Campagne de Pécresse : sereins, les sénateurs souhaitent accélérer le calendrier
Dimanche 13 février, Valérie Pécresse tiendra un premier grand meeting au Zénith de Paris pour (re) lancer une campagne qui a du mal à décoller. Ses soutiens au Sénat veulent simplement y voir le symptôme du « faux rythme » d’une campagne qui va s’accélérer. Mais les semaines passent et l’accélération promise se fait attendre.

Campagne de Pécresse : sereins, les sénateurs souhaitent accélérer le calendrier

Dimanche 13 février, Valérie Pécresse tiendra un premier grand meeting au Zénith de Paris pour (re) lancer une campagne qui a du mal à décoller. Ses soutiens au Sénat veulent simplement y voir le symptôme du « faux rythme » d’une campagne qui va s’accélérer. Mais les semaines passent et l’accélération promise se fait attendre.
Louis Mollier-Sabet

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Au sein la majorité sénatoriale, on ne veut pas non plus faire du meeting de dimanche au Zénith de Paris le juge de paix de la campagne de Valérie Pécresse. « C’est l’occasion de continuer l’action qui est menée » tempère Philippe Mouiller (LR), quand on l’interroge sur l’importance de ce premier grand meeting dans la dynamique de campagne de Valérie Pécresse. Le sénateur LR des Deux-Sèvres, chargé du financement de campagne, affiche une certaine sérénité, mais admet la nécessité « d’accélérer » le calendrier : « Le mois de janvier a été consacré à imposer la stature de future cheffe de l’Etat. Le mois de février est la période où il y a des projets qui sortent. On est dans une période d’accélération de la campagne, avant une cristallisation qui va arriver début mars. »

« La vraie campagne de confrontation commence maintenant »

D’après Philippe Mouiller, pas d’inquiétudes, « la vraie campagne de confrontation commence maintenant. » Même son de cloche chez Stéphane Piednoir (LR), qui ne s’inquiète pas de la dynamique de campagne de Valérie Pécresse. : « La campagne n’a pas de mal à décoller, ce sont des passages obligés. Il faut mobiliser l’ensemble de l’électorat, pas seulement les militants, ces grands meetings sont un signal. » Mais le sénateur du Maine-et-Loire le concède, cette campagne a du mal à démarrer : « Ces grands meetings se font un peu plus rares. La campagne est différente vu le contexte, mais aussi parce que les pratiques politiques changent, les moyens de communication aussi. On voit dans les réunions locales que des choses sont liées au contexte covid, on a des jauges, les gens sont un peu plus réticents à participer à des grandes réunions. »

Au-delà du contexte sanitaire, la non-déclaration de candidature d’Emmanuel Macron impose une forme d’attente – voire d’attentisme – à ses adversaires : « On a un candidat-président qui ne l’est pas vraiment qui joue un peu avec la montre. C’est classique, mais ça fausse la nature de cette compétition. » Stéphane Piednoir est beau joueur, il n’empêche qu’en retardant son entrée dans la course, Emmanuel Macron met la campagne sous cloche. La programmation de grands meetings chez tous les principaux concurrents du Président sortant n’y trompe pas. Tant Marine Le Pen à Reims et Éric Zemmour à Lille le week-end dernier, que Valérie Pécresse à Paris et Jean-Luc Mélenchon à Montpellier le week-end prochain, ont compris qu’il était d’urgent pour eux d’entrer dans une nouvelle phase de la campagne, s’ils voulaient nourrir l’espoir de battre Emmanuel Macron. « Il y a une espèce de faux rythme dans cette campagne que des meetings peuvent tenter de rompre », conclut Stéphane Piednoir.

« Ce ne sont pas les salles remplies qui font les élections gagnées »

Les grands meetings, c’est aussi une occasion d’afficher ses soutiens et de rassembler – voire d’élargir – son camp. Or il manquera un invité de taille au Zénith de Paris dimanche prochain, l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy, encore très populaire chez les militants et influent à la droite de l’échiquier politique français. Voire un peu au-delà compte tenu de son rôle auprès d’Emmanuel Macron. « Je ne suis pas inquiet. Il a son propre calendrier, on voit bien les relations étroites qu’il y a entre lui et Valérie Pécresse », rassure Philippe Mouiller, qui s’empresse quand même de minimiser l’importance du soutien de l’ancien chef de l’Etat : « Ce qui nous importe, c’est la mobilisation de tous les militants. Sarkozy est un nom important, mais aujourd’hui il y aura beaucoup de personnalités autour de Valérie Pécresse. »

Stéphane Piednoir se montre lui confiant sur le soutien futur de Nicolas Sarkozy à la présidente de la région Île-de-France, qui se fera selon son propre calendrier : « Je ne connais pas l’agenda de Nicolas Sarkozy, il a sans doute des raisons pour attendre de faire connaître son choix. Je n’ai aucun doute sur ses convictions et le fait qu’il soutiendra notre candidate en définitive. » Globalement, les soutiens de Valérie Pécresse au Sénat ne veulent pas donner trop d’importance au rendez-vous de dimanche, qui ne devrait pas déterminer, ou le succès, ou l’échec de la campagne de Pécresse : « Ce ne sont pas les salles remplies qui font les élections gagnées. » Ce ne sont pas les salles vides non plus.

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