Violences faites aux élus : « Il faut à tout prix que quelque chose soit fait », demande le maire de Saint-Brévin

Invité à suivre, en tribune, les questions d’actualité au gouvernement du Sénat, Yannick Morez a eu droit à une standing ovation de la part de sénateurs. Au micro de Public Sénat, le maire démissionnaire de Saint-Brévin a remercié les sénateurs de leurs soutiens.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Après l’annonce de sa démission la semaine dernière, le maire de Saint-Brévin-les-Pins avait reçu un soutien unanime de la part de la classe politique et une invitation à témoigner devant la commission des lois, mais également une invitation à suivre en tribune les questions d’actualité au gouvernement. Les sénateurs se sont d’ailleurs levés pour applaudir celui qui est devenu le symbole de la violence faites aux élus.

Victime d’un incendie criminel de son domicile le 22 mars dernier pour avoir voulu installer un centre d’accueil de demandeurs d’asile sur sa commune (Cada), le maire de Saint-Brévin-les-Pins, Yannick Morez a décidé de jeter l’éponge en dénonçant le manque de soutien de l’Etat.

Quelques minutes avant de se rendre à Matignon pour rencontrer la Première ministre, Yannick Morez a fait part de sa réaction à cette marque de soutien sénatorial. « C’était très impressionnant. Ça m’a beaucoup touché de voir tous les sénateurs se lever quelle que soit leur appartenance politique. Ça montre qu’ils ont été touchés parce qu’il m’est arrivé. Je remercie tous les élus de me soutenir de cette façon », a-t-il réagi au micro de Public Sénat.

Les questions posées au gouvernement, cet après-midi, se sont largement concentrées sur la protection des élus locaux. Élisabeth Borne avait annoncé la semaine dernière la mise en place d’un « centre d’analyse et de lutte contre les violences faites aux élus ». Dans l’hémicycle, la Première ministre s’est dite prête à travailler avec les parlementaires pour « aller plus loin » dans le renforcement des sanctions pénales. Et a indiqué que Dominique Faure, la ministre en charge des collectivités locales, annoncera, ce soir, après l’entrevue avec Yannick Morez, des « nouvelles mesures », préparées ces derniers mois. Selon Élisabeth Borne, il s’agit notamment de « renforcer le lien entre les maires et la justice, mieux prévenir les violences et accompagner davantage les élus ».

« Ce n’est pas suffisant. On a l’impression qu’ils agissent une fois que c’est arrivé. Or on les avait alertés dès le départ […] Malgré tous les courriers, on n’avait jamais de réponses. Il faut que ça change », a insisté Yannick Morez.

Le maire démissionnaire estime, toutefois que le prochain centre d’analyse « pourra permettre de délier les langues » et « revoir à tout prix les relations entre les élus de base comme les maires et les préfets ».

A la question de savoir s’il attend des excuses au nom de l’Etat de la part d’Élisabeth Borne, Yannick Morez répond « pourquoi pas ». « C’est vrai que j’ai démontré qu’il n’y avait pas de services de l’Etat suffisamment important pour m’aider malgré tout ce que j’avais fait. L’important, c’est pour la suite. Il faut à tout prix que quelque chose soir fait […] sinon en 2026, il y aura de moins en moins de citoyens qui voudront se présenter aux élections municipales ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Le Havre: Debat le canape des JDE EELV 2023
5min

Politique

[Info Public Sénat] Le groupe écologiste du Sénat ferme la porte au sénateur LFI Gabriel Amard et élit Mélanie Vogel présidente

Sans surprise, la sénatrice Les Ecologistes des Français établis hors de France, Mélanie Vogel, prend la tête du groupe écologiste du Sénat. Connue pour son combat pour la constitutionnalisation du droit à l’IVG, elle succède à Guillaume Gontard, en poste depuis 2020. Le groupe a refusé d’accueillir le nouveau sénateur LFI, Gabriel Amard, qui demandait à l’intégrer, à la différence de Marc Péré, soutenu par Les Ecologistes et LFI, mais divers gauche.

Le

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
5min

Politique

Retraites : Édouard Philippe sort du bois et propose un âge de départ à 65 ans

Après des mois de suspense, le candidat Horizons à la présidentielle a dévoilé mardi 29 septembre sa réforme des retraites dans une vidéo d'une vingtaine de minutes. Il propose de reprendre le calendrier de 2023, puis de relever l'âge légal à 65 ans en moins de dix ans, avec un volet de capitalisation. Une position qui le distingue de Gabriel Attal, partisan de supprimer l'âge légal.

Le

Violences faites aux élus : « Il faut à tout prix que quelque chose soit fait », demande le maire de Saint-Brévin
3min

Politique

Propos antisémites révélés par Mediapart : « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique », dénonce Jordan Bardella

Mis en cause, lundi, dans un article de Mediapart qui a révélé des écrits antisémites de Jordan Bardella datant de 2013, le président du RN a annoncé dans la foulée le dépôt d’une plainte pour diffamation. Avant d’accueillir les nouveaux sénateurs RN élus dimanche pour une réunion de groupe à l’Assemblée, l’eurodéputé a dénoncé une opération menée « par des fanatiques d’extrême gauche » avec pour « objectif » de le « tuer politiquement ».

Le