Les maires des villes de taille moyenne réunis en congrès à Albi (Tarn) attendent des clarifications d'Edouard Philippe, attendu vendredi en...
Villes de France en congrès, avant le « nouvel acte de décentralisation » annoncé
Les maires des villes de taille moyenne réunis en congrès à Albi (Tarn) attendent des clarifications d'Edouard Philippe, attendu vendredi en...
Par Dominique CHABROL
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Les maires des villes de taille moyenne réunis en congrès à Albi (Tarn) attendent des clarifications d'Edouard Philippe, attendu vendredi en clôture des travaux, après l'annonce par le Premier ministre d'un "nouvel acte de décentralisation".
Très courtisés par l'exécutif, les maires sont revenus au centre du jeu politique avec le "grand débat" qui a montré l'aspiration des Français à plus de proximité.
"Les maires veulent d'abord un cadre clair d'exercice de leur mandat et plus de libertés locales pour mieux mener leurs projets", a insisté jeudi le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale devant le Sénat, en estimant que "sans les élus locaux, la démocratie deviendrait une coquille vide".
Présidée par Caroline Cayeux, maire ex-LR de Beauvais, l'association Villes de France, organisatrice du congrès, regroupe les élus des villes de 10.000 à 100.000 habitants, sur lesquels l'exécutif compte s'appuyer pour l'acte II du quinquennat.
"Nous n'avons jamais quitté le tour de table des négociations avec le gouvernement, mais nous sommes extrêmement vigilants sur un certain nombre de sujets qui nous inquiètent", a insisté jeudi Mme Cayeux.
Parmi les points de tension, les élus attendent des clarifications sur la compensation pour les communes de la suppression engagée par le gouvernement de la taxe d'habitation, leur principale ressource fiscale. Le "cadre financier" pour les collectivités sera précisé avant les prochaines municipales de mars 2020, a promis Edouard Philippe.
Villes de France presse également pour une accélération et un élargissement du plan "Action coeur de Ville" pour la revitalisation des centres urbains, qui concerne aujourd'hui 222 villes essentiellement de taille moyenne.
- "Cartes sur table" -
Le gouvernement a de son côté annoncé pour juillet un projet de loi destiné à "favoriser l'engagement des maires" confrontés à des difficultés croissantes dans l'exercice de leur mandat. Un texte qui doit notamment permettre leur meilleure représentation au sein des EPCI, les groupements de communes où ils se sentent dépossédés de leurs pouvoirs.
Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires, le 22 mai à l'Elysée à Paris.
AFP/Archives
"Il faut mettre les cartes sur la table avant les municipales. Alors, un certain nombre de décisions qui vont être dans ce texte sont très importantes et demandées par les élus", a souligné jeudi la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault.
"Il y a plusieurs thématiques, l'accompagnement de l'exercice des mandats pour les élus, des souplesses apportées dans la gestion de la loi NOTRe" de 2015 sur l'organisation du territoire, a-t-elle indiqué. Des dispositions devraient notamment porter sur la formation, la couverture sociale ou la reconversion des élus.
A plus long terme, Edouard Philippe a annoncé au Sénat un projet de loi "décentralisation et différenciation" pour la fin du premier semestre 2020, afin de valider de nouveaux transferts de compétences "dans les domaines du logement, des transports et de la transition écologique".
Le texte préparé par Mme Gourault sera "nourri" par des consultations locales menées à partir de septembre dans chaque région. La ministre recevra aussi "d'ici juillet" les associations d'élus, "en associant les parlementaires". Il s'agira de clarifier le fameux "millefeuille territorial" et d'ajuster la loi NOTRe.
Le "grand débat" a réaffirmé le rôle du maire comme interlocuteur privilégié entre l'Etat, l'exécutif et les citoyens. Outre le Premier ministre, quatre ministres et secrétaires d'Etat sont ainsi attendus à Albi : Jacqueline Gourault, Sébastien Lecornu (Collectivités territoriales), Olivier Dussopt (Comptes publics) et Gabriel Attal (Jeunesse).
Un regain d'intérêt pour les élus locaux à l'approche des municipales de 2020, après des mois de tension en début de quinquennat. "On a vu plus de ministres depuis la crise des +gilets jaunes+ que pendant les 18 mois qui ont précédé", résume un responsable de Villes de France.
Les villes moyennes mettent en valeur leur attractivité et attendent notamment des réponses concrètes du gouvernement sur la présence des services publics, au premier rang desquels les services de Santé.
Avec leur tissu industriel, leurs pôles universitaires, elles entendent contribuer à résoudre la crise territoriale qui s'exprime. Mais elles connaissent également de graves difficultés en terme d'accessibilité ou de mobilité, mis en lumière par la crise des "gilets jaunes".
Invité de la matinale de Public Sénat, le député européen Bernard Guetta (Renew) a évoqué la situation au Moyen-Orient après les frappes contre des infrastructures énergétiques. Par ailleurs, le député européen détaille les perspectives de sortie du conflit entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël.
Alors que le PS a dû multiplier localement les alliances avec LFI pour espérer conserver ses villes, les socialistes récusent l’idée d’une poussée insoumise, soulignant que le PS restera « la première force de gauche » au niveau local. En même temps, le PS assume les fusions avec les listes LFI. Une stratégie que les opposants à la direction d’Olivier Faure jugent « illisible ».
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.