Virginie Calmels, l’arme anti-Macron de Fillon
Avec son mouvement DroiteLib’, Virginie Calmels souhaite imposer ses idées, contrecarrer Emmanuel Macron  et perpétuer l’héritage politique d’Alain Juppé

Virginie Calmels, l’arme anti-Macron de Fillon

Avec son mouvement DroiteLib’, Virginie Calmels souhaite imposer ses idées, contrecarrer Emmanuel Macron  et perpétuer l’héritage politique d’Alain Juppé
Public Sénat

Par Lionel Teixeira

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Ca tangue ! ». Non, Viriginie Calmels n’évoque pas les difficultés de la campagne de François Fillon. La première adjointe (LR) d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux se réjouit d’avoir réuni plus d’une centaine de soutiens à bord d’une péniche parisienne pour le lancement de son mouvement DroiteLib’.

 

Symbole de l’unité du parti, les sénateurs Fabienne Keller et Alain Joyandet, le député et porte-parole de François Fillon, Jérôme Chartier ou encore le directeur de campagne du candidat LR à la présidentielle, Patrick Stefanini, étaient présents pour écouter Virginie Calmels :

 

« Je ne me cache pas derrière mon petit doigt : François Fillon est notre candidat. On veut tous qu’il soit élu en mai ». Applaudissements nourris quelques heures après les nouvelles révélations du Canard Enchaîné sur l’affaire Pénélope Fillon.

 

« On est dans le cœur même de ce que la politique peut révéler de pire : attaques personnelles, allégations qui tentent de détruire et d’abattre celui qui devait gagner cette présidentielle haut la main, qui fait tellement peur à ses adversaires qu’il est devenu l’homme à abattre. »

 

Après 20 ans passés dans le monde de l’entreprise, Virginie Calmels a plongé dans le bain politique il y a 3 ans à Bordeaux. « Si je me suis lancée en politique c’est grâce à Alain Juppé et à cause de François Hollande » s’amuse la fondatrice de DroiteLib’.

 

Un mouvement basé sur un triptyque : libéralisme, humanisme et progressisme. Des valeurs portées par son mentor dont elle souhaite reprendre le flambeau. Objectif du mouvement : « participer à la présidentielle en apportant de nouvelles idées, de nouveaux profils ». Une promesse qui rappelle celle d’Emmanuel Macron.

 

Macron, son meilleur ennemi

 

 « Il faut assumer que l’on est à droite. J’en ai assez des discours qui ne sont pas clairs (…) Le progressisme me tient à cœur et surtout quand j’entends Emmanuel Macron essayer de s’arroger le monopole du progressisme : on peut être de droite et être progressiste. »

 

Le mot d’ordre est clair : séduire les électeurs d’Alain Juppé, déçus par François Fillon et désormais tentés par le programme du fondateur d’En Marche. Plus que jamais, Emmanuel Macron représente une menace. Dans un sondage Elabe, ce dernier prive le candidat LR de second tour. François Fillon oscille entre 19% et 20% des voix au premier tour tandis qu’Emmanuel Macron rassemble 22% à 23% d’intention de vote. 

 

Ce n’est pas la première fois que Virginie Calmels s’en prend directement à l’ancien ministre de l’économie. Dimanche dernier, lors du meeting de François Fillon, la fondatrice de DroiteLib’ avait qualifié Emmanuel Macron de « stagiaire » avant d’ajouter que la France n’avait « pas de temps à perdre avec un amateur qui serait élu sur un malentendu ou sur un coup de dé ».

 

Virginie Calmels: " Cher François, vous devez nous sauver de la famille Hamon et Macron, les Hacron "
01:00

 

La protégée du maire de Bordeaux attaque également les « propositions saugrenues » de Benoît Hamon et assure qu’il n’y aura « pas de reculade » sur la mesure consistant à supprimer 500.000 fonctionnaires prônée par le candidat LR à la présidentielle. 

 

Prête à en découdre et à jouer un rôle dans la présidentielle qui s’ouvre, Viriginie Calmels souhaite « mettre sa pierre à l’édifice » avec son mouvement, qui au-delà de la campagne, « continuera de voguer sur des flots tranquilles ». Reste à savoir si la tempête médiatique causée par l’affaire Pénélope Fillon emportera tout sur son passage.

Partager cet article

Dans la même thématique

Emmanuel Macron chairs G7 leaders’ videoconference on economic impact of Iran war
3min

Politique

Guerre en Iran : Emmanuel Macron confirme le déblocage de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques

Le président français s’est entretenu avec les représentants du G7, ce mercredi 11 mars, dans un contexte de guerre inflammable en Iran. A l’issue de cette réunion, il a confirmé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en réponse au blocage du détroit stratégique d’Ormuz. Sur la Russie, il a précisé qu’« aucune sanction » ne serait levée à l’encontre du pays agresseur de l’Ukraine.

Le

Capture
5min

Politique

Municipales 2026 : A son tour, le PS accuse LR de « fusion par la base » avec le RN

Après la conférence de presse de Bruno Retailleau, au cours de laquelle il a présenté les « accords de la honte », ces alliances entre le PS et LFI pour les municipales, les socialistes lui ont rendu la pareille. Lors d’un exercice similaire ce matin, ils ont présenté des chiffres démontrant selon eux l’avènement d’une « fusion par la base » entre la droite et l’extrême-droite. Des données réfutées par LR, qui permettent difficilement de conclure à une collusion entre le parti et le RN, mais qui traduisent un glissement vers l’extrême-droite des militants de droite sur le terrain.

Le

Maire et echarpe tricolore
5min

Politique

Municipales 2026 : combien touche un maire dans l’exercice de son mandat ?

Les maires des 35 000 communes de France, ainsi que leurs adjoints, perçoivent une indemnité qui va de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros par mois selon la taille de la commune. L’immense majorité d’entre eux touche une rémunération qui ne dépasse pas les 2 000 euros net par mois. Explication.

Le