La REF 2023
La REF 2023 - Rencontres des entrepreneurs de France - Paris Longchamp - Xavier Bertrand//MPP_ANG_7010/Credit:Lionel Guericolas - MPP/SIPA/2309081328

Xavier Bertrand à Matignon ? Bruno Retailleau attend qu’il applique « le pacte législatif » de LR

A l’approche de la nomination d’un Premier ministre, le patron de la droite sénatoriale a publiquement fait part de son souhait de voir Xavier Bertrand accéder à Matignon avec pour condition l’application du « pacte législatif » de LR présenté il y a deux mois.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mardi, les deux présidents des groupes parlementaires de droite, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ont réuni les élus pour leur faire part des avancées des tractations avec le chef de l’Etat dans le choix d’un Premier ministre. S’il y a encore quelques semaines, et même quelques jours, les ténors de LR plaidaient uniquement pour un soutien « aux textes qui vont dans le bon sens », sans participation à une coalition, et encore moins au gouvernement, le ton a depuis changé.

Plus de 50 jours de vacance du pouvoir ont entraîné de la lassitude et l’inquiétude de voir un Premier ministre issu du NFP. La grande majorité des parlementaires de droite militent désormais pour que le président de la région Hauts de France soit le prochain locataire de Matignon. A une condition néanmoins, que Xavier Bertrand applique « un programme de droite ». « Il n’y aurait rien de pire que l’un des nôtres soit Premier ministre pour appliquer d’autres solutions que les nôtres », a justifié le président du groupe LR du Sénat, ce mercredi sur BFM TV.

Le sénateur de Vendée fait ici référence au « pacte législatif » présenté par LR en juillet dernier et qu’il souhaite voir appliquer. « Sur ce point nous avons eu une longue discussion avec Xavier Bertrand et il s’est engagé sur ces points ».

Quels sont-ils ? Le 22 juillet dernier, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau présentaient 73 mesures, réparties dans treize propositions de loi destinées « à trouver des solutions, mettre du positif sur la table ».

Retour de l’autorité et lutte contre « l’assistanat »

Ce pacte contient de nombreuses mesures déjà portées par la droite sénatoriale au cours des derniers mois, et pour certaines adoptées par la Chambre haute en première lecture. Il s’articule autour de trois grands axes : la restauration de l’autorité, la réindustrialisation des territoires et le renforcement des services publics de proximité.

Concernant le versant autorité, la droite entend rétablir les peines planchers, mettre fin à certaines limitations de peine et instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Il est également question d’une refonte de la justice des mineurs, avec la reprise d’une mesure défendue par Éric Ciotti : la suppression des allocations familiales en cas de condamnation d’un mineur. Le pacte entend par ailleurs s’attaquer à « l’immigration incontrôlée », et reprend une partie des mesures de la loi immigration censurée par le Conseil constitutionnel en début d’année.

Pour favoriser la réindustrialisation, la droite veut baisser les impôts de production, mettre en place un moratoire sur les normes et renforcer l’investissement dans le nucléaire, avec un objectif de 60 % dans le mix énergétique.

Les LR souhaitent une grande loi pour l’accès aux soins et la lutte contre les déserts médicaux, qui passerait notamment par des exonérations fiscales et une débureaucratisation du travail hospitalier et des cabinets médicaux. Laurent Wauquiez avait insisté sur sa vieille antienne visant à « combattre l’assistanat », en proposant notamment que le travail fasse partie de la dizaine de critères d’accès à un logement social. Il est par exemple question d’instaurer une aide sociale unique qui soit plafonnée à 70 % du Smic, mais aussi d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage, « en sanctionnant ceux qui abusent du système pour mieux aider ceux qui cherchent vraiment un emploi ».

Agriculture et énergie

Parmi les points que la droite sénatoriale compte mettre en avant, on retrouve aussi des travaux législatifs stoppés en raison de la dissolution. Adopté à l’Assemblée nationale, le projet de loi d’orientation agricole avait été largement remanié en commission des affaires économiques du Sénat, notamment par le sénateur LR Laurent Duplomb, un proche de Laurent Wauquiez et auteur d’une proposition de loi « sur un choc de compétitivité en faveur de la ferme France ». « Nous avions fait des propositions pour garantir une concurrence loyale dans les échanges internationaux mais aussi pour lutter contre l’agribashing notamment en mettant fin aux surtranspositions », rappelait en juillet Dominique Estrosi-Sassone, la présidente LR de la commission des affaires économiques.

Une autre mesure porte sur l’indépendance énergétique par l’investissement dans « l’excellence nucléaire ». Une proposition de loi en ce sens du sénateur LR Daniel Gremillet avait été adoptée fin mai en commission.

Enfin, plusieurs lignes rouges pour la droite étaient précisées et qui aboutiraient à la sanction immédiate de tout gouvernement qui les franchirait ». L’augmentation des déficits publics et des impôts et une baisse des retraites.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le