C'est une nouvelle "claque" mais "loin d'être la fin !": alors que des doutes planaient mercredi sur la survie de WN, repreneur de l'ex-usine...
Whirlpool d’Amiens: malgré la « claque », les salariés de WN veulent « garder espoir »
C'est une nouvelle "claque" mais "loin d'être la fin !": alors que des doutes planaient mercredi sur la survie de WN, repreneur de l'ex-usine...
Par Elia VAISSIERE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
C'est une nouvelle "claque" mais "loin d'être la fin !": alors que des doutes planaient mercredi sur la survie de WN, repreneur de l'ex-usine Whirlpool d'Amiens (Somme), bientôt en redressement judiciaire, les salariés entendaient, eux, "garder espoir" et "se battre jusqu'au bout".
"Ce matin, tout le monde nous enterre, mais on n'est pas morts ! On est là, on bosse. Si on n'y croyait plus, on serait déjà partis !", lance Lionel, salarié de WN après "vingt ans chez Whirlpool", sur le parking encore brumeux du site.
Discutant ou fumant autour de lui, ses quelques collègues en pause sont unanimes: l'annonce mardi de la préfecture de la Somme a fait l'effet d'une "douche froide" et les a "révoltés" mais n'a "pas éteint l'espoir".
A peine un an après la reprise très médiatisée du site par l'industriel local Nicolas Decayeux, l'entreprise "se trouve dans une impasse de trésorerie très importante, qui va la conduire à se placer sous la protection du tribunal de commerce", a indiqué mardi soir la préfecture, notant le "faible chiffre d'affaires généré" par WN et ses difficultés à trouver des "débouchés commerciaux concrets".
WN demandera son placement en redressement judiciaire "en début de semaine prochaine", a précisé mercredi la préfecture, qui a reçu une délégation de salariés, alors qu'une porte-parole de l'entreprise avait affirmé la veille que WN était déjà dans cette situation depuis mardi.
"Il faut nous laisser un peu de temps... Avec WN, on est partis de rien: on faisait des sèche-linge et maintenant, on fait des pylônes d'ascenseur et des casiers réfrigérés !", plaide Lionel, dressé devant les grilles.
"On a fait plein de formations, on commence à développer les produits, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain", renchérit Laurent, rajustant son sweat bleu, encore flanqué du logo de Whirlpool.
S'il reconnaît qu'il n'y pas encore "beaucoup de clients" et que tous ne travaillent "pas en permanence", "il y a du boulot: poncer, limer, assembler... Ceux qui disent le contraire nous font du mal", lance encore un salarié, persuadé que l'argent "finira par rentrer".
- "Magouille" -
Des salariés de WN, repreneur de l'usine Whirlpool placé en redressement judiciaire, sur le site industriel d'Amiens le 29 mai 2019
AFP
Mais, du côté des représentants syndicaux ex-Whirlpool, l'ambiance est toute autre. "Depuis des mois, on tirait la sonnette d'alarme! On s'est rendus au ministère, chez les élus et, huit mois après, on se retrouve avec un dépôt de bilan", déplore Pascal Lefebvre, représentant CFTC.
Selon lui, "la grande majorité des salariés végètent aujourd'hui dans les locaux", "tondent la pelouse ou jouent aux cartes", faute de commandes, et la reprise d'activité promise "n'existe pas".
"C'est sûr, ça finira avec de la casse sociale (...) et ce sont les salariés qui payeront car, contrairement à ceux qui sont partis l'an dernier, ils n'auront droit à rien", tranche-t-il.
Le 31 mai 2018, WN avait repris 162 salariés sur les 282 que comptait l'usine de sèche-linge, les autres étant licenciés dans le cadre d'un PSE. En janvier 2017, au moment de l'annonce de la fermeture, Whirlpool employait encore 300 personnes en CDI, 250 intérimaires en quasi-temps plein et une centaine de personnes chez un sous-traitant.
"Le fautif, c'est Whirlpool qui, de son côté, se porte très bien", accuse Frédéric Chanterelle (CFDT), voyant dans cette "reprise factice" une "magouille orchestrée" par la multinationale pour "se décharger du plan social, sauver son image en refilant le bébé".
Quant aux politiques, "les candidats à la présidentielle étaient venus" dès 2017 promettre "monts et merveilles", lâche encore le syndicaliste, faisant référence à la visite, à l'époque, d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Mais deux ans plus tard, "étrangement, on nous annonce la cessation de paiement au lendemain des élections européennes".
Mardi soir, l'avocat des ex-salariés de Whirlpool Fiodor Rilov a annoncé son intention d'attaquer Whirlpool et WN en justice pour réclamer "l'annulation de la cession".
"La reprise était dénuée de business plan et (...) factice", a-t-il assuré à l’AFP, évoquant le "précédent" de l'usine Samsonite d'Hénin-Beaumont, cédée en 2006 et devenue Energy Plast, avant d'être liquidée un an plus tard, entraînant le licenciement de 200 salariés, financé par les fonds publics du régime de garantie des salaires.
Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.
Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.
L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.
Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien ministre de l’Economie a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière de la France. Bruno Le Maire met sur la table plusieurs mesures d’économies sur les retraités et les fonctionnaires - tout en proposant une réforme institutionnelle profonde de la procédure budgétaire, réduisant notamment le droit d’amendement des parlementaires.