Vers un nouveau référendum en Nouvelle-Calédonie ? « Cela fera partie des choses qui seront discutées », selon Hervé Marseille

Au micro de Public Sénat, le chef de file des sénateurs centristes appelle à trouver « une perspective », et « aller plus loin dans le dialogue », face à la situation extrêmement tendue en Nouvelle-Calédonie.
Alexis Graillot

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Alors que l’exécutif a annoncé l’état d’urgence et un couvre-feu en Nouvelle-Calédonie, à la suite de la crise qui traverse l’archipel, tous les yeux sont désormais tournés vers les suites qui seront accordées au projet de loi constitutionnelle élargissant le corps électoral, voté à l’Assemblée nationale, comme au Sénat.

A ce titre, le sénateur des Hauts-de-Seine « espère » que l’état d’urgence permettra de « rétablir la paix et la sérénité », qualifiant le retour au calme d’« impératif n°1 » et de « préalable », face à une situation « quasi insurrectionnelle ». « Que chacun prenne ses responsabilités », a-t-il lancé.

« Aller plus loin dans le dialogue »

Pour autant, Hervé Marseille ne souhaite pas la mise en place d’une réponse tout sécuritaire, appelant à « chercher la voie du dialogue ». « Le dialogue est indispensable », estime-t-il, se refusant à employer le terme de « mafieux », utilisé par Gérald Darmanin, pour parler de la branche indépendantiste extrémiste du CCAT. « Il faut ramener la paix, ce n’est pas en dénonçant qu’on va arrêter les choses », rappelle-t-il à l’ordre, tout en jugeant que « le projet de loi, tel que [les sénateurs l’ont] voté au Sénat permet » la mise en place d’un tel dialogue.

De fait, il se montre défavorable à la suspension immédiate du projet de loi, étant donné que « Le texte permet à tout moment, même quelques jours avant les élections territoriales (NDLR : prévues initialement en mai, reportées au plus tard le 15 décembre 2024), s’il y a un compromis, de tout suspendre et de reporter ces élections l’année prochaine, en incorporant l’accord qui serait intervenu ».

S’il avance que « le corps électoral fait partie des accords qu’il y a toujours eu depuis les accords de Matignon », et estime « normal » que celui-ci soit élargi, il juge nécessaire « qu’on trouve une perspective ». A cet égard, à la question de la tenue d’un nouveau référendum, le sénateur des Hauts-de-Seine estime que « cela fera partie des choses qui seront discutées ».

Enfin, il ne souhaite pas se prononcer sur la nomination éventuelle d’une personnalité indépendante, qui pourrait récupérer le dossier, renvoyant la balle dans le camp de l’exécutif.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Emmanuel Gregoire presentation programme elections municipales
9min

Politique

Metro 24h/24, « refondation du périscolaire », logements sociaux, goûter gratuit : Emmanuel Grégoire présente son projet pour les municipales à Paris

Le candidat de la gauche unie, hors LFI, mise sur un projet classique de gauche, mêlant mesures sociales et écologiques. Il récuse les attaques de la droite sur le manque de sérieux budgétaire et renvoie « Rachida Dati et Sarah Knafo » dos à dos. Pour le socialiste, ce sont « les deux faces d’une même pièce ».

Le

CONSEIL MUNICIPAL DE TOULOUSE
6min

Politique

Municipales 2026 :  près d’un maire sortant sur deux a hésité ou renoncé à se représenter

Organisée à quelques semaines des élections municipales, une consultation Ipsos bva pour le Sénat souligne l'incertitude de près de la moitié des maires sur une nouvelle candidature. La difficulté de concilier mandat et vie privée est largement invoquée, mais d’autres motivations sont régulièrement citées, comme les violences verbales ou physiques et le manque de reconnaissance.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
6min

Politique

Budget : la saisine du Conseil constitutionnel par Sébastien Lecornu « interroge » au Sénat

Inédit dans l’histoire récente, le Premier ministre a saisi lui-même le Conseil constitutionnel sur le budget. Sébastien Lecornu s’interroge notamment sur la solidité juridique de dispositifs, portant sur des niches fiscales et taxation de grandes entreprises. Les socialistes craignent la remise en cause à retardement d’éléments constitutifs du pacte de non-censure.

Le

Vers un nouveau référendum en Nouvelle-Calédonie ? « Cela fera partie des choses qui seront discutées », selon Hervé Marseille
6min

Politique

Jeux vidéo : « Le harcèlement ne s’est arrêté que lorsqu’un homme a pris la parole » témoigne la streameuse Ultia

Alors que les femmes représentent aujourd’hui la moitié des joueurs de jeux vidéo, elles ne constituent qu’environ 10 % des streamers sur les grandes plateformes. Lors d’une table ronde organisée par la délégation aux droits des femmes, au Sénat, streameuses, journalistes et professionnelles du secteur ont dressé un constat sévère : le streaming, devenu un véritable espace de travail et de carrière, reste structuré par des violences sexistes, racistes et économiques qui freinent, voire brisent, les trajectoires des femmes.

Le