Violences du 1er-Mai : Christophe Béchu accuse Jean-Luc Mélenchon de « souffler sur les braises »

Au micro de Public Sénat, le ministre de la Transition écologique déplore l’absence de condamnation unanime, de la part de la classe politique, des échauffourées qui ont émaillé les cortèges du 1er mai ce week-end. Il se dit également favorable à un renforcement de la loi anti-casseurs de 2019, qui avait été en partie censurée par le Conseil constitutionnel.
Romain David

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La Première ministre Elisabeth Borne a dénoncé mardi, à l’Assemblée nationale, la « violence intolérable » qui s’est exercée contre les forces de l’ordre en marge du 1er mai. Les cortèges ont rassemblé entre 800.000 manifestants, selon la police, et 2,3 millions, selon la CGT, des chiffres largement portés par la contestation contre la réforme des retraites. Selon le ministère de l’Intérieur, 540 personnes ont été interpellées en France, 406 membres des forces de l’ordre ont été blessés, ainsi que 61 manifestants. « Je constate que l’on a franchi un cap. Avec plus de 400 policiers blessés à l’occasion du 1er mai, on est sur des chiffres qui sont tristes et ne devraient réjouir personne. Je refuse l’amalgame qui consiste à dire que c’est la suite logique de la contestation sociale », a commenté ce mercredi, au micro de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat, Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

« La petite musique » de Jean-Luc Mélenchon

« Je déplore qu’il n’y ait pas une plus grande unanimité pour condamner ces violences qui discréditent les manifestations en marge desquelles elles se tiennent, ce qui entretient une petite musique dangereuse selon laquelle ces violences seraient excusables, compréhensibles, minimisables », relève encore le ministre. « Comme si l’on pouvait tolérer la moindre parcelle de violence dans la République et la démocratie. »

Christophe Béchu indique cibler « tous ceux qui justifient, expliquent que c’est parce que le gouvernement n’écoute pas, que ce serait lié aux violences policières ou à des consignes données ». Avant de nommer directement le fondateur de La France insoumise : « Jean-Luc Mélenchon souffle sur les braises en tenant des propos qui sont juste inacceptables sur la police, en donnant le sentiment qu’elle est à l’origine de ces violences », lâche-t-il. Le ministre accuse ainsi le tribun d’entretenir les violences qui s’exercent dans la rue « par son silence, par la manière dont il dit les choses, par la petite musique qui laisse entendre que c’est faute d’obtenir des avancées dans un cadre démocratique que les choses se passent de cette manière. »

Muscler l’arsenal législatif

Sur BFM TV mardi, Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a appelé à une nouvelle loi anti-casseurs, l’idée étant notamment d’interdire l’accès à une manifestation à des personnes déjà identifiées comme fauteurs de troubles par les services de police. Lui emboitant le pas, Christophe Béchu se dit également favorable à un durcissement de la législation. « J’ai un principe très simple : est-ce qu’en l’état actuel du droit nous avons les moyens d’empêcher [les black blocs de se rendre dans une manifestation] ? Non. Quand bien même nous avons des renseignements sur la venue d’individus aux manifestations, nous n’avons pas aujourd’hui l’arsenal juridique.

« Il y avait une disposition dans la loi anti-casseurs de 2019 qui a été cassée par le Conseil constitutionnel », rappelle Christophe Béchu. Il invite ainsi à « remettre le texte sur le métier en s’interrogeant sur la bonne formule pour trouver un dispositif qui permette d’empêcher la venue à ces manifestations de certains individus, ou à défaut que ce soit une circonstance aggravante lors d’une condamnation après la manifestation. »

« Notre responsabilité aujourd’hui, c’est de protéger ceux qui nous protègent. Nous ne pouvons pas laisser les policiers et les policières en première ligne face à ce type d’expression de violences », conclut notre invité.

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