Plusieurs jours après l’opération militaire américaine au Venezuela et la capture de son président, Nicolás Maduro, la présidente du groupe communiste du Sénat, Cécile Cukierman a demandé, aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat, quand « la France allait condamner clairement » cette intervention.
« Des questions sur notre autonomie stratégique »
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu a convenu : « Tout contrevient au droit international dans cette affaire », aussi bien « l’opération militaire en tant que telle » des Etats-Unis que « la nature » du régime vénézuélien. « Mais ce n’est pas parce que tout est illégal qu’il faut se décourager de défendre le droit » d’autant plus en tant que membre du Conseil de Sécurité de l’ONU, », a-t-il souligné.
Sébastien Lecornu s’est également réjoui « de voir qu’un autre avenir est possible pour le peuple vénézuélien ». Comme il s’y était engagé hier devant les députés, un débat en application de l’article 50-1 de la Constitution, « aura lieu » au Parlement sur l’opération américaine « le plus rapidement possible, c’est-à-dire sous 15 jours », a-t-il précisé. « Ce débat doit aussi être un moment ou on doit se poser des questions sur notre autonomie stratégique, voir pourquoi la réaction européenne n’a pas été aussi rapide et forte qu’attendue et se poser les bonnes questions de ce qu’il faut adapter selon les circonstances », a-t-il esquissé.
Le président du groupe écologiste, Guillaume Gontard s’est à son tour ému des velléités impérialistes des Etats-Unis au Venezuela et demain au Groenland. « Dans quelle dystopie sommes-nous entrés, pour que la défense du droit international devienne l’exception ? ». Le sénateur a appelé à une réponse militaire par le renforcement du pilier européen de l’Otan, et diplomatique en tenant le prochain Conseil européen au Groenland « pour dire clairement que ce territoire n’est pas négociable ».
« Faire Nation »
Sébastien Lecornu a reconnu que le sujet « était celui de la « crédibilité » et de la « cohérence entre notre modèle de défense et notre diplomatie ». « La question de la sécurité va être déterminante et englober d’autres combats, agricoles, énergétiques, les questions culturelles numériques et intellectuelles », a-t-il poursuivi, citant les éléments de la souveraineté française.
Malgré la proximité d’échéances électorales majeures en France, le Premier ministre a appelé « à faire Nation ». « Et la question qui me préoccupe le plus, c’est : est-ce qu’on en a vraiment envie ? Nos grands anciens, gaullistes et communistes pendant la guerre froide […] ont quand même su tracer un chemin pour prendre les bonnes décisions », a-t-il pris comme référence.