Valls en Marche forcée pour les législatives
Manuel Valls a pris les devants, ce matin, en annonçant qu’il serait « candidat de la majorité présidentielle » pour les législatives. L’entourage d’Emmanuel Macron rappelle à l’ancien Premier ministre n’est pas (encore) investi par « La République en marche ».

Valls en Marche forcée pour les législatives

Manuel Valls a pris les devants, ce matin, en annonçant qu’il serait « candidat de la majorité présidentielle » pour les législatives. L’entourage d’Emmanuel Macron rappelle à l’ancien Premier ministre n’est pas (encore) investi par « La République en marche ».
Simon Barbarit

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

On s’en doutait, c’est désormais confirmé. Manuel Valls brigue l’étiquette  « La République en marche » pour sa candidature à l’élection législative dans la première circonscription de l'Essonne. «Parce que je suis un républicain, parce que je suis un homme de gauche, parce que je reste socialiste, parce que je ne vais pas renier 30 ans d'engagement de vie politique, parce que j'ai aussi exercé les responsabilités, parce que je sais que gouverner la France est difficile... Je ne suis pas en embuscade, je veux la réussite d'Emmanuel Macron» a commencé à justifier l’ancien Premier ministre invité d’RTL ce matin, avant de lâcher la nouvelle : « Je serai candidat de la majorité présidentielle et je souhaite m'inscrire dans ce mouvement qui est le sien, La République en marche ».

Problème. L’ancien Premier ministre n’est pas passé par la voie officielle du mouvement« La République en marche » pour faire acte de candidature.  Un « oubli » instantanément brocardé par les proches d’Emmanuel Macron. « La bannière sur laquelle les candidats aux législatives iront s'appelle la République en marche (...) la procédure est la même pour tout le monde, il lui reste 24 heures » lui a rappelé sur Europe 1, Benjamin Griveaux, porte-parole « d'En Marche! ». « Soutien ne vaut pas investiture » confirme Jean-Paul Delevoye, président de la commission nationale d’investiture. « Nous allons vérifier s’il a déposé sa candidature ou non. La règle s’applique à tous y compris pour M. Valls. Nous avons déjà arrêté, d’ailleurs, sur la circonscription de Manuel Valls, une candidate » a-t-il ajouté en prévenant que si Manuel Valls ne passe pas par la voie définie par le mouvement « il aura une candidate ou un candidat en face de lui ». 

Christophe Castaner, porte-parole d’Emmanuel Macron durant la campagne est, lui, plus optimiste sur le cas Manuel Valls. « Je pense qu'il a des chances. Emmanuel Macron s'est prononcé la semaine dernière en particulier sur le cas de Manuel Valls, Manuel a décidé de faire un choix, celui de quitter le Parti socialiste, d'assumer une transgression dans sa propre histoire (...) et c'est légitime que nous l'entendions et que nous l'écoutions » a-t-il déclaré. 

Au Parti socialiste, c’est peu dire que l’annonce de Manuel Valls a crée des remous, le jour même où le bureau national du parti doit définir sa plateforme programmatique pour les législatives. En effet, du côté de « La République en marche », Richard Ferrand a précisé, hier, « que le rattachement administratif »  était certes « incontournable », mais que les élus pouvaient néanmoins conserver leur carte d'adhérent au Parti socialiste ou chez Les Républicains par exemple. Au PS, la possibilité d’une double étiquette des candidats a été rejetée. Le Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a souligné mardi qu'il était « impossible » à Manuel Valls d'avoir à la fois sa carte d'adhérent au PS et de briguer l'investiture La République en marche. D’autant  plus qu’en déclarant, ce matin que le Parti socialiste était « mort », Manuel Valls  se pose clairement dans une stratégie d’alliance avec la future majorité présidentielle. Un choix en opposition avec la ligne de Benoît Hamon et ses proches. Alexis Bachelay, soutien de Benoît Hamon, a acté, ce mardi, le départ de Manuel Valls du PS, affirmant qu’il s'en allait « pour des raisons de carrière et d'opportunisme ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Valls en Marche forcée pour les législatives
3min

Politique

« Scroller sur son téléphone tue l’empathie, on est anesthésié », Tina Kieffer

Journaliste de renom passée par « Frou Frou » et les rédactions engagées de « Marie Claire » et « DS Magazine », elle a mis l’engagement humanitaire au cœur de sa vie après la rencontre bouleversante d’une petite fille cambodgienne. Une petite fille qui deviendra sa fille adoptive et qui donnera son nom à l’école « Happy Chandara ». L’établissement fête cette année ses 20 ans, il est aujourd’hui un campus et il forme des milliers de filles, petites et grandes, qui participent activement à la reconstruction d’un pays meurtri par le génocide et la dictature des Khmers rouges. Cette semaine, Tina Kieffer est l’invitée de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.

Le

Valls en Marche forcée pour les législatives
3min

Politique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.

Le

Valls en Marche forcée pour les législatives
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le