Whirlpool : Emmanuel Macron tente de reprendre l’avantage après la visite surprise de Marine Le Pen
Le site menacé de Whirlpool à Amiens est devenu le premier théâtre d’affrontement entre les deux finalistes. Après la visite inattendue de Marine Le Pen, Emmanuel Macron est allé à la rencontre des salariés durant une heure et demie, après sa réunion avec l'intersyndicale. L'accueil mouvementé n'a pas empêché le candidat de dialoguer avec les grévistes.

Whirlpool : Emmanuel Macron tente de reprendre l’avantage après la visite surprise de Marine Le Pen

Le site menacé de Whirlpool à Amiens est devenu le premier théâtre d’affrontement entre les deux finalistes. Après la visite inattendue de Marine Le Pen, Emmanuel Macron est allé à la rencontre des salariés durant une heure et demie, après sa réunion avec l'intersyndicale. L'accueil mouvementé n'a pas empêché le candidat de dialoguer avec les grévistes.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron était à la rencontre des salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens. La visite, décidée après le déplacement surprise de Marine Le Pen en début d’après-midi, avait démarré sous haute tension. Le candidat à la présidentielle a été accueilli sur le site par quelques sifflets et des « Marine présidente », sans que l’on sache si ces slogans étaient prononcés par les salariés ou par des militants frontistes, venus plus tôt.

Le leader d'En Marche, entouré par ses agents de sécurité et par les médias, a d'abord tenté avec difficulté de se faire entendre des salariés dans la cohue.

« Pourquoi n’êtes vous pas venu avant ? », lui demande une salariée. « Sauvez nos emplois M. Macron », ajoute un autre. Pris à parti par les grévistes exprimant leurs inquiétudes, Emmanuel Macron a répondu que « Marine le Pen [leur] mentait » et que les solutions du Front national n'étaient « pas la solution ». « Il n’y aura aucune homologation d’un PSE [plan de sauvegarde de l'emploi, NDLR] qui n’est pas à la hauteur », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne proposait pas « nationaliser » le site.

Visite d'Emmanuel Macron sous haute tension sur le site Whirlpool d'Amiens
02:07

François Ruffin salue le « courage » d'Emmanuel Macron

Les images du face à face entre Emmanuel Macron et les salariés en colère et le dialogue difficile sont assumés, l'équipe du candidat retransmettant en direct les images du rendez-vous sur la page Facebook officielle. Le vainqueur du premier tour tente de reprendre la main, après les images de Marine Le Pen qui s'était affichée aux côtés des salariés un plus tôt dans l'après-midi.

Whirlpool: Face à face entre Emmanuel Macron et François Ruffin, le réalisateur de "Merci Patron !"
09:14

François Ruffin, le réalisateur amiénois du documentaire « Merci Patron ! » et candidat aux législatives dans la Somme, a lui aussi interpellé le candidat. « Je salue votre courage d’être venu malgré tout dans la mêlée comme ça, aujourd’hui. Ce n’était pas gagné », a reconnu le rédacteur en chef de Fakir, soutenu par la France insoumise, le PCF et EELV. « Vous payez le prix d’avoir été absent, de ne pas avoir pris de position publique », a-t-il ajouté.

« Je me battrai pour que la reprise du site se fasse »

« Je ne suis pas venu vous promettre des monts et merveilles », insiste le candidat, « je ne suis pas en train de dire que je vais sauver vos emplois ». Devant les salariés, il prend plusieurs engagements. D’abord, « défendre un plan social qui défende vos intérêts et qui soit à la hauteur de leurs responsabilités, compte tenu des dividendes qu’ils ont versés ». Il promet aussi de se « battre » pour que « la reprise du site se fasse ».

Avant de quitter les salariés, il donne l’assurance de revenir, « sans les caméras », pour « rendre compte ». « Même si je perds », précise-t-il en réponse à une salariée qui soulevait cette hypothèse.  La promesse ressemble dans la forme à ce qu’avait formulé François Hollande au début de son quinquennat. Il avait pris l’engagement de « revenir chaque année » sur le site d’Arcelor à Florange.

Emmanuel Macron est reparti au bout d’une heure et demie, serrant plusieurs mains sur son passage et s’expliquant sur sa venue.  « Je ne demande pas qu’on me dise merci. C’était normal, j’avais pris l’engagement vis-à-vis de vos collègues. »

Visite surprise de Marine Le Pen

Alors que le candidat d’En Marche s’entretenait avec des représentants de l’intersyndicale de Whirlpool à la Chambre de Commerce d’Amiens, la candidate du Front national s’est invitée par surprise sur le piquet de grève, devant l’usine menacée de délocalisation.

Censée se trouver à une réunion stratégique à son QG parisien, Marine Le Pen a déclaré à son arrivée avoir « appris qu'Emmanuel Macron n'entendait pas rencontrer les salariés, qu'il n'entendait pas venir sur ce piquet de grève, mais qu'il allait à l'abri de je ne sais quelle salle d'une chambre de commerce pour rencontrer deux-trois personnes triées sur le volet. »

Le Pen dénonce « une preuve de tellement de mépris » de Macron à l'égard des salariés de Whirlpool
01:05
Images : BFMTV

Mettant en scène sa présence « au milieu » des employés du site, Marine Le Pen a dénoncé « une preuve de tellement de mépris à l’égard des salariés ».

Emmanuel Macron dénonce une « utilisation politique » de la part de Marine Le Pen

Whirlpool : « Marine Le Pen fait elle de l’utilisation politique », dénonce Emmanuel Macron
00:38

Quelques minutes après, devant la presse réunie à la Chambre de Commerce, Emmanuel Macron s’est justifié en indiquant que l’accès à l’entreprise lui était « refusé par sa direction » et a insisté sur sa réunion d’une heure organisée avec l’intersyndicale. Une rencontre au cours de laquelle ont été abordés des détails sur le dossier du site, ce « justifiait une réunion à huis clos ».

« Madame Le Pen est donc venue à Amiens parce que j’y venais », a ironisé le candidat. Elle « fait elle de l’utilisation politique puisqu’elle va elle haranguer des militants politiques sur un parking », a-t-il ensuite attaqué.

Emmanuel Macron a précisé qu'il irait à son tour à la rencontre des salariés dans l'après-midi. « Je m’en suis jamais dérobé, j’irai les voir. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Whirlpool : Emmanuel Macron tente de reprendre l’avantage après la visite surprise de Marine Le Pen
2min

Politique

Municipales 2026 : « On ne peut pas critiquer la vie politique si on n’y participe pas », estime Albane Gély, primo-votante

Les élections municipales qui auront lieues le 15 et 22 mars prochains seront pour certains la première occasion de voter. Invitée dans l’émission Dialogue Citoyen, Albane, étudiante en droit et philosophie, témoigne de l’importance pour elle de voter, une exception chez les 18-25 ans qui n’étaient que 30% à s’être déplacés lors des dernières élections municipales. Une élection organisée juste avant la période de confinement.

Le

Whirlpool : Emmanuel Macron tente de reprendre l’avantage après la visite surprise de Marine Le Pen
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le