Violences éducatives : Laurence Rossignol a dû faire face à « beaucoup d’ironie et de quolibets »
Laurence Rossignol, sénatrice socialiste de l’Oise, était l’invitée de Territoire Sénat ce matin. La sénatrice revient sur l’interdiction des violences éducatives et la condition des femmes votée à l'unanimité par le Sénat.

Violences éducatives : Laurence Rossignol a dû faire face à « beaucoup d’ironie et de quolibets »

Laurence Rossignol, sénatrice socialiste de l’Oise, était l’invitée de Territoire Sénat ce matin. La sénatrice revient sur l’interdiction des violences éducatives et la condition des femmes votée à l'unanimité par le Sénat.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

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Le Sénat a voté à l’unanimité, hier, l’interdiction des violences éducatives. Laurence Rossignol, qui portait cette loi, est « très heureuse ». Elle rappelle qu’elle « porte cette cause depuis plusieurs années », faisant face à « beaucoup d’ironie et de quolibets ».

La sénatrice se félicite que « la société et le Parlement évoluent » et « salue l’implication du président de la commission des lois, Philippe Bas ».

Pour elle, le vote unanime « n’est pas étranger à ce qu’il se passe dans la société », considérant que « quand il y a tant de violence dans la société, il faut aussi réduire la violence dans la famille ».

Laurence Rossignol précise que la loi « n’est pas dans une démarche de morale ou d’intrusion », mais sert à rappeler qu’ « on n’a pas besoin de frapper pour se faire entendre ». Elle cible « ceux qui érigent la violence en méthode éducative ».

« Il y a encore des femmes qu’on ne prend pas au sérieux »

Sur la question des violences faites aux femmes, l’ancienne ministre de la Famille (jusqu’en 2017), s’engage. Elle a demandé un rendez-vous à Laurent Nuñez pour aborder les sujets d’accueil, de mise à l’abri et de prise en compte de la parole des femmes.

Laurence Rossignol dresse un état des lieux : « La parole des femmes n’est pas prise en compte sérieusement. Il y a une suspicion de mensonge et de manipulation. Il faut les croire, les mettre à l’abri et les éloigner des maris violents. »

« Je salue les militantes des JC et de toutes les organisations »

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Autre thème connexe, le mouvement #MeToo. Laurence Rossignol salue « celles qui disent tout haut ce qu’on disait dans des cercles fermés ». La sénatrice « ne craint aucun excès », à part « un excès de harcèlement et de violence » envers les femmes qui parlent.

Elle insiste également sur quelque chose : « Il faut arrêter de dire : "Ça se réglera devant la justice". Ces affaires ne se règlent que minoritairement devant la justice. » Elle privilégie « un opprobre social » sur les harceleurs et « un soutien » à la parole des femmes.

Elle finit sur une note plus pessimiste, considérant que « les femmes ne sont pas solidaires », sinon « il y a belle lurette que tout ce dont on parle serait réglé ». Elle pointe « les femmes qui ne sont pas du côté des femmes, mais du pouvoir ».

L’ancienne ministre et militante engagée conclut : « Être féministe, c’est extrêmement réjouissant, mais c’est aussi un exercice de courage car on n’est pas accueilli avec des applaudissements. »

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