Violences scolaires : sanctionner les parents « complices »
Invitée de l’émission « On va plus loin », Irène Inchauspé, journaliste éducation à l’Opinion, est « très sceptique » quant à l’applicabilité de la sanction de parents « complices » d’élèves violents, comme souhaite le voir se développer le ministre de l’Éducation nationale.

Violences scolaires : sanctionner les parents « complices »

Invitée de l’émission « On va plus loin », Irène Inchauspé, journaliste éducation à l’Opinion, est « très sceptique » quant à l’applicabilité de la sanction de parents « complices » d’élèves violents, comme souhaite le voir se développer le ministre de l’Éducation nationale.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Jean-Michel Blanquer souhaite bien sanctionner les parents « complices d’une évolution violente » de leurs enfants. C’est ce qu’il a confirmé ce jeudi en reparlant du plan sur les violences scolaires, présenté fin janvier.

« Je suis très sceptique » réagit Irène Inchauspé, journaliste éducation à l’Opinion.

« De quel type de violence parle-t-on ? (…) Les violences physiques, dieu merci, sont assez rares, voire très rares (…) Là [Jean-Michel Blanquer] parle de faire payer aux parents les dégâts matériels. Mais des dégâts matériels, il n’y en a pas tant que ça. Ce qu’il y a c’est un harcèlement moral qui pèse beaucoup sur le moral des enseignants. C’est-à-dire des insultes extrêmement violentes. »

Elle poursuit : « Les allocations familiales, c’est une mesure particulièrement inégalitaire puisqu’il y a des parents qui ont des revenus trop élevés pour en avoir. Il y a de parents qui ont un enfant à charge qui n’ont pas d’allocations familiales. Donc, ceux-là ne seront pas sanctionnés. On ne sanctionne que les autres. »

Une mesure « inapplicable concrètement »

La journaliste soulève également une question qui risque de faire beaucoup de remous concernant l’application de cette mesure : « Est-ce que c’est le rôle des enseignants de prendre la responsabilité de dire « attendez celui-là, sa famille, il faut lui supprimer les allocations familiales parce qu’il se comporte mal ? » ».

Et de conclure : « Quel parent (…) éduque son enfant dans l’intention d’aller commettre des violences à l’école ? Franchement, je n’en connais pas. Donc non, je ne suis pas favorable à cette mesure et je pense qu’elle est notamment inapplicable concrètement. »

OVPL. "Stylos rouges" Entretien avec la journaliste Irène Inchauspé (en intégralité)
08:01

 

 

 

Vous pouvez voir et revoir l’entretien avec Irène Inchauspé, en intégralité :

Partager cet article

Dans la même thématique

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Violences scolaires : sanctionner les parents « complices »
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le

Violences scolaires : sanctionner les parents « complices »
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le