Voile dans le sport : le gouvernement promet l’inscription du texte du Sénat à l’ordre du jour de l’Assemblée

Le gouvernement précise sa position sur le texte du Sénat visant à interdire le port de signes religieux dans les compétitions sportives. L’exécutif inscrira bien la proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Un recadrage, alors que les ministres des Sports et de l’Education nationale affirmaient que ce n’était pas une priorité.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Après la cacophonie, le gouvernement tente de reprendre la main. Lors des questions d’actualité au gouvernement, ce 19 mars, Aurore Bergé a reprécisé la position de l’exécutif sur la proposition de loi sur la laïcité dans le sport. « Il y a une ligne et une seule au sein du gouvernement : soutenir la proposition de loi telle qu’amendée et telle qu’adoptée le 18 février au Sénat », a martelé la ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes.

La position a le mérite d’être claire, après plusieurs jours de flottement. Auditionnée à l’Assemblée nationale la semaine dernière, la ministre des Sports Marie Barsacq a estimé que « le port du voile [dans le sport] n’est pas de l’entrisme », mettant en garde contre les « amalgames » entre port du voile et radicalisation. Des déclarations appuyées par la ministre de l’Education nationale Élisabeth Borne, qui a assuré que les règlements intérieurs imposés par les fédérations sportives étaient suffisants pour proscrire les signes religieux.

« Sur un terrain de sport, il n’y a qu’un seul maillot, le maillot de l’équipe »

Des propos qui ont ouvert une crise avec le ministre de la Justice Gérald Darmanin, allant jusqu’à mettre sa démission dans la balance « si le gouvernement est favorable au port du voile dans les instances sportives ». François Bayrou a sifflé la fin de la partie, ce 18 mars, en convoquant ses ministres à Matignon et en soutenant officiellement le texte sénatorial.

« Au contraire de mesdames les ministres des Sports et de l’Education nationale, je veux redire l’urgence de légiférer sur le sujet. Il ne se passe pas un week-end sans qu’un président de fédération, un dirigeant de club, ne soit confronté au fait que le sport est devenu un espace de conquête pour l’islam politique », a mis en garde le sénateur Les Républicains Michel Savin, auteur du texte.

« Un terrain de sport n’a pas à être un lieu d’entrisme religieux, d’entrisme islamique. Sur un terrain de sport, il n’y a qu’un seul maillot, le maillot de l’équipe, et en aucun cas des maillots politiques ou religieux », a précisé Aurore Bergé. « Evidemment, le gouvernement inscrira votre proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, parce qu’il en va de notre responsabilité collective », a assuré la ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le