Violences à Saint-Denis: le gouvernement sous les critiques
Le gouvernement s'est retrouvé mercredi, en pleine campagne présidentielle, sous le feu des critiques de la droite et du Front national, au...

Violences à Saint-Denis: le gouvernement sous les critiques

Le gouvernement s'est retrouvé mercredi, en pleine campagne présidentielle, sous le feu des critiques de la droite et du Front national, au...
Public Sénat

Par Tiphaine LE LIBOUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le gouvernement s'est retrouvé mercredi, en pleine campagne présidentielle, sous le feu des critiques de la droite et du Front national, au lendemain d'incidents à Saint-Denis pour lesquels huit mineurs vont être présentés à la justice.

Les huit mineurs sont soupçonnés de "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique", "attroupement armé" et "rébellion", a déclaré dans la soirée le parquet de Bobigny.

Après des incidents aux abords du lycée Suger, dans le quartier réputé difficile du Franc-Moisin, des jeunes s'en étaient pris mardi aux policiers et avaient commis des dégradations dans cette ville de Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne.

Vue extérieure en date du 3 mars 2017 du palais de justice de Bobigny
Vue extérieure en date du 3 mars 2017 du palais de justice de Bobigny
AFP/Archives

Cinquante-cinq jeunes, dont 44 mineurs, avaient été placés en garde à vue mardi. Finalement, 46 jeunes devaient être relâchés mercredi soir, a précisé le parquet. Un autre avait déjà été remis en liberté.

"Il y a quelque chose de brisé dans notre République", a lancé François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle. Il a dénoncé "une véritable émeute, suivie d'une guérilla urbaine dans les rues". "Cette situation n'est pas tolérable. Moi je ne la tolérerai pas!"

La présidente de l'Île-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), qui s'est rendue sur place, a annoncé que la région porterait plainte. Elle a "renouvelé" sa demande au gouvernement "de protéger les abords des lycées franciliens, qui depuis plusieurs semaines sont le théâtre d'incidents violents".

Marine Le Pen en campagne le 8 mars 2017 à Chalezeule
Marine Le Pen en campagne le 8 mars 2017 à Chalezeule
POOL/AFP

La candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen a, elle, critiqué "une réaction minimale" du gouvernement.

"Le Premier ministre est sans doute trop occupé à faire campagne contre ma candidature pour se soucier de ce qui se produit dans le pays!", a-t-elle accusé, appelant à "restaurer l'ordre républicain et reconquérir les territoires perdus de la République".

Bernard Cazeneuve a répliqué en mettant en garde "ceux qui cherchent à exploiter" ces violences "inacceptables" à "des fins électorales".

- 'Une digue semble avoir sauté' -

Les violences ont débuté mardi matin par des jets de fumigènes dans l'enceinte du lycée, qui avait connu des violences similaires en septembre, lorsqu'un surveillant avait été blessé, selon une source proche de l'enquête. L'établissement a été évacué.

"Quatre-vingt à 100 jeunes" ont alors pris la direction du centre-ville, selon une source policière. Sur leur chemin, "ils ont caillassé des policiers, incendié des poubelles et détruit du mobilier urbain". Ils se sont aussi "introduits de force" dans un autre lycée, où ils ont commis quelques dégradations, a expliqué une autre source.

"Une digue semble avoir sauté" avec "l'introduction de la violence non plus seulement sur le parvis des établissements mais à l'intérieur", a estimé sur BFMTV la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Elle avait réuni dès mardi, des membres de la communauté éducative, le préfet du département et des élus. Elle a rappelé que les équipes mobiles de sécurité (EMS) avaient été renforcées à l'automne, notamment dans l'académie de Créteil (+35%) dont dépend la Seine-Saint-Denis, pour accroître la sécurité dans les établissements et à leurs abords.

Le premier syndicat des proviseurs, le SNPDEN-Unsa, s'est alarmé de "graves dérives, dont le caractère chronique et l'escalade régulière (...) menacent les communautés éducatives d'un drame".

Le maire PCF de Saint-Denis, Laurent Russier, a lui condamné auprès de l'AFP des "événements inadmissibles", en appelant toutefois à ce que les gardes à vue ne soient pas "un moyen de punition".

Un manifestant lors d'un rassemblement contre les violences policières et en soutien à Théo, le jeune homme noir victime d'un viol présumé lors de son interpellation, le 18 février 2017 à Paris
Un manifestant lors d'un rassemblement contre les violences policières et en soutien à Théo, le jeune homme noir victime d'un viol présumé lors de son interpellation, le 18 février 2017 à Paris
AFP/Archives

En toile de fond des violences de mardi, "des reliquats de l'affaire Théo", du nom du jeune homme victime d'un viol présumé avec une matraque lors de son interpellation le 2 février à Aulnay-sous-Bois, dans ce même département, ont expliqué des sources policières. "On a pu entendre quelques slogans du type +vengeance pour Théo+", a rapporté l'une d'elles.

Mardi, trois autres jeunes avaient été placés en garde à vue après des incidents devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis et devant le lycée Voltaire à Paris. Ces dernières semaines, des heurts ont éclaté aux abords de plusieurs lycées en région parisienne, lors de rassemblements contre "les violences policières".

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le