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French far-right leader Marine Le Pen and National Rally president Jordan Bardella answer journalists after a meeting with French President Emmanuel Macron who is holding talks with key political players in a bid to form a new government, Monday, Aug. 26, 2024 at the Elysee Palace in Paris. (AP Photo/Thomas Padilla)/PAR108/24239395602882//2408261302

Vote RN : « Il n’est plus question de parler de vote sanction ou de vote d’opposition au pouvoir politique en place »

Dans une note pour la Fondation Jean Jaurès, Jean-Daniel Lévy décortique les ressorts actuels du vote Rassemblement national. Malgré la défaite relative du parti aux élections législatives, le sondeur observe sa progression continue, de plus en plus marquée par un vote d’adhésion.
Rédaction Public Sénat

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« À l’heure actuelle, les ingrédients semblent réunis pour que l’évolution électorale [du Rassemblement national] ne soit pas altérée. » C’est la conclusion de la note publiée ce 12 septembre par la Fondation Jean Jaurès, dans laquelle le directeur délégué de Harris Interactive Jean-Daniel Lévy analyse les motivations des électeurs du parti, à partir d’une compilation de sondages.

Jordan Bardella de plus en plus populaire

Pour Jean-Daniel Lévy, la progression du vote RN est d’abord portée par la figure de Jordan Bardella, dont la popularité progresse continuellement depuis la dernière élection présidentielle. Entre juin 2022 et août 2024, le président du parti a vu son indice de confiance progresser de sept points, passant de 29 à 36 %.

Sur la même période, l’indice des autres personnalités politiques est en diminution : Marine Le Pen et Marion Maréchal perdent 5 points, Edouard Philippe en perd quatre. Seul Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, connaît une hausse de sa cote de confiance ces deux dernières années, de deux points, bien loin donc de celle de Jordan Bardella.

Jean-Daniel Lévy souligne par ailleurs que cette popularité croissante s’observe dans toutes les franges de la population. Aussi bien chez les femmes où le président du parti d’extrême droite gagne neuf points de confiance, que chez les moins de 25 ans où il progresse de dix points, ou encore au sein des catégories socioprofessionnelles supérieures où il gagne quatre points.

Un « retour aux fondamentaux » dans les motivations des électeurs

Le sondeur consacre également une partie de sa note au décryptage des motivations du vote en faveur du Rassemblement national. À ce titre, il observe un certain « retour aux fondamentaux » lors de ces dernières élections législatives. Ainsi, les électeurs du RN sont 69 % à avoir voté pour un candidat RN en pensant en priorité à l’immigration, thématique à laquelle ils sont donc le plus sensible, devant le pouvoir d’achat (63 %) et la sécurité (44 %).

« Au cours des précédentes législatives, les électeurs RN plaçaient légèrement en tête le pouvoir d’achat devant l’immigration, et ce dans la droite ligne de la dernière présidentielle », explique Jean-Daniel Lévy. Malgré un accroissement de la participation lors de ce dernier scrutin et un élargissement sociologique de l’électorat du RN, les motivations profondes des électeurs « renvoient à celles, classiques, du vote pour la formation de Jordan Bardella », observe le sondeur.

Un vote d’adhésion plus fort que chez les autres électeurs

Enfin, l’électorat du Rassemblement national est désormais celui qui vote le plus par adhésion aux idées de son parti. Lors des dernières élections législatives, 43 % des Français ont affirmé avoir voté par adhésion, un chiffre qui grimpe à 48 % pour les électeurs du RN. C’est aussi, à l’inverse, la frange de la population qui a le moins voté par opposition au pouvoir en place (7 % contre 10 % en moyenne). « Il n’est plus question, depuis de nombreuses années, de parler de vote sanction ou de vote d’opposition au pouvoir politique en place, voire à la « classe politique », lorsque l’on analyse les motivations des électeurs RN », explique ainsi Jean-Daniel Lévy.

Enfin, l’électorat du Rassemblement national est aussi le plus « croyant », c’est-à-dire celui qui pense le plus que le parti, une fois au pouvoir, mettra ses promesses à exécution. Sur la question du pouvoir d’achat, par exemple, 90 % des votants du parti d’extrême droite estiment que leur situation s’améliorerait si le parti venait aux responsabilités. À titre de comparaison, c’est 8 points de plus que pour l’électorat du Nouveau Front populaire, et même 18 points de plus que pour les électeurs du bloc présidentiel.

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