VIDEO. Risque de guerre avec la Russie : la France doit « accepter de perdre ses enfants », prévient le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon

Devant le congrès des maires, le chef d’état-major des Armées, Fabien Mandon, a affirmé qu’en cas de guerre avec la Russie, on devait « accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est ». Autrement dit, accepter la mort de soldats et la nécessité « de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense ». Dans cette optique, il estime que les maires ont « un rôle majeur » pour relayer le message.
François Vignal

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Ce sont des paroles inattendues, remarquées et qui font débat. Inattendues car tenues lors du congrès de l’Association des maires de France (AMF). Invité à s’exprimer devant l’AMF mercredi 19 novembre, le chef d’état-major des armées (CEMA), le général Fabien Mandon, ancien chef d’état-major particulier d’Emmanuel Macron, a jeté un pavé dans la mare : la France doit être prête à ce qu’il y ait des morts, parmi ses forces armées, en cas de guerre directe avec la Russie.

Brossant un tour d’horizon des changements et des menaces à l’œuvre dans le monde, il a exposé sans ambages les risques, mais aussi notre capacité à démontrer notre force militaire, face à une Russie hostile. Mais à condition d’avoir le pays – et donc les maires, en tant que relais – aux côtés de l’armée.

« La France a toujours démontré sa force d’âme dans les moments difficiles »

« On a tout le savoir, toute la force économique et démographique pour dissuader le régime de Moscou d’essayer de tenter sa chance plus loin. Ce qu’il nous manque – et c’est là où vous avez un rôle majeur – c’est la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est », a lancé devant les maires le plus haut gradé des armées françaises.

Les militaires, souvent « jeunes » et généralement âgés de « 18 à 27 ans », « tiendront dans leurs missions s’ils sentent que le pays tient avec eux. Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu’il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production défense, si on n’est pas prêt à ça, alors on est en risque. Mais je pense qu’on a la force d’âme. La France a toujours démontré sa force d’âme dans les moments difficiles. Et là, on est dans le moment où il faut en parler. Il faut en parler dans vos communes », prévient Fabien Mandon.

Cette « force d’âme » dont parle le CEMA est un sujet souvent évoqué par les militaires, notamment lors de leurs auditions devant les députés ou les sénateurs. Au-delà du niveau de préparation des forces armées, c’est la nécessité d’avoir une société civile consciente des périls, qui les accepte mais aussi les soutiens, avec en corollaire l’enjeu de la résilience de la société, en cas de guerre. Il s’agit d’être prêt à le supporter et à s’adapter. C’est aussi à cet aune qu’il faut lire les propos du chef d’état-major des Armées. L’objectif est de préparer les esprits.

« La mécanique, ce n’est pas des chars russes qui débarquent en Alsace »

« On peut avoir le sentiment que c’est loin. Et c’est vrai que ça reste loin. La mécanique, ce n’est pas des chars russes qui débarquent en Alsace. La mécanique, c’est une mécanique de solidarité, avec des pays qui sont aujourd’hui sur le flanc est de l’Otan, qui pourrait être attaqués, et qu’on ira protéger par solidarité. Et à partir du moment où on s’engage par solidarité, à ce moment-là, on engage les jeunes femmes et les jeunes hommes qui ont choisi de servir sous l’uniforme », ajoute encore le général Mandon.

« J’ai donné aux armées un objectif d’être prêts d’ici 3 à 4 ans », conclut le militaire, horizon pour un potentiel conflit armé avec la Russie, comme Fabien Mandon l’avait évoqué lors de sa récente audition devant Sénat, « mais j’ai besoin que la Nation soit prête, à soutenir cet effort si on devait le faire. Je suis convaincu, que si nos ennemis voient notre détermination à nous défendre, à protéger ce que nous portons comme valeurs, comme histoire, ils iront voir ailleurs. Car ils savent que nous sommes plus forts. Mais il faut en faire la démonstration. Et c’est dans les 3 années qui viennent ».

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