Valls et Juppé : deux manières de réagir face à la défaite
La défaite en politique est un moment délicat pour le vaincu. En un temps très court, il doit faire face aux médias, quitter la scène sans insulter l’avenir et, dans le cas d’une primaire interne, mettre en place les éléments de langage lui permettant de projeter le vainqueur dans une dynamique favorable pour la suite de la campagne, en lui souhaitant notamment bonne chance.

Valls et Juppé : deux manières de réagir face à la défaite

La défaite en politique est un moment délicat pour le vaincu. En un temps très court, il doit faire face aux médias, quitter la scène sans insulter l’avenir et, dans le cas d’une primaire interne, mettre en place les éléments de langage lui permettant de projeter le vainqueur dans une dynamique favorable pour la suite de la campagne, en lui souhaitant notamment bonne chance.
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Par Guillaume Gosalbes

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Un discours en trois temps

Battu par Benoît Hamon lors du second tour de la primaire de la Belle Alliance, Manuel Valls s’est livré à cet exercice compliqué. L’ancien Premier ministre s’est tout d’abord montré souriant « tel un boxeur qui vient de livrer un combat et qui est soulagé que celui-ci se termine » comme le relève Pierre Prévôt-Leygonie, conseiller en communication. Puis il a disséminé dans son discours des messages subliminaux à destination du vainqueur, « comme un boxeur qui revient à la charge ».

Dans un troisième temps, Manuel Valls évoque sa famille. Un moyen de « s’humaniser, mais sans céder » pour Sébastien Bohler, journaliste spécialiste en neurosciences et rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho. Pour lui, cette manière de rester maître de sa personne peut notamment s’expliquer par le fait que le candidat a eu une semaine pour se préparer à une éventuelle défaite.

Extrait - Déshabillons-les - La défaite en politique
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Alain Juppé et la dénégation du regret

Tout le contraire d’Alain Juppé, qui, pour Sébastien Bohler, ne vit pas la défaite de la même façon. Une débâcle inattendue et synonyme de fin du rêve présidentiel, pourtant mise en perspective par le maire de Bordeaux quelques semaines après cet échec à la primaire de la droite et du centre lors de ses vœux adressés à la presse. Ce dernier affirme alors tirer les leçons de son échec et n’en garder « ni regrets ni amertume ».

Une réaction qui résulte d’une dénégation du regret pour Sophie Cadalen. D’après la psychanalyste, « avoir à ce point besoin de le préciser, si nettement, si assurément, laisse à penser que bien sûr il y a des regrets, de la rancœur, de la rage » chez Alain Juppé. Des sentiments que le candidat malheureux tente de ravaler en citant Les vertus de l’échec de Charles Pépin. Un livre qui amène le lecteur à tirer parti de ses échecs pour mieux rebondir et accéder à la réussite, comme le rappelle Christian Delporte, professeur d’histoire politique à l’université de Versailles- Saint-Quentin.

Manuel Valls déjà tourné vers 2022 ?

Accepter la défaite, prendre du recul pour mieux rebondir et se réinventer, tel est le credo de l’ancien Premier ministre comme l’explique Sébastien Bohler : «  Il a intégré le fait que la défaite est une chose dans sa vie, qu’elle fait partie de la vie politique et qu’elle ne le marque pas au fer rouge ».

Si cette campagne présidentielle est, pour Alain Juppé, la fin d’une ambition, c’est au contraire le début de quelque chose pour Manuel Valls. Pour Christian Delporte, le maire d’Evry « va prendre du recul, ce qui est la meilleure façon de rebondir et de revenir ».

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