit composer pour garantir le rassemblement de sa famille politique. « J’entends dire qu’il y a un virage à droite récent de Valérie Pécresse, ça n’est pas vrai. Elle a toujours été très ferme sur les questions régaliennes », a tenu à rectifier son directeur de campagne, Patrick Stefanini, qui était invité vendredi d’ « Extra Local » sur Public Sénat.

Pas de droit du sang et de « Guantánamo à la française »

« On a gravement sous-estimé sa fermeté », relève ce spécialiste des campagnes électorales, artisan notamment du succès de François Fillon à la primaire de 2016. « Valérie Pécresse n’a pas eu besoin de se droitiser, l’accord avec Éric Ciotti n’a pas été difficile à construire », assure encore Patrick Stefanini. Pourtant, au soir de sa victoire, la présidente de l’Île-de-France avait indiqué qu’elle n’amenderait pas son programme. Avant de promettre, quelques jours plus tard, de « pimenter » son projet en y incluant des propositions du député des Alpes-Maritimes, qui avait fait savoir, face caméra, son mécontentement.

« Il y a de bonnes idées qui ont été émises par tous les candidats », reconnaît Patrick Stefanini. « Mais, pointe-t-il, Valérie Pécresse a dit qu’elle n’était ni pour le retour du droit du sang, ni pour le Guantánamo à la française (pour les djihadistes) ». Deux propositions phares du programme d’Éric Ciotti. Au-delà, « il n’y a pas de différences fondamentales », indique encore cet ancien préfet de Gironde.

Également Interrogé sur la place que pourrait occuper Éric Ciotti au gouvernement, dans l’hypothèse où Valérie Pécresse accéderait à l’investiture suprême, Patrick Stefanini estime que la candidate n’est tenue à rien : « Il n’y a pas de tradition française du shadow cabinet et du ticket », balaye-t-il.

La tentation Zemmour

Un élément a failli rompre l’unité affichée au sein des Républicains durant la campagne : la proximité revendiquée d’Éric Ciotti avec les idées défendues par Éric Zemmour. Si Éric Ciotti a tenu à réaffirmer sa fidélité à sa famille politique dans les minutes qui ont suivi la victoire de Valérie Pécresse, se pose néanmoins la question d’éventuels ponts entre les équipes de la candidate et le polémiste, susceptible de grignoter l’électorat LR sur son aile droite. Il n’a d’ailleurs pas manqué de lancer plusieurs appels aux militants après la défaite d’Éric Ciotti. Sur ce point, Patrick Stefanini tient à marquer la distance : « Je connais Éric Zemmour depuis longtemps, comme journaliste politique au début des années 1990, et ensuite comme polémiste, un exercice dans lequel il a fait preuve d’un certain talent, mais avec des idées et des références historiques qui ne sont pas les nôtres », conclut-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

« Valérie Pécresse n’a pas eu besoin de se droitiser » pour se rapprocher d’Éric Ciotti, assure Patrick Stefanini
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le