Venezuela : « Tout contrevient au droit international dans cette affaire », relève Sébastien Lecornu

Interrogé aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat sur la stratégie de la France face aux velléités impérialistes des Etats-Unis au Venezuela et demain au Groenland, Sébastien Lecornu a rappelé que le prochain débat au Parlement sur le sujet, prévu dans les 15 jours, permettra d’aborder la question de l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Plusieurs jours après l’opération militaire américaine au Venezuela et la capture de son président, Nicolás Maduro, la présidente du groupe communiste du Sénat, Cécile Cukierman a demandé, aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat, quand « la France allait condamner clairement » cette intervention.

« Des questions sur notre autonomie stratégique »

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu a convenu : « Tout contrevient au droit international dans cette affaire », aussi bien « l’opération militaire en tant que telle » des Etats-Unis que « la nature » du régime vénézuélien. « Mais ce n’est pas parce que tout est illégal qu’il faut se décourager de défendre le droit » d’autant plus en tant que membre du Conseil de Sécurité de l’ONU, », a-t-il souligné.

Sébastien Lecornu s’est également réjoui « de voir qu’un autre avenir est possible pour le peuple vénézuélien ». Comme il s’y était engagé hier devant les députés, un débat en application de l’article 50-1 de la Constitution, « aura lieu » au Parlement sur l’opération américaine « le plus rapidement possible, c’est-à-dire sous 15 jours », a-t-il précisé. « Ce débat doit aussi être un moment ou on doit se poser des questions sur notre autonomie stratégique, voir pourquoi la réaction européenne n’a pas été aussi rapide et forte qu’attendue et se poser les bonnes questions de ce qu’il faut adapter selon les circonstances », a-t-il esquissé.

Le président du groupe écologiste, Guillaume Gontard s’est à son tour ému des velléités impérialistes des Etats-Unis au Venezuela et demain au Groenland. « Dans quelle dystopie sommes-nous entrés, pour que la défense du droit international devienne l’exception ? ». Le sénateur a appelé à une réponse militaire par le renforcement du pilier européen de l’Otan, et diplomatique en tenant le prochain Conseil européen au Groenland « pour dire clairement que ce territoire n’est pas négociable ».

« Faire Nation »

Sébastien Lecornu a reconnu que le sujet « était celui de la « crédibilité » et de la « cohérence entre notre modèle de défense et notre diplomatie ». « La question de la sécurité va être déterminante et englober d’autres combats, agricoles, énergétiques, les questions culturelles numériques et intellectuelles », a-t-il poursuivi, citant les éléments de la souveraineté française.

Malgré la proximité d’échéances électorales majeures en France, le Premier ministre a appelé « à faire Nation ». « Et la question qui me préoccupe le plus, c’est : est-ce qu’on en a vraiment envie ? Nos grands anciens, gaullistes et communistes pendant la guerre froide […] ont quand même su tracer un chemin pour prendre les bonnes décisions », a-t-il pris comme référence.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Simone Veil
9min

Politique

Bernadette Chirac, l’ancienne Première dame, est morte à 93 ans 

L’épouse du président Jacques Chirac, lui-même disparu en 2019, est morte vendredi 5 juin dans la soirée à 93 ans, annonce sa fille Claude à l’AFP. L’ancienne Première dame qui a progressivement pris la lumière durant les années passées à l’Elysée, a aussi mené une longue carrière d’élue locale, d’abord dans l’ombre de son mari, puis de manière indépendante.

Le

France Missing Girl
7min

Politique

Affaire Lyhanna : « Il y a une chaîne judiciaire qui n’a pas fonctionné, c’est assez accablant », affirme Isabelle Florennes

Depuis les révélations autour du profil de Jérôme Barella mis en examen pour enlèvement et séquestration de Lhyanna dans le Gers le 29 mai, la classe politique jusqu’à Emmanuel Macron pointe les failles de la justice. Les sénateurs attendent que les résultats de l’enquête administrative diligentée par le gouvernement leur soient présentés dans les semaines à venir.

Le

PARIS Gerald Darmanin place Vendome
4min

Politique

Affaire Lyhanna : que dit la circulaire de Gérald Darmanin de 2025 ?

Une semaine après la disparition de la jeune Lyhanna à Fleurance, Gérald Darmanin dénonce les « dysfonctionnements » de l’État dans le suivi du principal suspect, actuellement mis en examen. Le ministre de la Justice fait notamment référence à sa circulaire de politique pénale générale, envoyée en janvier 2025, où il appelait au « traitement prioritaire » des violences sur enfants. Celle-ci n’aurait pas été respectée.

Le