Violences faites aux élus : « Il faut à tout prix que quelque chose soit fait », demande le maire de Saint-Brévin

Invité à suivre, en tribune, les questions d’actualité au gouvernement du Sénat, Yannick Morez a eu droit à une standing ovation de la part de sénateurs. Au micro de Public Sénat, le maire démissionnaire de Saint-Brévin a remercié les sénateurs de leurs soutiens.
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Après l’annonce de sa démission la semaine dernière, le maire de Saint-Brévin-les-Pins avait reçu un soutien unanime de la part de la classe politique et une invitation à témoigner devant la commission des lois, mais également une invitation à suivre en tribune les questions d’actualité au gouvernement. Les sénateurs se sont d’ailleurs levés pour applaudir celui qui est devenu le symbole de la violence faites aux élus.

Victime d’un incendie criminel de son domicile le 22 mars dernier pour avoir voulu installer un centre d’accueil de demandeurs d’asile sur sa commune (Cada), le maire de Saint-Brévin-les-Pins, Yannick Morez a décidé de jeter l’éponge en dénonçant le manque de soutien de l’Etat.

Quelques minutes avant de se rendre à Matignon pour rencontrer la Première ministre, Yannick Morez a fait part de sa réaction à cette marque de soutien sénatorial. « C’était très impressionnant. Ça m’a beaucoup touché de voir tous les sénateurs se lever quelle que soit leur appartenance politique. Ça montre qu’ils ont été touchés parce qu’il m’est arrivé. Je remercie tous les élus de me soutenir de cette façon », a-t-il réagi au micro de Public Sénat.

Les questions posées au gouvernement, cet après-midi, se sont largement concentrées sur la protection des élus locaux. Élisabeth Borne avait annoncé la semaine dernière la mise en place d’un « centre d’analyse et de lutte contre les violences faites aux élus ». Dans l’hémicycle, la Première ministre s’est dite prête à travailler avec les parlementaires pour « aller plus loin » dans le renforcement des sanctions pénales. Et a indiqué que Dominique Faure, la ministre en charge des collectivités locales, annoncera, ce soir, après l’entrevue avec Yannick Morez, des « nouvelles mesures », préparées ces derniers mois. Selon Élisabeth Borne, il s’agit notamment de « renforcer le lien entre les maires et la justice, mieux prévenir les violences et accompagner davantage les élus ».

« Ce n’est pas suffisant. On a l’impression qu’ils agissent une fois que c’est arrivé. Or on les avait alertés dès le départ […] Malgré tous les courriers, on n’avait jamais de réponses. Il faut que ça change », a insisté Yannick Morez.

Le maire démissionnaire estime, toutefois que le prochain centre d’analyse « pourra permettre de délier les langues » et « revoir à tout prix les relations entre les élus de base comme les maires et les préfets ».

A la question de savoir s’il attend des excuses au nom de l’Etat de la part d’Élisabeth Borne, Yannick Morez répond « pourquoi pas ». « C’est vrai que j’ai démontré qu’il n’y avait pas de services de l’Etat suffisamment important pour m’aider malgré tout ce que j’avais fait. L’important, c’est pour la suite. Il faut à tout prix que quelque chose soir fait […] sinon en 2026, il y aura de moins en moins de citoyens qui voudront se présenter aux élections municipales ».

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