Violences envers les forces de l’ordre: Collomb face à la colère des syndicats
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb fait face à une colère grandissante des syndicats policiers ulcérés par l'agression de deux leurs...

Violences envers les forces de l’ordre: Collomb face à la colère des syndicats

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb fait face à une colère grandissante des syndicats policiers ulcérés par l'agression de deux leurs...
Public Sénat

Par Gregory DANEL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb fait face à une colère grandissante des syndicats policiers ulcérés par l'agression de deux leurs collègues à Champigny-sur-Marne et, plus généralement, par les violences commises contre les forces de l'ordre.

Face à l'émotion et la colère suscitées par l'agression filmée, et largement diffusée sur les réseaux sociaux, des deux fonctionnaires, la nuit de la Saint-Sylvestre, le ministre reçoit mercredi les représentants policiers qui attendent davantage que de la "compassion", selon Christophe Rouget, porte-parole du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT).

"On attend qu'il porte jusqu'au président de la République, la volonté de mettre fin à l'impunité", renchérit Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergies-Officiers.

Cette question des violences envers les forces de l'ordre est très sensible dans une police encore marquée par l'attaque aux cocktails Molotov de deux policiers en octobre 2016 à Viry-Châtillon (Essonne), qui avait entraîné des manifestations inédites de "policiers en colère" et de leurs compagnes.

Après l'agression de Champigny (Val-de-Marne), de nouveaux rassemblements ont été à nouveau organisés partout en France en ce début d'année 2018, avec une affluence à géométrie variable. Comme encore mardi notamment à Reims, Orléans, Montpellier, Béziers, Toulouse ou Nîmes, avec quelques dizaines de participants à chaque fois.

"Les réponses pénales ne sont pas à la hauteur", appuie M. Ribeiro. "Il faut une certitude de la sanction. Le nœud gordien c'est le sentiment d'impunité. S'ils s'en prennent aux policiers, c'est qu'ils savent qu'ils ne risquent rien."

A l'instar du syndicat de gardiens de la paix Alliance, Synergies réclame le retour des peines planchers ou la suppression des aménagements de peine pour les personnes reconnues coupables d'agressions envers les forces de l'ordre.

Des policiers inspectent un camion ayant subi des dommages à  Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne)
Des policiers inspectent un camion ayant subi des dommages à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne)
AFP

Ces revendications relayées par l'opposition de droite au gouvernement, avec par exemple le lancement d'une pétition du parti Les Républicains pour "le rétablissement des peines planchers", n'ont, pour l'heure, pas trouvé d'écho auprès du gouvernement. Le Premier ministre Édouard Philippe a ainsi affirmé se "méfier" des "réactions qui passeraient par un élément législatif".

- "Réponse forte" -

Elles ne font pas non plus l'unanimité dans l'univers syndical policier.

"Il faut appliquer ce qui est prévu par la loi", assure le secrétaire général de l'Unsa-police, Philippe Capon. "Les actions violentes à l'encontre des forces de l'ordre doivent faire l'objet d'une réponse pénale forte et leurs auteurs (doivent être) condamnés à de lourdes peines sans pouvoir se prévaloir de circonstances atténuantes", affirme le syndicaliste.

Mardi, lors des vœux du syndicat Unsa-Police, Gérard Collomb a promis "une réponse forte" dans l'affaire de Champigny. Il a également affirmé que "l'effectivité de la réponse pénale en cas de violences commises envers un fonctionnaire de police" était pour lui, comme pour la garde des Sceaux Nicole Belloubet, "une priorité".

Selon le ministère de la Justice, le taux de réponse pénale est déjà de 95% en cas de violences commises par un majeur contre une personne dépositaire de l'autorité publique, soit 12% de plus que dans les autres cas de violence.

Au-delà des assurances du ministre et des chiffres de la Chancellerie, les syndicats mettent en garde le gouvernement contre les risques que le climat actuel fait peser sur la grande réforme de la police de sécurité du quotidien (PSQ), dont l'expérimentation doit débuter début février.

"La réussite de la PSQ sera remise en cause s'il n'y a rien de concret sur la procédure pénale et si la police ne peut pas se faire respecter dans certains endroits. La base des rapports police-population, c'est le respect de la police", analyse M. Capon.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le