Politique
Le président des Républicains a appuyé son ancien collègue garde des Sceaux, dans l'affaire Lyhanna. Ce drame met en lumière, selon lui, « un problème systémique » dans la justice.
Le
Par Marion D'Hondt
Temps de lecture :
3 min
Publié le
Mis à jour le
Le Sénat a voté à l’unanimité, hier, l’interdiction des violences éducatives. Laurence Rossignol, qui portait cette loi, est « très heureuse ». Elle rappelle qu’elle « porte cette cause depuis plusieurs années », faisant face à « beaucoup d’ironie et de quolibets ».
La sénatrice se félicite que « la société et le Parlement évoluent » et « salue l’implication du président de la commission des lois, Philippe Bas ».
Pour elle, le vote unanime « n’est pas étranger à ce qu’il se passe dans la société », considérant que « quand il y a tant de violence dans la société, il faut aussi réduire la violence dans la famille ».
Laurence Rossignol précise que la loi « n’est pas dans une démarche de morale ou d’intrusion », mais sert à rappeler qu’ « on n’a pas besoin de frapper pour se faire entendre ». Elle cible « ceux qui érigent la violence en méthode éducative ».
Sur la question des violences faites aux femmes, l’ancienne ministre de la Famille (jusqu’en 2017), s’engage. Elle a demandé un rendez-vous à Laurent Nuñez pour aborder les sujets d’accueil, de mise à l’abri et de prise en compte de la parole des femmes.
Laurence Rossignol dresse un état des lieux : « La parole des femmes n’est pas prise en compte sérieusement. Il y a une suspicion de mensonge et de manipulation. Il faut les croire, les mettre à l’abri et les éloigner des maris violents. »
Autre thème connexe, le mouvement #MeToo. Laurence Rossignol salue « celles qui disent tout haut ce qu’on disait dans des cercles fermés ». La sénatrice « ne craint aucun excès », à part « un excès de harcèlement et de violence » envers les femmes qui parlent.
Elle insiste également sur quelque chose : « Il faut arrêter de dire : "Ça se réglera devant la justice". Ces affaires ne se règlent que minoritairement devant la justice. » Elle privilégie « un opprobre social » sur les harceleurs et « un soutien » à la parole des femmes.
Elle finit sur une note plus pessimiste, considérant que « les femmes ne sont pas solidaires », sinon « il y a belle lurette que tout ce dont on parle serait réglé ». Elle pointe « les femmes qui ne sont pas du côté des femmes, mais du pouvoir ».
L’ancienne ministre et militante engagée conclut : « Être féministe, c’est extrêmement réjouissant, mais c’est aussi un exercice de courage car on n’est pas accueilli avec des applaudissements. »