Wauquiez reçu par Sarkozy pour tourner la page de l’enregistrement lyonnais
Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, reçu mercredi par Nicolas Sarkozy, doit s'atteler à faire oublier l'embarrassante séquence...

Wauquiez reçu par Sarkozy pour tourner la page de l’enregistrement lyonnais

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, reçu mercredi par Nicolas Sarkozy, doit s'atteler à faire oublier l'embarrassante séquence...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, reçu mercredi par Nicolas Sarkozy, doit s'atteler à faire oublier l'embarrassante séquence de l'enregistrement lyonnais, dans lequel il affirmait que l'ancien chef de l'Etat faisait écouter ses ministres.

"Je crois que Sarkozy est en train d'en revenir, de Wauquiez", glisse un membre de LR soutenant Valérie Pécresse. La présidente de l'Ile-de-France, rivale du nouveau patron de LR, a été reçue la semaine dernière par l'ancien président de la République, pour évoquer le Grand Paris mais aussi pour un "tour d'horizon de l'actualité", selon un membre de son entourage.

Mercredi, c'est au tour de Laurent Wauquiez d'être reçu par M. Sarkozy, trois semaines après les excuses publiques formulées par le président de LR à l'endroit de l'ancien chef de l'Etat.

En cause, une déclaration explosive devant des étudiants lyonnais, enregistrée à son insu et diffusée par TMC. "Nicolas Sarkozy, il en était arrivé au point où il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en Conseil des ministres. Il les mettait sur écoutes pour pomper tous les mails, tous les textos, et vérifier ce que chacun de ses ministres disait", assurait l'actuel président de LR.

- "Fantasmes" -

Dès le lendemain, M. Wauquiez, en baisse dans les sondages depuis cet épisode, avait plaidé le jeu de rôle, expliquant que "ce cours amenait notamment les étudiants à réfléchir sur les rumeurs et les fantasmes qui nourrissent la vie politique" et qu'il n’avait donc "jamais été question dans (son) esprit de soutenir qu’on ait fait surveiller des membres du gouvernement dans le cadre du Conseil des ministres".

Dans l'entourage de M. Sarkozy, on avait "formellement" démenti cette "grotesque histoire d'écoutes". Mais rares sont les responsables de LR à s'aventurer sur ce terrain. Sous couvert de l'anonymat, l'un d'eux s'interrogeait ouvertement la semaine suivante sur la véracité d'une telle accusation.

Avant cet épisode, les relations entre MM. Sarkozy et Wauquiez avaient connu plusieurs soubresauts. En 2012, le premier avait vivement reproché à son ministre d'avoir "trop tiré la couverture à lui" lors du sauvetage de l'entreprise Lejaby. M. Wauquiez avait ensuite fait partie des responsables de la droite à plaider pour un "inventaire" des années Sarkozy après sa défaite de 2012.

Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez le 8 décembre 2017 à Lyon
Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez le 8 décembre 2017 à Lyon
AFP

Mais après avoir soutenu François Fillon contre Jean-François Copé, l'actuel président d'Auvergne-Rhône-Alpes avait rallié M. Sarkozy, qui en avait fait le numéro 2 du parti.

Aujourd'hui, "il faut que Laurent Wauquiez fasse une rupture générationnelle forte. Tout ce qui peut rompre le lien avec le passé est salutaire", plaide un membre de l'actuelle direction.

- "Pourquoi s'en priver?" -

S'il a indiqué à plusieurs reprises, depuis sa défaite au premier tour de la primaire de la droite en novembre 2016, que sa carrière électorale était bel et bien terminée, l'ancien chef de l'Etat n'en a pas moins multiplié les interventions ces dernières semaines. Il est notamment intervenu au Sénat au sujet de "sa" révision constitutionnelle de 2008. Il a également participé à plusieurs émissions télévisées, dont une en soutien d'une campagne de lutte contre le cancer des enfants.

"Ce n'est pas un retour au sens où il préparerait un come-back au électoral", assure un parlementaire LR qui le soutenait en 2016. "Il garde toutefois le plaisir de conseiller et d'apparaître comme le sage quand il est sollicité. Et si cela lui permet, au passage, de montrer que la France ou la droite ont besoin de lui, pourquoi s'en priver?", glisse un autre de ses ex-soutiens.

"Nicolas Sarkozy est attentif à ce qui se passe. Il a des relations avec le président actuel, avec des membres du gouvernement", mais "il soutient Laurent", assure un proche.

Il se rendra jeudi à Tourcoing (Nord) remettre la légion d'honneur au maire Didier Droart, en présence de Gérald Darmanin, dont M. Wauquiez a demandé la démission en raison de mises en causes pour viol --la plainte a été classée sans suite-- et abus de faiblesse.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le

France Wildfires
2min

Politique

La France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’UE : en quoi consiste ce dispositif ?

Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.

Le

France Extreme Weather Heat
3min

Politique

Incendie au Cap-Ferret : 10 000 hectares parcourus, 80 maisons brûlées et 40 000 personnes évacuées, « le feu continue de progresser », annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.

Le