Vers un vote large à l’Assemblée pour le chapitre recettes du budget Macron
Etape symbolique, le vote des recettes du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur le financement...

Vers un vote large à l’Assemblée pour le chapitre recettes du budget Macron

Etape symbolique, le vote des recettes du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur le financement...
Public Sénat

Par Isabelle CORTES et Charlotte HILL

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Etape symbolique, le vote des recettes du premier budget du quinquennat Macron, avant le démarrage des débats sur le financement de la Sécu, s'annonce sans encombre mardi à l'Assemblée, mais la majorité reste confrontée à l'accusation persistante de "cadeaux aux riches".

Ce scrutin, dans le sillage du vote sur la programmation des finances publiques jusqu'en 2022, va clore une semaine de débats passionnés sur plusieurs mesures emblématiques, comme la transformation de l'ISF en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) ou la fin progressive de la taxe d'habitation pour 80% des ménages.

Si socialistes, communistes et Insoumis voteront contre, comme le groupe LR pour d'autres raisons, et que les Constructifs LR-UDI s'abstiendront très majoritairement, cela n'empêchera pas La République en marche et son allié du MoDem d'avoir une majorité très large lors de cette première lecture.

Les ministres des Finances Bruno Le Maire et des Comptes Publics Gérald Darmanin (tous deux issus de LR) n'ont cessé de défendre un budget de "transformation", mais aussi la volonté d'ancrer la France sous la barre des 3% de déficit pour retrouver de "la crédibilité" en Europe, à l'heure où Paris plaide pour une réforme d'ampleur.

Avec l'instauration d'un prélèvement forfaitaire unique de 30%, la mue de l'ISF, défendue comme une incitation aux investissements dans l'économie productive, a cristallisé le plus d'oppositions, avec des critiques jusque dans une portion de la majorité.

Le patron du MoDem François Bayrou, qui n'a pas obtenu gain de cause à l'Assemblée pour s'assurer que le nouvel IFI favorise bien les investissements, a affirmé dimanche qu'il compte sur le Sénat. Mais le gouvernement ne souhaite pas qu'on remette en cause "l'équilibre de cette réforme".

- "Miettes" de pouvoir d'achat -

Aux députés de droite qui ont dénoncé "le sacrifice des classes moyennes" ou des territoires, comme 66 encore lundi dans Le Figaro, le tandem de Bercy a opposé la cohérence. "Tout ce que vous réclamiez pendant des années, Eric Woerth, nous le faisons... alors soutenez-nous!", a aussi lancé Bruno Le Maire au président LR de la commission des Finances et ex-ministre du Budget de Nicolas Sarkozy.

La gauche, où chaque groupe a joué sa partition, sans compter les critiques de François Hollande, a dénoncé des "cadeaux aux riches" et aux "détenteurs de capitaux", et un "trompe-l'oeil" sur les mesures défendues par la majorité pour le pouvoir d'achat, qualifiées de "miettes".

"Jamais un gouvernement même de droite n'est allé aussi loin", a dénoncé mardi le député du Nord Fabien Roussel en présentant un contre-budget avec "trois priorités, l'emploi, la justice fiscale et le pouvoir d'achat", sous forme d'un tract qui sera tiré à un million d'exemplaires.

M. Le Maire a appelé les socialistes à "beaucoup d'humilité" après la censure constitutionnelle de la taxe sur les dividendes, qui va coûter près de dix milliards d'euros. Le ministre a promis de présenter une solution "dans une semaine", qui devrait être traduite dans le budget rectificatif de la fin de l'année.

Sitôt après le vote, l'Assemblée va plonger en fin de journée dans le budget de la Sécurité sociale, qui doit ramener, au prix d'économies dans la santé, le déficit de la Sécu à 2,2 milliards d'euros l'année prochaine, niveau inédit depuis 17 ans.

Le texte, défendu par la ministre de la Santé Agnès Buzyn mais aussi Gérald Darmanin, est présenté par le gouvernement comme un budget à la fois de "responsabilité" et de "solidarité".

Mais la gauche dénonce "une deuxième lame" touchant les moins aisés, selon la formule PS, et une "injustice", notamment pour les retraités, avec la hausse de la contribution sociale généralisée de 1,7 point devant compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. La droite fustige aussi la hausse de CSG au nom de la défense des retraités, tout comme les mesures qui touchent aux familles.

Les MoDem entendent eux défendre le principe de l'universalité des allocations familiales, une question dont veut débattre le gouvernement mais sans prendre de décision cette année.

Les vaccins, le tabac ou la taxation des sodas augurent de temps forts jusqu'à vendredi, voire lundi, pour boucler quelque 1.200 amendements.

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