Villiers: hommage au général et des désapprobations de Macron en commission
La démission du chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a suscité mercredi d'hommage de nombre de députés,...

Villiers: hommage au général et des désapprobations de Macron en commission

La démission du chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a suscité mercredi d'hommage de nombre de députés,...
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La démission du chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a suscité mercredi d'hommage de nombre de députés, plusieurs élus de gauche et de droite exprimant aussi leur désapprobation du recadrage d'Emmanuel Macron, selon plusieurs participants.

La commission de la Défense, devant laquelle le général avait exprimé la semaine dernière de vives critiques des coupes budgétaires, auditionnait successivement le général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre, puis le général André Lanata, chef d'état-major de l'armée de l'air.

"Malaise chez les députés suite à cette démission. Tout le monde la regrette", a affirmé un député de droite assistant à la réunion. Et "hommage unanime" au général de Villiers, ont rapporté d'autres élus de tous bords, évoquant aussi des "remerciements" au président de la commission Jean-Jacques Bridey (ex-PS devenu REM) pour ses prises de position en soutien au chef d'état-major des armées.

En commission, il ressort le sentiment que "c'est une décision que, globalement, nous déplorons au regard de la qualité de soldat et de chef de l'ancien CEMA", a rapporté un député REM.

Mais, selon plusieurs élus, les présidents des groupes communiste André Chassaigne, Nouvelle Gauche, Olivier Faure, LR, Christian Jacob, ont exprimé de "l'incompréhension, désapprobation" ou "inquiétude" sur le recadrage du général de Villiers par Emmanuel Macron.

"Le libre fonctionnement de notre commission est mis en cause. Si nos auditions à huis-clos donnent lieu par l'exécutif à des mises au pas des personnes auditionnées, c'est le pouvoir législatif qui est mis sous tutelle", a déploré auprès de l'AFP M. Chassaigne. Sur le fond, il a pointé, derrière la démission, des problèmes dans les différents corps d'armée, avec "seulement 30% du matériel instantanément disponible, ce qui fait dire que (...) que notre armée est +au bord de la rupture+".

Outre "une crise de confiance entre les armées et le chef de l'Etat qui s'est rendu coupable d'une humiliation inutile pour un homme qui n'avait fait que son devoir" d'alerter sur des "coupes budgétaires rendant difficile le déploiement de nos hommes", Olivier Faure (PS), président du groupe Nouvelle gauche, a souligné sur LCI que "l'intérêt du Parlement est d'avoir des gens qui s'expriment totalement librement".

L'"Insoumis" Alexis Corbière, également membre de la commission, a considéré que "le général n'a fait que son devoir et le recadrage présidentiel est intolérable", ajoutant qu'"il y a dans le pays des centaines de +général de Villiers+ qui n'acceptent pas les conséquences de l'austérité".

Mais, pour un député de la majorité, "tout le monde a conscience que cette démission est aussi la conséquence de la rupture du huis clos de la commission, ce qui n'est pas neutre". Philippe Folliot (REM) s'est dit "très en colère" à ce sujet, estimant dans un communiqué que des auditions "à l'eau tiède" n’auront "plus aucun intérêt".

Une députée aurait été jusqu'à traiter de "connards" ceux qui ont fait fuiter les propos du général dans la presse. "Une députée que je ne connais pas s'est exprimée de cette manière", a confirmé M. Jacob au sortir de la réunion, sans préciser son étiquette.

Le président de la commission a d'ailleurs rappelé en début de réunion le devoir de discrétion, de sources concordantes.

chl-bpa-jmt-ic/vm/it

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