Valls envoie des signaux pour un éventuel retour en politique en France
Manuel Valls, ancien Premier ministre, ex-PS, aujourd'hui conseiller municipal de Barcelone, envoie depuis plusieurs semaines des...

Valls envoie des signaux pour un éventuel retour en politique en France

Manuel Valls, ancien Premier ministre, ex-PS, aujourd'hui conseiller municipal de Barcelone, envoie depuis plusieurs semaines des...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK, Paul AUBRIAT

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Manuel Valls, ancien Premier ministre, ex-PS, aujourd'hui conseiller municipal de Barcelone, envoie depuis plusieurs semaines des signaux montrant son désir de revenir faire de la politique en France, même s'il assure n'être "candidat à rien".

Après une interview le 28 février dernier au Parisien, dans laquelle il affirmait qu'il ne manquerait "jamais d'être utile aux Français", c'est dans les colonnes du Monde que ce Franco-Espagnol, parti en vain en 2018 à la conquête de la mairie de Barcelone, lance un nouveau ballon d'essai.

Vendredi, M. Valls a confirmé à l'AFP qu'il participerait le 28 mars à un débat à l'Assemblée nationale sur la question du "populisme". En avril, il assistera à un colloque sur le Moyen-Orient (notamment l'islamisme), organisé par La règle du jeu, revue fondée par Bernard-Henri Lévy.

"Je ne suis pas en exil, je n'ai pas disparu et viens régulièrement à Paris", a-t-il dit au Monde. Avant d'ajouter : "Je n'ai pas rompu avec cette ville, ni avec la politique française", mais "je ne suis candidat à rien. Je n'ai pas de plan".

Interrogé sur une éventuelle entrée au gouvernement - un remaniement n'étant pas à exclure après les municipales - l'ex-chef du gouvernement opte pour la prudence, tout en manifestant son intérêt. "Je n'exclus rien et ne sais pas de quoi sera fait l'avenir", dit-il. Et il ajoute : "je considère qu'à 57 ans je ne suis pas totalement terminé".

Alors que ses relations avec Emmanuel Macron étaient extrêmement tendues quand lui était Premier ministre et M. Macron ministre de l'Economie, il affirme aujourd'hui avoir des "contacts réguliers" et des relations "apaisées" avec le chef de l'Etat, que l'ex-député apparenté LREM a soutenu dès 2017.

Suffisamment apaisées pour qu'Emmanuel Macron veuille en faire un ministre? "Il y a des faiblesses au sein du gouvernement. Valls est un bon politique. Or, l'un des gros problèmes de Macron, c'est quand même une certaine difficulté à disposer de personnalités, c'est son isolement, il a du mal à trouver des alliés", remarque un ancien député vallsiste, ex-PS et aujourd'hui LREM.

Le même insiste : "La contrepartie du renouvellement, c'est une forme d'amateurisme. Peut-être faut-il des valeurs sûres".

- "Ça a fait plutôt flop" -

Avec sa solide expérience d'élu (maire d'Evry, député de l'Essonne) et de ministre (Intérieur et Matignon), Manuel Valls pourrait avoir le profil requis pour le deuxième temps du quinquennat. A Evry, dont il fut maire de 2001 à 2012, les élus locaux jugeaient favorablement le bilan de cet "homme à poigne".

La "poigne" fut également l'une des qualités que lui reconnurent ses pairs quand il se retrouva propulsé à l'Intérieur en 2012, dans la foulée de la victoire de François Hollande et qui lui valut, avec sa popularité d'alors, le surnom de "Sarkozy de gauche".

"Si tes camarades ne te bouffent pas tout cru, tu finiras un jour président", lui avait prédit (en substance), Sarkozy en 2007, après qu'il eut, en vain, essayé de le recruter dans le cadre de sa politique d'ouverture.

Aujourd'hui, "je pense que les Français ne l'attendent pas", cingle Gilles Savary, lui aussi ex-député ex-PS et à présent investi dans "un pôle de gauche" de la macronie, "Territoires et progrès". "Je ne suis pas sûr que les circonstances soient réunies pour qu'il revienne", insiste-t-il, avec "la façon dont il s'y est pris...".

L'ex-socialiste fait notamment allusion aux allers-retours de M. Valls entre Paris et Barcelone, et ses déclarations qui changent selon qu'il est en France ou en Espagne. S'il parle aujourd'hui de la France comme étant sa "seule patrie", il jurait, en 2018, que "quoi qu'il arrive", il resterait "à Barcelone".

"Je ne crois plus du tout aux retours en politique", tranche Julien Bargeton, sénateur LREM, ex-PS. "En interne" à La République ne marche, les déclarations de Valls au Monde, "ça a fait plutôt flop".

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