Vers un rejet du budget 2022 au Sénat : « Non seulement il est insincère, mais mal foutu », dénonce Roger Karoutchi
La majorité sénatoriale de la droite et du centre se dirige vers un rejet du projet de loi de finances 2022 présenté par le gouvernement. Invité vendredi de la chaîne parlementaire, le vice-président LR du Sénat, Roger Karoutchi invoque de nombreuses dépenses non prises en compte par le texte.

Vers un rejet du budget 2022 au Sénat : « Non seulement il est insincère, mais mal foutu », dénonce Roger Karoutchi

La majorité sénatoriale de la droite et du centre se dirige vers un rejet du projet de loi de finances 2022 présenté par le gouvernement. Invité vendredi de la chaîne parlementaire, le vice-président LR du Sénat, Roger Karoutchi invoque de nombreuses dépenses non prises en compte par le texte.
Romain David

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C’est un temps fort parlementaire de l’automne : chaque année, la discussion sur le budget de l’exercice à venir occupe les parlementaires pendant de longues semaines en novembre et en décembre. Mais cette fois, les discussions pourraient tourner court au Sénat. La majorité de droite et du centre s’achemine vers un rejet du projet de loi de finances (PLF) 2022, dénoncé par de nombreux élus comme électoraliste à six mois du scrutin présidentiel. « Quand on vous ment, ça ne sert pas à grand-chose de discuter », a expliqué vendredi, au micro de « Parlement Hebdo » sur Public Sénat et LCP, le sénateur LR Roger Karoutchi, également vice-président du Sénat.

« Ce budget est non seulement insincère, mais mal foutu », dénonce l’élu qui pointe les dépenses tous azimuts de l’exécutif, preuves selon lui d’un manque criant de rigueur. « De juillet à novembre, on a compté 42 annonces présidentielles hors budget pour un total de 25 milliards », dénonce Roger Karoutchi, qui estime que les promesses faites par le chef de l’Etat aboutiront nécessairement à des réajustements dans les prochains mois. C’est un exercice délicat de couture auquel se plie régulièrement l’exécutif, quelle que soit la majorité au pouvoir : intégrer les dérapages financiers au tableau prévisionnel des recettes et dépenses sous la forme de projets de loi de finances rectificative.

Un amendement à 34 milliards d’euros

Mais pour Roger Karoutchi, le pouvoir actuel a largement abusé du procédé. « Au niveau budgétaire, depuis le début de l’année c’est le bazar. On en est à la quatrième loi rectificative sur des milliards », pointe-t-il. « On vous présente un budget, on vous le fait discuter, voter, et puis dans l’année on vous change la totalité des éléments sur dix ou quinze milliards », rapporte le sénateur qui attribue moins ces dérapages à la seule crise sanitaire qu’aux atermoiements de l’exécutif.

Il en veut pour preuve l’amendement à 34 milliards d’euros – le plus cher de l’histoire de la Ve République – ajouté par le gouvernement au PLF pendant l’examen à l’Assemblée nationale, afin de financer le plan d’investissements France 2030. « Franchement, c’est un détournement complet de la procédure ! », s’étrangle Roger Karoutchi. « Ce plan de relance aurait mérité à lui seul deux jours de débats au Sénat et deux jours de débats à l’Assemblée. »

La position de LR fait écho à l’avis du Haut conseil des finances publiques, qui a estimé manquer d’information, notamment sur certaines annonces faites par le président de la République depuis la rentrée, pour offrir une évaluation complète du budget 2022. Comme vous l’expliquait Public Sénat mercredi, c’est le rejet d’un « article d’équilibre » situé à la fin de la première partie du PLF – et qui ne sera pas examiné avant mardi – qui devrait permettre à la Chambre Haute de faire tomber l’ensemble du texte.

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