Le long chemin vers la parité à l'Assemblée nationale devrait connaître un petit coup d'accélérateur en juin sous l'effet d'un renouvellement...
Vers une Assemblée plus féminine mais toujours en quête de la parité
Le long chemin vers la parité à l'Assemblée nationale devrait connaître un petit coup d'accélérateur en juin sous l'effet d'un renouvellement...
Par Charlotte HILL
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Le long chemin vers la parité à l'Assemblée nationale devrait connaître un petit coup d'accélérateur en juin sous l'effet d'un renouvellement inédit et de sanctions accrues, mais atteindre une proportion de 50% de députées restera "un voeu pieu".
Cela mettra fin à "une situation tout à fait anormale", souligne Mariette Sineau, directrice de recherche CNRS au CEVIPOF (Sciences Po), la France ayant été reléguée au "pas très glorieux" 64e rang mondial.
"Nous devrions faire un bond significatif" avec une Assemblée "à l'évidence" plus féminine, salue l'ex-ministre de la Parité Nicole Ameline (LR).
En 2012, 26,9% de députées (155 sur 577) ont été élues, alors un record. Il avait fallu attendre 1997 pour dépasser 10%, après les 33 pionnières de 1945 (5,6%).
Une situation notamment liée au mode de scrutin, uninominal, qui donne une "prime aux sortants", explique Mme Sineau.
La députée Catherine Coutelle, présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, le 1er décembre 2016 à Paris
AFP
Des pénalités financières, faute d'investiture de 50% de candidates, ont pourtant fait perdre aux partis près de 28 millions d'euros de dotation publique depuis 2012. Soit environ 3,5 millions par an pour LR (environ un quart de candidates), et 1,2 million pour le PS, selon le Haut conseil à l'égalité (HCE).
Jusqu'ici, les partis de gouvernement faisaient un calcul cynique d'une rente législative (dotations liées au nombre d'élus) "plus généreuse que la pénalité", selon Mme Sineau.
Mais le message de la loi d'août 2014, qui double ces pénalités, "a été entendu", estime Catherine Coutelle (PS), présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée sortante.
Sur la base des données du ministère de l'Intérieur, La République en marche a investi 50,3% de candidates, le FN 49,2%, la France insoumise 47,5% et le PS 44,2%. LR (38,9%) et l'UDI (39,2%) ont du retard.
Les députés réunis lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 24 mai 2016
AFP
Avec globalement 42,4% de candidates (40% en 2012, 41,6% en 2007), "le compte n'y est toujours pas", a regretté cette semaine le HCE.
La première application de la loi anti-cumul des mandats sera aussi un "message favorable aux femmes" pour Mme Coutelle, alors que 80% des parlementaires cumulant sont des hommes, selon le HCE.
- "Patriarcat ancré" -
Mais, relève Mme Ameline, qui se représente comme députée, "quand on a beaucoup de sortants, c'est très difficile", "on ne peut pas non plus éliminer tous les candidats pour mettre des femmes".
LR a fait "un effort tout à fait concret", assure-t-elle, jugeant que pour le nouveau président Emmanuel Macron, "c'est facile puisqu'il part de rien".
Pour Claire Serre-Combe, porte-parole d'Osez le féminisme, les partis réalisent qu'en 2017, ne pas respecter la parité, "c'est être ringard". Elle fait un "voeu pieu" d'une Assemblée "ni plus ni moins" représentative de la société.
"Mais ce serait sans compter les petits arrangements avec la loi, les partis traditionnels ayant tendance à placer les femmes dans des circonscriptions ingagnables", relève-t-elle, plaidant pour une coercition accrue contre ce "patriarcat ancré".
Olga Trostiansky, présidente du Laboratoire égalité, a l'"intuition qu'on ne dépassera pas les 30%" d'élues, relevant notamment que des hommes sont généralement "aux manettes" des investitures partisanes.
Quant à l'idée d'un manque de candidatures féminines et d'une autocensure chez certaines, la porte-parole d'Osez le féminisme y voit "un alibi pour inverser la charge de responsabilité".
Alors que la République en marche n'a reçu que 29% de dossiers féminins, Catherine Coutelle admet toutefois que "les femmes vont moins spontanément vers la politique" et qu'"il faut sans doute aller les chercher". Mais elle assure qu'"il y a un vivier, là comme ailleurs".
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