Violences : « Le gouvernement fait bouillir une marmite qui est en train d’exploser » estime Marc-Philippe Daubresse
Marc-Philippe Daubresse, sénateur Les Républicains du Nord, était ce matin l’invité de Territoire Sénat. Le sénateur revient sur l’audition de Christophe Castaner hier, l’impopularité du Président Macron et la colère des Gilets jaunes.

Violences : « Le gouvernement fait bouillir une marmite qui est en train d’exploser » estime Marc-Philippe Daubresse

Marc-Philippe Daubresse, sénateur Les Républicains du Nord, était ce matin l’invité de Territoire Sénat. Le sénateur revient sur l’audition de Christophe Castaner hier, l’impopularité du Président Macron et la colère des Gilets jaunes.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Concernant les événements qui ont émaillé la France ce week-end, le sénateur déclare que le pays « est dans un climat de guérilla urbaine » qui n’est pas terminé. En tant qu’ancien ministre de la Ville, il a des contacts avec les élus locaux qui lui font remonter que « ça chauffe dans les banlieues et dans les lycées. »

Marc-Philippe Daubresse constate deux types de Gilets jaunes dans sa circonscription du Nord : des retraités, classes moyennes, qu’il qualifie de « raisonnables » et des ouvriers en colère, qui ne sont « pas loin d’être violents. » Il s’inquiète que les casseurs, les Black Blocs, « soient en train de mobiliser une partie des Gilets jaunes. »

« Le gouvernement est responsable de ce qu’il est en train de se faire »

Sur l’audition de Castaner, le sénateur est sévère : le ministre « a géré les manifestations comme une fan zone et il s’est complètement planté. » Le sénateur considère que « au niveau des effectifs, c’était bon, mais qu’au niveau de la stratégie, c’est raté. » Il a pu constater que « les services de police ne comprennent pas les ordres qui leur sont donnés. »

« Il est temps de faire son examen de conscience »

Le sénateur considère que les ministres ne sont pas à la hauteur, ce qui s’explique par leur manque d’expérience. Pour la sortie de crise, les propositions vont dans tous les sens, c’est « le concours Lépine des mesures. » Pour le sénateur, « il faut annoncer l’annulation de la hausse des taxes, pas la suspension. » Le Sénat a déjà voté l’annulation (voir notre article), il suffit à l’Assemblée de voter conforme.

Le sénateur propose un Grenelle de la fiscalité qui « remettrait les corps intermédiaires et les syndicats dans la discussion. » Ce Grenelle s’attellerait aux retraités, aux personnes qui travaillent et au pouvoir d’achat des ménages. « Il faut revenir sur la hausse de la CSG et sur la suppression de la taxe d’habitation », « il faut un vrai plan de baisse de la dépense publique. »

« Emmanuel Macron écoute mais n’entend pas »

Sur la popularité du Président, le sénateur est inquiet, il « reçoit des mails qui demandent la destitution. » Il compare avec la situation d’impopularité de F. Hollande et de N. Sarkozy, même s’il « n’avait jamais vu ça. » La cause de cette colère serait « les attitudes arrogantes et méprisantes. […] Le Président Macron a un côté "je continue, je garde le cap", c’est ça que les gens lui reprochent. »

Le fait que le Premier ministre, Édouard Philippe, soit « entraîné dans la tourmente », est « significatif que les gens n’en peuvent plus. » Le silence du Président, qui ne s’est pas encore exprimé, « ressemble à un "je suis aux abris et je mets les fusibles en tête." » « Dans des circonstances où le pays a peur, le Président doit s’exprimer » conclut le sénateur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Violences : « Le gouvernement fait bouillir une marmite qui est en train d’exploser » estime Marc-Philippe Daubresse
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Violences : « Le gouvernement fait bouillir une marmite qui est en train d’exploser » estime Marc-Philippe Daubresse
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le