Violences faites aux femmes : un projet de loi attendu au premier semestre 2026

Au lendemain de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé a été interpellée, aux questions d’actualité au gouvernement, sur la nécessité de présenter une loi-cadre. Ce texte pourrait être présenté en Conseil des ministres au premier semestre 2026.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Avec 152 féminicides depuis le début de l’année 2025, « nous devons intensifier la lutte », a plaidé la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

Il y a quelques jours, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé a annoncé l’examen « dès que cela sera possible » d’une loi-cadre réclamée de longue date par les associations féministes et élargie aux violences faites aux enfants. Un texte, fruit d’un travail mené par l’ensemble des groupes parlementaires de l’Assemblée et du Sénat, qui contient 53 mesures législatives, au-delà des mesures réglementaires, visant « à mieux former, mieux détecter, mieux prévenir, mieux caractériser et mieux sanctionner ».

« M. le Premier ministre, c’est vous que nous voulons entendre […] Nous voulons que vous disiez que vous-même êtes personnellement engagé pour que ce projet de loi aboutisse », a appelé la sénatrice, qui souhaite connaître la date de la présentation de ce projet de loi en Conseil des ministres et son inscription à l’ordre du jour du Parlement.

Expertise des 53 mesures du groupe de travail

Malgré l’insistance de Laurence Rossignol, c’est bien Aurore Bergé qui lui a répondu. Elle a rappelé qu’une cinquantaine de mesures « de consensus » avaient émergé entre l’ensemble des parlementaires. « Il appartient maintenant au gouvernement de les expertiser une à une pour garantir qu’elle fasse l’objet d’un projet de loi. C’est le travail que nous allons faire dès le premier semestre pour garantir que cette loi soit solide », a-t-elle répondu.

Parmi les mesures à l’étude, l’attribution aux victimes de l’aide juridictionnelle de manière inconditionnelle dans le cadre de violences intrafamiliales ou de violences sexuelles, la caractérisation en droit de la notion du contrôle coercitif ou encore le contrôle du casier judiciaire de tous les professionnels en contact avec les enfants.

« La formation initiale des policiers et des gendarmes n’est pas une option, mais une obligation »

La présidente centriste à la délégation aux droits des femmes, Dominique Vérien a, elle, insisté sur la formation des forces de l’ordre. « A quand la formation obligatoire initiale et continue (sur le recueil de la parole des victimes) des policiers des gendarmes, des magistrats et des services sociaux ? », a-t-elle demandé.

« La formation initiale des policiers et des gendarmes n’est pas une option mais une obligation », a assuré la ministre citant le chiffre de 200 000 fonctionnaires déjà formés.

La sénatrice RDPI des Français de l’étranger, Samantha Cazebonne a alerté Aurore Bergé sur la situation des expatriés. « Le groupe de travail transpartisan s’est mis d’accord sur 53 mesures pourrions-nous envisager d’y intégrer les Françaises et les Français. « Toutes les femmes françaises doivent être protégées où qu’elles soient », a indiqué la ministre avant d’annoncer « la création de 200 postes consulaires spécifiquement formés » pour recueillir la parole des victimes.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Iran Israel Usa : U.S. and Israeli Forces Strike Tehran as Part of Major Military Offensive
7min

Politique

Iran : « Les institutions iraniennes peuvent continuer de fonctionner quand bien même leurs dirigeants seraient éliminés »

Après la confirmation de la mort du guide suprême ce dimanche 1er mars, l’Iran rentre dans l’après-Khamenei. Que prévoient les institutions iraniennes pour remplacer le guide suprême ? Le régime peut-il tenir après avoir perdu son chef ? Qui pourrait émerger pour le remplacer ? La chercheuse Amélie M. Chelly, auteure de Iran : autopsie du chiisme politique (Ed. du Cerf), répond à nos questions.

Le

President Donald Trump Returns to the White House, Washington, District of Columbia, United States – 01 Mar 2026
8min

Politique

Guerre en Iran : comment Donald Trump peut-il justifier l’intervention auprès des Américains ?

En participant aux côtés de Israel à l’opération militaire en Iran, Donald Trump pourrait déconcerter son électorat qui a voté pour la promesse de la fin des guerres américaines au Moyen-Orient, coûteuses en hommes et en deniers publics. Depuis le début des frappes samedi matin, le président américain et son administration peinent à justifier cette opération tout en n’excluant pas l’envoi de troupes au sol. Rédhibitoire pour une bonne partie de la population américaine.

Le

Violences faites aux femmes : un projet de loi attendu au premier semestre 2026
3min

Politique

Guerre en Iran : « La France est en guerre depuis ce matin », estime le général Vincent Desportes

Dans un contexte de contagion de la guerre à l’ensemble du Moyen-Orient après l’intervention israélo-américaine en Iran, la France a annoncé mener « des actions défensives proportionnées. » Une position qui implique de « prendre part » à cette guerre, explique le général Vincent Desportes, qui a aussi rappelé que les intérêts politiques et économiques poursuivis par Donald Trump dans cette intervention.

Le