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Vote de confiance à François Bayrou : à quelle heure connaîtra-t-on le résultat ?

François Bayrou vit probablement ses derniers moments en tant que Premier ministre. Les députés sont appelés à voter la confiance de son gouvernement. Sauf retournement de situation improbable, une majorité des députés voteront contre. On vous explique le déroulement de cette séance décisive.
Rédaction Public Sénat

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Son marathon médiatique de ces derniers jours ne devrait pas changer l’issue du scrutin. Le gouvernement de François Bayrou devrait tomber en fin de journée ce lundi, face à des oppositions déterminées de l’ensemble de la gauche et du RN. Il sera ainsi le Premier chef de gouvernement à chuter sur un vote de confiance, le 42e de la Ve République.

La décision de François Bayrou a pris tout le monde de court, car il ne dispose pas de majorité à l’Assemblée et n’a pas cherché à négocier cet été avec les oppositions sur des pistes de compromis de son budget qui prévoit 44 milliards d’économies. Ses trois prédécesseurs sous le second quinquennat d’Emmanuel Macron n’avaient pas sollicité le vote de confiance et le dernier remonte à Jean Castex en juillet 2020.

A partir de 15 heures, François Bayrou prendra la parole à la tribune de l’hémicycle pour une déclaration de politique générale (article 49 alinéa 1 de la Constitution), largement consacrée à la situation des finances publiques.

L’équation gouvernementale est plus complexe que pour les motions de censure

Chaque groupe politique enverra ensuite l’orateur de son choix répondre. Les chefs de files des groupes parlementaires sont attendus à la tribune : Boris Vallaud pour les socialistes, Marine Le Pen pour le Rassemblement national, Gabriel Attal pour les macronistes…

Le chef du gouvernement, qui contrairement aux parlementaires ne sera pas limité dans son temps de parole, pourra ensuite leur répondre. Ce devrait probablement être sa dernière allocution à l’Assemblée en tant que Premier ministre.

Les députés se retireront ensuite trente minutes dans les salons voisins de l’hémicycle. Ils pourront choisir de voter pour, contre ou de s’abstenir, et certains pourront, sous conditions, bénéficier de délégations de vote, qui favorisent en théorie le nombre de suffrages. Contrairement à une motion de censure qui, pour être approuvée, requiert le suffrage de la « majorité des membres composants l’Assemblée nationale, 289 députés quand les 577 sièges sont pourvus, le vote de confiance se joue à la majorité des « pour ». Le nombre d’abstention fait donc mécaniquement baisser la moyenne de la majorité et rend l’équation gouvernementale plus complexe que pour les motions de censure auxquelles François Bayrou a survécu.

François Bayrou était parvenu à faire passer les budgets pour 2026 via un accord de non-censure avec le PS. Cette fois-ci, même si les socialistes s’abstenaient, ce qui ne sera pas le cas, le reste des oppositions suffirait à faire tomber le gouvernement.

Le Premier ministre ne peut compter au mieux que sur 210 voix à l’Assemblée dans son camp, contre 353 pour les groupes d’opposition, qui ont annoncé qu’ils voteraient largement contre, laissant augurer un net revers pour l’exécutif.

Pas de limitation du temps de parole de François Bayrou

Le résultat ne devrait être connu qu’en fin de journée, autour de 19 heures voire plus tard en fonction de la durée des interventions, notamment celles de François Bayrou, qui au cours de ses 9 mois à Matignon a pris l’habitude de se livrer à de longues digressions. Les débats autour de sa précédente déclaration de politique générale, le 14 janvier, avaient duré environ cinq heures, sans vote. Vendredi, François Bayrou a une nouvelle fois assumé prendre un « risque, en effet inédit ». Si l’Assemblée lui refuse la confiance « le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement » (article 50 de la Constitution). Bien conscient que son bail arrive à son terme, François Bayrou a invité ses ministres à « un moment convivial » à Matignon dans la soirée, d’après son entourage.

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